La francophobie dans l’intimité de la francophonie

Prélude d’enterrement de la Francophonie à Québec

Tribune libre 2008

Quel autre nom donner à ce dîner des chefs d’états et de gouvernement dits francophones à Québec, ce week-end du 18 octobre 2008 ?
J’entends des chroniqueurs et journalistes s’indigner de la présence à la même table des démocrates et de vilains vieux dictateurs aux mains trempées de sang.
Mon indignation porte à la fois sur la crédibilité de la critique et l’enterrement au Québec d’une organisation née en Afrique, par les Américains assistés par des Africains.
1- Crédibilité de la critique.
A Québec, il n’y a pas un seul président d’égal à Bush Géorges fils, ayant assassiné son homologue et conduit une guerre meurtrière comme c’est le triste cas de Bush en Irak entre autres. Quel défenseur des droits et libertés osera réclamer la justice contre Bush, et qui osera le pari que si Bush était francophone ou plutôt d’un autre pays il n’aurait pas été conduit devant la justice internationale ?
Oui à Québec sont venus aussi des dignitaires du Rwanda, dont on sait le président Kagame est l’équivalent de Bush voire selon certains experts un « hitler » noir. Mais Kagame n’a pas fait le déplacement et s’est fait représenté par son premier ministre Bernard Makuza.
2- Enterrement de la francophonie
Trois signaux révélateurs :
a- C’est depuis plus de 4 ans que le rendez-vous de Québec était à l’agenda, mais voici que c’est depuis moins de 4 jours que les médias du Québec ont entrepris d’en parler !
b- Les dirigeants canadiens n’ont manifestement pas l’esprit à cette rencontre. Stephen Harper est occupé à mettre à jour son cabinet et ce qui l’intéresse c’est la négociation d’une ouverture des marchés entre le Canada et l’Union Européenne (non pas la francophonie). Jean Charest qui n’est pas chef d’état ou de gouvernement au même titre que les autres, serait quant à lui intéressé par son projet de libre circulation des professionnels entre le Québec et la France. Aussi, remarquons que le président français prendra congé de l’assemblée pour consacrer le meilleur de son temps à se consulter avec Bush au sujet de la crise économique actuelle. Dans ce décor, que font à Québec les autres hôtes de la francophonie ?
c- La présence d’une délégation rwandaise me paraît tout à fait incongrue, sinon révélatrice de ce qui s’en vient. Le gouvernement rwandais a décidé, mardi 7 octobre, que l’anglais et non plus le français serait dorénavant la langue de l’enseignement. Le changement s’appliquera de l’école primaire à l’université. Cette direction s’ajoute à l’abandon de fait de l’usage du français au sein de l’administration. Le rejet du français, langue seconde héritée de la colonisation, ne m’intriguerait outre mesure dans un contexte sain d’autodétermination. Ici, il se place hélas dans le prolongement camouflé d’un dessein génocidaire, outre qu’il soulève la question d’une francophonie à 2 âmes, une de souche (identitaire) et l’autre de couche (circonstanciel). Qu’à cela ne tienne, ce qui m’intrigue le plus, c’est aussi la compréhension de la présence à Québec du premier ministre rwandais, pour qui le français n’a ni valeur ni avenir ? Est-ce un messager de Bush formaté par Tony Blair le conseiller spécial de Kagame, qui vient annoncer les couleurs de ce que sera demain une francophonie cacophonique et francophobe ? Et le timing ainsi que le choix d’une terre où le Français mène la dernière bataille de survie sur le sol américain, ne seraient selon moi fortuits.
Time will tell

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François Munyabagisha79 articles

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Psycho-pédagogue et économiste, diplômé de l'UQTR
(1990). Au Rwanda en 94, témoin occulaire de la tragédie de «génocides»,

depuis consultant indépendant, observateur avisé et libre penseur.





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