Une réflexion étique à propos de la laïcité

« Je est un autre »

Les rapports conflictuels au sein de l’agora publique

Chronique de Patrice-Hans Perrier

Le génial poète Arthur Rimbaud a peut-être été le premier penseur de la modernité à s’interroger sur l’altérité, soit le rapport de soi aux autres dans un contexte où le langage ne s’apparente pas à une forme d’onanisme. C’est dans une lettre adressée à Paul Demeny, datée du 15 mai 1871, que Rimbaud lance le désormais célèbre « je est un autre », une proposition ontologique qui nous amène à considérer le sujet comme étant tributaire de son environnement. Il s’agit d’une remise en cause systématique de l’identité comme siège immuable de la personne et déterminant une causalité en béton armée, chaîne éthique des conséquences de nos actes.

Il ne s’agit pas, ici, de faire l’apologie d’une forme de schizophrénie ou d’inconséquence qui permettrait à un individu de se déresponsabiliser eu égard à ses actes. Loin s’en faut. Mais, tout tourne autour du cogito et de ses nombreuses représentations, c’est-à-dire du discours de la raison et de ses nombreux avatars qui ne sont pas toujours aussi raisonnables qu’il n’y parait.

Dans un contexte où les passions se déchaînent (avec l’aide de plusieurs « avocats du diable ») à propos de la place des religions au sein de l’agora publique, qu’il nous soit permis de remettre à plat une fraction du débat afin d’espérer y voir un peu plus clair.

L’identité et la différence

L’identité pourrait être comparée à un processus de coagulation qui permet à la personnalité de prendre forme, de s’affirmer et de prendre la parole en société. La différence, elle, concerne l’écart qui se manifeste entre plusieurs identités sur la place publique. Mêmes ceux qui se réclament de la même identité (laïcité, religion, athéisme, etc.) réalisent, lorsqu’ils ne sont pas fanatiques, que leurs congénères ne pensent pas nécessairement la même chose qu’eux.

Or donc, professer qu’une religion constitue la meilleure façon de se relier à Dieu – ou à un principe supérieur – correspond à un acte de foi et n’engage que celui ou celle qui le formule. À fortiori, la profession de foi des croyants n’empêchent pas d’autres intervenants – croyants ou pas – d’épiloguer sur les tenants et les aboutissants de cette foi par le biais de la théologie, de l’exégèse ou de la philosophie des religions.

Or donc, se sentir interpelé par la foi, s’interroger sur ce phénomène ou entreprendre une dissertation sur cette question ne constituent pas une radiographie de votre être intime, de votre persona. Votre identité se modèlera en fonction de votre milieu socioculturel, de vos études et de votre parcours de vie, tout cela en conjonction avec votre tempérament et le niveau de lucidité qui tempère vos convictions. Vous deviendrez, conséquemment, l’avocat de la chose religieuse, de la laïcité, ou des deux, en fonction de votre vécu et de son impact sur vos affects.

Nous sommes notre famille, notre passé et une partie des individus qui nous entourent.

L’individu et la communauté

J’ai particulièrement apprécié le dernier texte du professeur Michel Seymour mis en ligne, tout dernièrement, sur le Huffington Post Québec. Sans pour autant agréer avec toutes ses positions, je lui suis redevable de souligner qu’un personne se constitue en fonction de son environnement et que blasphémer certains de nos concitoyens revient à porter le couteau en plein cœur de leurs valeurs les plus intimes. Seymour pointe du doigt cet individualisme patenté de la postmodernité, sorte de dé pipé qui permet à ses émules de prétendre s’affranchir de toute appartenance communautaire. Nous ne parlons pas de communautarisme, ici, en tous cas ce n’est pas mon propos.

Toutefois, le moment critique apparaît lorsque se pose la question de l’influence de notre communauté d’ancrage et de nos rapports avec d’autres communautés qui partagent le même espace public. Par analogie, on pourrait s’inspirer de l’analyse de l’espace public dans le domaine du design d’aménagement et de l’architecture.

Ainsi, plusieurs théoriciens britanniques se sont interrogés sur la façon de « qualifier » le rapport de l’intime avec l’espace public. Cette approche les a poussée à mettre de l’avant des termes tels qu’ « espaces privés », « espaces publics », « espaces semi-privés » et « espaces semi-publics ». Cette approche s’inscrit à même la notion capitale d’« urban fabric », soit de tissu urbain, c’est-à-dire d’un mécanisme d’agrégation du construit avec l’espace public. Évidemment, certains de mes contradicteurs diront que cette approche anglo-saxonne procède de la même philosophie qui nous a mené jusqu’au fameux communautarisme. C’est à discuter …

Le langage et ses avatars

Toujours est-il que, si un individu forge sa personnalité et ses convictions en rapport avec son milieu d’ancrage, il demeure que sa « carte mentale » sera modifiée dès qu’il entreprendra un dialogue avec des membres issus d’autres communautés. C’est ce que le grand philosophe – et théologien protestant – Paul Ricoeur démontre en utilisant le concept-clef d’altérité. L’« altérité » c’est notre rapport aux autres et, par voie de conséquence, la fiabilité de nos convictions et, à fortiori, l’impact de la réflexion des autres sur le « déroulé » de notre pensée.

D’où mon idée de broder ce texte autour de ce paradoxal « je suis un autre ».

Le langage est, donc, un outil à double tranchant. Affirmer quelque chose c’est se positionner quelque part et, in extenso, permettre à autrui de nous affubler d’une intention quelconque. « Je pense, donc je suis » ? Oui, mais on serait tenté de dire : tu n’es peut-être pas celui que tu crois, puisque tes pensées sont imbriquées avec celles d’autrui. Et, c’est ici que je touche au point capiton de cet exposé.

Il peut être tentant de traiter les tenants de la laïcité de « laïcards » ( ce que j’ai d’ailleurs fait dans un de mes textes ), les imams de « babouchologues », les catholiques de « grenouilles de bénitiers » et ainsi de suite. Pointer du doigt – de manière comique, ironique, respectueuse, ordurière ou suffisante, peu importe – les convictions d’autrui ne suffit pas à « démasquer » l’être véritable qui s’y cache. Avant de partir en croisade au nom d’un idéal ou de fustiger un mal « réel ou fantasmé », qu’il nous soit permis de nous questionner sur l’identité de nos semblables. Ce qu’ils professent n’est pas nécessairement tributaire de leurs convictions profondes et ces dernières ne représentent peut-être pas leur persona de manière intégrale ( je n’ai pas dit « intégriste », ici).

La liberté de parole

C’est tout l’intérêt de prendre conscience du rôle prépondérant des avatars ( masques et subterfuges qui brouillent la communication ) au cœur des débats publics qui peuvent envenimer la « vie en société ». On ne peut pas interdire une parole, ou un prototype de pensée, à l’intérieur de l’agora publique sous prétexte de préserver un « vivre ensemble » qui n’est qu’une habile manière de « manufacturer du consentement ». Notre consentement pour que la véritable liberté d’expression soit éradiquée une fois pour toute.

Le rôle de l’état c’est de préserver l’intégrité du domaine public et de garantir la sécurité des citoyens. Mais, lorsque nos gouvernants se mettent à policer les débats publics, sous prétexte de prévenir que certains n’expriment des pensées « nauséabondes », ils se comportent en procéduriers au service d’une abominable dictature des esprits. Et, partant, ils contribuent renforcer les assises de cette « démocratie de façade » qui n’est qu’une chimère en l’espèce.

Nos dirigeants sont en train d’embrayer à la vitesse supérieure, bien au-delà de la rectitude politique, forçant nos sociétés à foncer sur des cibles qui ont été identifiées il y a déjà belle lurette. Cette folle course en avant représente, à mon humble avis, la croisade d’une laïcité qui s’apparente à une « contre-religion », pour reprendre les paroles de l’ancien ministre français de l’éducation, Vincent Peillon. L’état n’a pas pour rôle de se positionner POUR ou CONTRE la religion ou un système de pensée en particulier. Son rôle consiste à être NEUTRE, cela afin de préserver le droit de chacun de prendre part aux débats publics.

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Patrice-Hans Perrier180 articles

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Patrice-Hans Perrier est un journaliste indépendant qui s’est penché sur les Affaires municipales et le développement urbain durant une bonne quinzaine d’années. De fil en aiguille, il a acquis une maîtrise fine de l’analyse critique et un style littéraire qui se bonifie avec le temps. Disciple des penseurs de la lucidité – à l’instar des Guy Debord ou Hannah Arendt – Perrier se passionne pour l’éthique et tout ce qui concerne la culture étudiée de manière non-réductionniste. Dénonçant le marxisme culturel et ses avatars, Patrice-Hans Perrier s’attaque à produire une critique qui ambitionne de stimuler la pensée critique de ses lecteurs. Passant du journalisme à l’analyse critique, l’auteur québécois fourbit ses armes avant de passer au genre littéraire. De nouvelles avenues s’ouvriront bientôt et, d’ici là, vous pouvez le retrouver sur son propre site : patricehansperrier.wordpress.com





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16 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    8 décembre 2015

    @Patrice-Hans Perrier, 14 mars 10h54
    Bonjour Patrice!
    Nous avons été conditionné à placer des références partout lorsque nous avancions telles ou telles choses, comme si nous étions incapable de dire des choses intelligentes par nous-mêmes. C'est une autre façon de nous enligner avec le système et ses auteurs accrédités propagandistes. Ceci a été subtilement une façon d'empêcher la libre expression et la critique libre du système. Une sorte de Police de la pensée!
    Une référence c'est d'indiquer l'endroit où nous avons copié une parole ou une écriture! Comme si nous étions propriétaires des propos que nous avons tenus, alors que nous ne sommes propriétaires de rien!
    Si quelqu'un dit quelque chose d'intelligent, peu importe qui le dit, le fait de le reconnaître comme intelligent, cela se suffit à lui-même, pas besoin de citer nécessairement la source à chaque occasion.
    C'est l'ego qui veut être absolument reconnu par ses pairs à travers ses écrits, comme le fait de placer son nom en dessous d'écrits de notre main n'est que vanité non-reconnue de notre part.
    Si l'Esprit passe un ou par un autre pour verbaliser une précision sur un fait ou n'importe quels sujets, l'ego en toute humilité, devrait reconnaître, que l'essentiel c'est le verbe gratuit pour tous, et non la prétention de l'ego qui croit posséder et être la source du propos, alors qu'il n'est qu'un instrument dont se sert l'Esprit.

  • Patrice-Hans Perrier Répondre

    14 mars 2015

    Décidément ... « Peter » récidive !
    J'espère que la direction éditoriale de Vigile est consciente que ce commentateur utilise des extraits d'articles de Nicolas Bourgoin, sans le citer, ni mettre de guillemets, afin d'étoffer ses commentaire-fleuves !
    Les citations mises bout-à-bout sont pertinentes et prolongent avec justesse le fil de mon propre article.
    Toutefois, c'est gênant de voir, ainsi, un commentateur anonyme utiliser à satiété des torrents d'extraits, provenant presque tous de Nicolas Bourgoin, sans prendre la peine d'introduire l'auteur, de mettre des guillemets et d'apposer la signature dudit auteur en fin de ... citation.
    Tout cela ne me plait guère. Vraiment.

  • Archives de Vigile Répondre

    13 février 2015

    La lente mise à mort de la liberté d’expression
    Jamais un gouvernement n’aura fait autant reculer les libertés publiques que celui de Manuel Valls, à croire que la champ d’action du ministre de l’Intérieur se réduit à sanctionner l’expression d’opinions dissidentes. Chaque affaire médiatique est l’occasion de nouveaux reculs : affaire Mehra, affaire Clément Méric, affaire Dieudonné, fusillade de Bruxelles, attentat de Charlie Hebdo… autant de fenêtres d’opportunité pour gagner le soutien de l’opinion et faire passer des lois liberticides. Chaque situation de crise provoque un sentiment d’anxiété sociale appelant une reprise en main par l’État : le gouvernement et les médias dominants sont passés maîtres dans l’art de manier à dessein ce mouvement d’insécurisation/sécurisation par lequel ils soumettent l’opinion. On assiste ainsi à une véritable mutation du contrôle social : hier l’instrument du combat contre la délinquance classique, il est aujourd’hui le moyen de défendre un ordre qui se veut moral et républicain mais qui est surtout identitaire et discriminatoire. Façonner les consciences et sanctionner les récalcitrants, voilà pour l’essentiel à quoi se réduit la politique autoritaire du gouvernement socialiste. Elle est le point d’achèvement d’un processus qui débute au milieu des années 1980 et dont nous voudrions rappeler ici les grandes lignes.
    A l’origine de la politique actuelle, le tournant de la rigueur
    On n’a sans doute jamais mesuré totalement les conséquences du changement de cap décidé par le gouvernement Mauroy en mars 1983. Confronté à une fuite de capitaux, à un creusement du déficit budgétaire et à une série d’attaques contre le franc, François Mitterrand abandonne la politique de relance par la consommation qu’il avait suivie jusque là. Son souhait de maintenir la France dans le Système Monétaire Européen a eu raison de ses ambitions réformatrices inspirées du Programme commun d’union de la gauche. Suivra alors une politique sociale-libérale qui montera en puissance avec la nomination de Laurent Fabius à Matignon – privatisations, blocage des salaires, déréglementation des marchés financiers, orthodoxie budgétaire et promotion du modèle entrepreneurial – totalement à rebours des promesses de campagne du candidat Mitterrand. Dans leur conversion à l’économie de marché, les socialistes ont fait preuve d’un zèle remarquable : une note de l’Insee de 1990 donne même à la France la palme européenne du monétarisme et de la rigueur budgétaire, devant la Grande-Bretagne de Margaret Thatcher et l’Allemagne d’Helmut Kohl. Et deux ans plus tard, le Parti Socialiste fera logiquement le choix d’adopter le très libéral traité de Maastricht.
    Hollande dans les pas de Mitterrand
    Entre la justice sociale et l’intégration européenne, le gouvernement socialiste de Pierre Mauroy a choisi et n’est jamais revenu sur cet engagement lourd de conséquences.
    Trois décennies plus tard, l’histoire se répète. Le cocktail est identique : intégration européenne à marche forcée, libéralisme économique et austérité budgétaire. L’équation aussi : de quelle légitimité le Parti socialiste et ses alliés peuvent se prévaloir pour mettre en oeuvre une politique qui trahit leurs engagements de campagne et ne répond en rien aux attentes des classes populaires ? La réponse est à l’avenant : éluder la question sociale en faisant diversion sur les questions de société. La recette avait bien fonctionné dans les années 1980 : lutte contre le racisme et l’antisémitisme, avec l’appui logistique de SOS Racisme lancé en 1984, en lieu et place de la défense du travail contre le capital. Le combat électoral contre le Front National devient rapidement le seul marqueur de gauche d’une politique totalement acquise aux intérêts du capital, et d’autant plus aisément que la démission économique des socialistes favorise la montée en force du vote protestataire d’extrême-droite.
    Choc des civilisations contre lutte des classes
    Mais pour la période actuelle, le tableau est légèrement modifié par une touche supplémentaire : le gouvernement socialiste a fait sienne la rhétorique de la « guerre contre le terrorisme », héritage des années Bush. L’alignement complet de la diplomatie française actuelle sur les intérêts du bloc américano-sioniste influence aussi sa politique intérieure. De fait, la question sociétale rejoint aujourd’hui la question identitaire : civilisation judéo-chrétienne d’un côté, Islam « barbare et conquérant » de l’autre. Les thèmes fétiches de la gauche – défense de la laïcité et combat contre l’antisémitisme, notamment – sont passés à la moulinette néoconservatrice. La politique actuelle sort ainsi les valeurs républicaines du contexte de l’immigration et des questions d’intégration qui était le leur dans les années 80 pour les inscrire dans une problématique du choc des civilisations : « Je suis Charlie » (contre la barbarie islamiste) en lieu et place de « Touche pas à mon pote ». Mais dans tous les cas, il s’agit encore de masquer la question sociale par la question identitaire : aviver les tensions communautaires entre français dits « de souche » et français issus de l’immigration pour désamorcer la lutte des classes et tourner le dos à la justice sociale. Et souvent à grands renforts de communication : l’union sacrée face au terrorisme affichée lors de la mobilisation générale du 11 janvier a relégué au second plan les antagonismes de classe, servant ainsi les intérêts des élites politiques et financières.
    Catéchisme républicain et pénalisation de la dissidence
    Comment obtenir l’adhésion du peuple à une politique contraire à ses intérêts ? Seule une minorité peut tirer profit du libéralisme économique et de la montée en force des tensions communautaires. L’adhésion spontanée étant donc exclue, il ne reste que le conditionnement idéologique et la pénalisation de la dissidence, deux recettes qui ont notamment fait leurs preuves dans le contexte de crise politique provoquée par la fusillade de Charlie Hebdo. L’anxiété sociale alimentée par la couverture médiatique de l’Islam radical suscite une demande de sécurité et permet au gouvernement de mener sa chasse aux sorcières avec le soutien de l’opinion. Des dizaines de procédures judiciaires pour apologie du terrorisme(qui relèvent en fait du délit d’opinion) pour un message posté sur les réseaux sociaux, pour une parole de trop ou pour un refus de la minute de silence, visant des simples citoyens parfois même des collégiens, n’ont pas suscité la moindre indignation politique à l’exception d’associations de défense des droits de l’Homme dont Amnesty International qui a pointé un risque de dérive judiciaire et d’atteintes graves à la liberté d’expression.
    Politique d’ordre contre politique de sécurité
    Peu actif sur le front de la délinquance classique – comme en témoignent les derniers chiffres de l’ONDRP – le gouvernement déploie en revanche une énergie remarquable pour sanctionner les idées ou les propos qu’il juge politiquement incorrects. La loi sur la presse de 1881 a été modifiée à plusieurs reprises par les socialistes, déjà en 1990 par la loi Fabius-Gayssot qui criminalise le négationnisme historique en faisant d’un délit la contestation de l’existence des crimes contre l’humanité tels que définis dans les statuts du Tribunal militaire de Nuremberg. La « mère de toutes les lois mémorielles » a valu à Vincent Reynouard une nouvelle condamnation pour une vidéo postée sur Youtube, cette dernière à deux ans de prison ferme, soit le double de la peine encourue pour ce type de délit. La jurisprudence Dieudonné, fruit de la croisade lancée par Manuel Valls contre l’humoriste, lamine la protection dont bénéficiait la création artistique vis-à-vis du pouvoir et rend possible l’interdiction préventive d’une réunion ou d’un spectacle pour des motifs politiques. Last but not least, la création récente d’un délit d’apologie du terrorisme par la loi du 13 novembre 2014 est une arme (redoutable) de plus dans l’arsenal contre la liberté d’expression. Réprimer ceux qui ont le tort d’exprimer des idées non conformes : la politique du gouvernement consiste à défendre un ordre moral au besoin par la contrainte mais plus généralement par la persuasion.
    Gauche morale contre gauche de transformation sociale.
    Le catéchisme républicain est tout ce qu’il reste à une gauche démissionnaire sur le front économique et social. Mais le moralisme, une fois déconnecté de toute réalité matérielle, tourne à vide. La politique actuelle pousse jusqu’à l’absurde cette contradiction : d’un côté la loi Macron qui achèvera de démanteler le code du travail et de dépouiller les salariés de leurs derniers vestiges de protection sociale, de l’autre le bourrage de crâne sur les valeurs républicaines de liberté, de tolérance et d’égalité chaque jour démenties dans les faits. Signe de la fragilité du pouvoir, la propagande laïciste a atteint des sommets dans le contexte créé par l’attentat contre Charlie Hebdo, notamment quand la ministre de l’Éducation nationale a évoqué « de trop nombreux questionnements de la part des élèves » montrant ainsi les limites de sa conception de la démocratie… L’autoritarisme politique et la négation de l’esprit critique sont devenus la norme d’un gouvernement ayant perdu toute crédibilité économique et sociale et foulant au pied les valeurs qu’il prétend défendre. Victime collatérale, la liberté d’expression vit ses derniers moments.
    Voir également sur ce site : un entretien à propos de mon dernier ouvrage « La République contre les libertés« .
    https://bourgoinblog.wordpress.com/2015/02/13/la-lente-mise-a-mort-de-la-liberte-dexpression/
    https://resistanceauthentique.wordpress.com/2015/02/13/la-lente-mise-a-mort-de-la-liberte-dexpression/

  • Archives de Vigile Répondre

    10 février 2015

    "Peter, vous n’êtes pas « conspirationniste »."
    Bonjour!
    Il y a une différence entre "Théoriciens du complot" et "Faits de complots!"
    Chris Powell en fait la distinction dans cette vidéo que je vous invite à visionner!
    Voici le lien...
    https://www.youtube.com/watch?v=iNqNoRbXWag#t=399

  • Patrice-Hans Perrier Répondre

    8 février 2015

    Ce que j'aime chez Nicolas Bourgoin c'est sa façon vraiment pas ampoulée de décrire les choses pour ce qu'elles sont.
    Il s'agit d'un honnête homme, universitaire et chercheur, qui ne s'exprime pas à la manière d'un technocrate.
    Bourgoin est un as de la vulgarisation, de la synthèse et de la mise en contexte.
    Malheureusement, ils sont peu nombreux ceux et celles qui sont en mesure de broder des analyses à la hauteur des siennes.
    J'ai l'habitude, moi aussi, de le lire depuis belle lurette.
    Et, non des moindres, il s'agit d'un homme de gauche qui n'hésite pas un instant à critiquer et à remettre en question la « gauche caviar » aux manettes à l'Élysée.
    De fait, il ne s'agit pas d'un « gauchiste », mais plutôt d'un honnête observateur qui assume ses positions socialisantes.
    Dans le même sens, un observateur de ce calibre qui ne ferait pas de mystères de ses accointances, plutôt, de droite serait tout autant ... honorable dans mon libre à moi.
    Il n'y a pas de ligne politique « juste » ou « idéale » en ce moment. Il n'y a que des observateurs plus ou moins honnêtes et qui ont le courage de leurs idées.
    C'est déjà un pas dans la bonne direction !

  • Archives de Vigile Répondre

    6 février 2015

    Ne laissons pas faire nos dirigeants, dans cette escalade de la crise Ukrainienne, cela ne fera qu’accélérer le chaos européen…Afin de justifier, leurs réformes délétères, et la mise en place d’un état policier, pour notre sécurité…Si cela ne débouche pas sur pire.
    On se rapproche encore un peu plus de ce modèle de régime à atteindre, si bien décrit par Nicolas BOURGOIN.
    Lorsque que l’on vous parle de fascisme, n’attendez pas de voir des chemises noires dans les rues, comme en Ukraine, nos dirigeants ont déjà la même idéologie, mais travestie à la sauce khmers roses, voyez un Manuel Valls…
    Les « propositions franco-allemandes pour relancer la croissance » (sic) présentées aujourd’hui auront eu au moins un mérite : achever de démontrer, s’il en était besoin, que la Grèce n’est qu’un terrain d’essai dans le projet insensé de libéralisation totale que l’oligarchie veut imposer à l’Europe et qui consiste ni plus ni moins à mettre le marché du travail européen aux normes chinoises. Dernier îlot de résistance, le modèle social français hérité de l’après-guerre garantissant une protection sociale minimale, des retraites et des salaires décents est condamné à disparaître à moyen terme. Les économies exigées de la France par la Commission Européenne qui l’avait déjà placée sous surveillance renforcée en mars dernier en raison du niveau de sa dette et de son coût du travail jugé trop élevés, auront des effets dévastateurs en condamnant à la précarité à vie des millions de personnes. Mais cette gigantesque casse sociale a aussi une visée plus immédiate : préparer la France à la compétition du grand marché transatlantique dont le lancement est prévu en 2015.
    Les plans d’austérité se succèdent en Europe et les cibles restent invariablement les mêmes : les salaires, les retraites et la protection sociale. Les propositions (mieux vaudrait-il parler d’injonctions) franco-allemandes dévoilées ce jeudi ne font pas exception en prévoyant notamment une flexibilisation du marché du travail, une énième remise en cause des 35 heures et un gel des salaires pendant 3 ans. En cause : la situation économique de la France et le dérapage de son budget, « sérieux motifs d’inquiétude pour l’Allemagne » et qui vaudra sans doute à la France une nouvelle salve de sanctions de la part de la Commission Européenne.
    Le grand écart entre les promesses du candidat Hollande et la politique réellement menée a de quoi laisser perplexe. Cependant cette nouvelle cure d’austérité programmée est largement dictée par la Commission Européenne qui a jugé une nouvelle fois le budget de la France non-conforme aux dispositions du pacte de stabilité et de croissance. Conséquence de ces contraintes imposées par Bruxelles, des millions de Français vont subir un effondrement de leur niveau de vie du fait de la stagnation économique. Dans ce contexte, choisir au poste de Premier Ministre un homme qui se place en héritier de Georges Clemenceau – celui qui a fait envoyer la troupe contre les mineurs en grève de Courrière – et placer au poste de Ministre de l’Économie et de l’Industrie un ancien cadre de la banque Rotschild doivent se lire comme des signaux de bonne volonté envoyés aux marchés financiers…
    Mais ce nouveau coup porté aux salariés et aux retraités n’est qu’une étape dans le long processus de démantèlement auquel les condamne la politique austéritaire de l’Union Européenne, et la prochaine risque d’être plus douloureuse encore avec la mise en place programmée de l’Accord de Partenariat Transatlantique, elle-même simple étape vers un gouvernement mondial. Négocié en secret, le grand marché transatlantique dérégulé sans droits de douane et sans barrières à la circulation des capitaux et des marchandises fonctionnera sur la primauté du droit américain et consacrera la suprématie des intérêts du marché sur le droit des États nationaux : les multinationales pourront ainsi attaquer en justice tout État qui aurait des lois trop contraignantes en matière de droit du travail, de la santé ou de l’environnement. La construction d’un bloc euro-atlantique unifié aura pour finalité de renforcer l’hégémonie militaire, politique et économique des États-Unis. Le mensonge de l’indépendance européenne vis-à-vis des USA prétendument conquise grâce à l’euro aura vécu…
    Le soutien sans faille de l’Union Européenne à l’Ukraine Nazie, la mise sur pied d’une force d’intervention militarisée de 3.000 hommes aux compétences quasi-illimitées baptisée EuroGendFor, destinée à réprimer dans le sang les soulèvements populaires que ne manqueront pas de provoquer les politiques d’austérité qui s’annoncent, le plaidoyer de Goldman Sachs pour des régimes autoritaires en Europe, le refus de l’ensemble des pays européens de condamner la glorification du nazisme à l’ONU, la montée du néo-nazisme en Europe et principalement en Grèce nous rappellent opportunément que le projet d’une Europe Unifiée est non seulement ultralibéral mais également fasciste. La dictature de l’oligarchie européenne, de plus en plus douloureuse pour les peuples, devra renoncer rapidement à la forme démocratique de gouvernement pour s’imposer par la violence et devenir une « dictature terroriste ouverte du capital financier » soit la définition que George Dimitrov donnait du fascisme il y a 80 ans.
    Privatisations dans tous les domaines, y compris ceux jusque-là relativement épargnés comme l’environnement, libre-échange globalisé, liquidation des droits sociaux et de la démocratie parlementaire, militarisation de la répression sociale… les peuples n’ont plus que le choix de rompre avec le bloc impérialiste européen qui les condamne à la misère sans fin, à la guerre civile et au fascisme. Le cauchemar de l’Europe Unifiée dessine en creux la seule voie praticable : recouvrer une souveraineté monétaire en abandonnant la monnaie unique, une souveraineté politique en quittant l’UE, une souveraineté militaire en quittant l’OTAN, une souveraineté économique en rétablissant les droits de douane et une souveraineté financière en abrogeant la loi de Pompidou-Rotschild 1973 qui oblige l’État français à emprunter sur les marchés privés, entièrement à l’origine de la dette actuelle !
    Nicolas Bourgoin
    http://1eclaireur.wordpress.com/2015/02/06/austerite-a-perpetuite-chaos-social-et-fascisme-le-vrai-projet-de-lunion-europeenne/

  • Archives de Vigile Répondre

    4 février 2015

    Bonjour !
    D’accord je vais faire attention !
    En passant ! La Lumière lorsqu’Elle s’établit et se révèle sur ce monde, a une propriété, c’est d’abord d’exacerber l’ombre, de la placer en emphase, de la mettre en évidence, de ressortir les aspects cachés de notre monde, d’abord en nous, ensuite globalement sur ce monde. Tout ce qui était sous le tapis se révèle alors, c’est ce que nous vivons tous, avant de disparaître, lorsque nous prenons conscience que nous ne sommes pas ces choses ! C’est comme si on allumait une lampe dans une chambre noir, les choses prennent alors de la perspective, de la consistance, il y a peut-être des cafards qui courent ici et là ; on les distingue maintenant clairement ! Nous pouvons dire que l’agenda de l’empire, dans ce jeu, indirectement, sert un autre agenda ; la sortie de ce jeu, la fin de cette pièce de théâtre ; le retour à la Réalité ! En quelque sorte, tout sert à la Lumière, dans ce grand jeu ! Dans un théâtre, il y a des personnages, ceux qui jouent les bons et ceux qui jouent les méchants, il en va de même sur ce monde, mais en quelque part, et nous en sommes là aujourd’hui, il faut réfuter ce théâtre, car nous ne sommes pas réellement ces acteurs, mais ultimement, au-delà de ce jeu, la Lumière Elle-Même qui joue à l’acteur ! Tout concourt donc à la Lumière, bon ou méchant, car nous sommes tous déjà Lumière au-delà de ce théâtre ! C’était ma petite parenthèse ! L’affaire des religions, fait partie de ce jeu !
    L’empire, c’est comme un enfant gâté, mal-élevé, qui souhaite que ses parents, fassent ses quatre volontés, et s’ils ne le font pas, alors c’est la crise, l’enfant casse la vaisselle, renverse l’échiquier, fait table rase du jeu, car il ne peut gagner, alors il tente de réécrire les règles, d’un autre jeu, pour qu’il puisse enfin gagner, c’est la tentative d’amener sur ce monde l’instauration d’un nouvel ordre mondial.
    Tandis que La Lumière nous offre la possibilité de sortir du jeu, et pas nécessairement la réécriture ou la poursuite d’un autre jeu, même si c’est possible. Alors ceux qui veulent encore jouer, auront la possibilité de le faire, ailleurs, probablement sur un autre monde, tandis que ceux qui en ont assez de ce jeu, pourront en sortir. Ce qui est certain, c’est que tous les Uns de la planète, retrouveront leur véritable place dans la création des mondes et des jeux, ou en dehors. Il y a de la place pour tous, et les jeux sont innombrables, comme les non-jeux ! On ne peut forcer les acteurs à jouer, lorsqu’ils en ont marre ! Le problème c’est que pour continuer à jouer à la manière de l’empire, les peuples doivent servir d’esclaves ! Mais que faire si les peuples ne veulent plus servir d’esclaves ? L’enfant dira alors que les peuples sont tous des terroristes car ils ne veulent plus faire leurs quatre volontés.

  • Patrice-Hans Perrier Répondre

    2 février 2015

    Attention,
    je viens de réaliser une erreur grave concernant l'introduction du dernier commentaire de « Peter »:

    Peter, 1er février 16h56
    « La République contre les libertés »
    (entretien avec Éric Michel)
    Éric Michel est l’auteur de deux romans « Algérie ! Algérie ! » et « Pacifique » qui ont rencontré un vif succès critique. Humaniste et engagé, sensible à la cause des peuples colonisés ou opprimés par l’impérialisme, Éric Michel est lecteur de mes travaux depuis quelques années. A l’occasion de la sortie de mon dernier livre, « La République contre les libertés », il s’est prêté au jeu d’un entretien amical au sujet de questions qui parcourent ce travail : la conversion libérale de la gauche, l’instrumentalisation de la laïcité, l’obsession antiterroriste, la censure de l’expression publique, entre autres. Cet entretien est présenté ci-après.
    « Peter », au tout début de ce commentaire qui n'est qu'une citation, omet (sciemment ou non) de préciser qu'il s'agit d'un entretien entre NICOLAS BOURGOINS et Éric Michel.
    Le libellé dudit « commentaire » stipule qu'il s'agit d'un ( entretien avec Éric Michel ), comme s'il s'agissait d'un échange entre le dénommé « Peter » et ce dernier.
    Je ne sais pas de qui provient l'erreur, mais c'est manifestement grossier puisque les lecteurs sont complètement induits en erreur.
    Peter ... il faudrait faire attention, à l'avenir, avec l'emploi intempestif de commentaire-citation-fleuves ...
    Citer les autres c'est pratique, ça fait « sourcé », mais c'est une arme à deux tranchants qui peut facilement induire les lecteurs en erreur.

  • Archives de Vigile Répondre

    1 février 2015

    « La République contre les libertés »
    (entretien avec Éric Michel)
    Éric Michel est l’auteur de deux romans « Algérie ! Algérie ! » et « Pacifique » qui ont rencontré un vif succès critique. Humaniste et engagé, sensible à la cause des peuples colonisés ou opprimés par l’impérialisme, Éric Michel est lecteur de mes travaux depuis quelques années. A l’occasion de la sortie de mon dernier livre, « La République contre les libertés », il s’est prêté au jeu d’un entretien amical au sujet de questions qui parcourent ce travail : la conversion libérale de la gauche, l’instrumentalisation de la laïcité, l’obsession antiterroriste, la censure de l’expression publique, entre autres. Cet entretien est présenté ci-après.
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    Éric Michel : Bonjour, peux-tu te présenter ?
    Nicolas Bourgoin : Je suis enseignant-chercheur et je travaille depuis vingt ans sur les politiques de contrôle social, essentiellement d’un point de vue critique. J’y ai consacré plusieurs livres et des dizaines d’articles. La « République contre les libertés » est mon quatrième ouvrage.
    EM : Pourquoi avoir écrit ce livre ?
    NB : « La Révolution sécuritaire » sorti en 2013 retraçait l’histoire des politiques sécuritaires depuis la rédaction du Rapport Peyrefitte en 1976. Nous observons en France et dans l’ensemble des pays développés un double processus de radicalisation du contrôle social et de mutation du droit pénal à l’œuvre depuis une quarantaine d’années.
    L’État évolue vers une forme autoritaire. Un moment crucial de cette histoire est justement la conversion de la gauche au modèle sécuritaire qui a lieu au cours de la décennie 1990. C’est un tournant majeur car la gauche privilégie traditionnellement la liberté par rapport à la sécurité.
    Il faut se souvenir de la violence des attaques du PS contre les réformes sécuritaires du gouvernement Giscard, notamment celles contre le projet de loi « Sécurité et Liberté » en 1980 quand Raymond Forni ou Philippe Marchand comparaient le texte d’Alain Peyrefitte à ceux votés sous le régime de Vichy.
    Cela permet de mesurer le chemin parcouru depuis. Il y a aujourd’hui une « union sacrée sécuritaire » qui transcende le clivage droite/gauche, comme on a pu l’observer au moment du vote de la loi antiterroriste de 2014 qui a recueilli la quasi-totalité des suffrages des députés. Ce consensus aurait été impensable il y a seulement 20 ans.
    EM : Selon toi, la politique du gouvernement actuel est sécuritaire ?
    NB : Je la qualifierais plutôt de liberticide par comparaison avec celle menée au cours des deux quinquennats précédents.
    Sarkozy a ciblé la petite délinquance de rue, avec en ligne de mire la jeunesse des classes populaires, en durcissant la réponse pénale surtout pour les mineurs.
    Le gouvernement Valls pratique davantage une politique d’ordre que de sécurité en axant son contrôle sur l’expression publique et plus généralement en laminant les libertés individuelles sous couvert de moralisme républicain ou de prévention du terrorisme.
    EM : Comment expliques-tu ce changement ?
    NB : Les politiques en matière pénale ne sont pas indépendantes de celles menées dans les autres domaines publics. Quand le PS promouvait les libertés, il défendait aussi les travailleurs contre les excès du capitalisme, du moins en paroles.
    Il est vrai qu’il a défendu cette politique essentiellement quand il était dans l’opposition, à l’époque du Programme commun. Mais on en trouve aussi quelques traces dans les premières années de la gouvernance Mitterrand, quand Mauroy était Premier Ministre : nationalisations d’un côté, démocratisation de la justice de l’autre.
    Ironie de l’histoire, c’est une loi socialiste de 1981 qui a permis à Dieudonné de saisir la Cour Européenne des Droits de l’Homme, comme tout citoyen français, suite à l’arrêté d’interdiction de son spectacle « Le Mur » en janvier dernier.
    En 1983, les choses commencent à changer quand Mitterrand, confronté à la crise économique et à une série d’attaques contre le franc, fait le choix de la construction européenne et du maintien de la France dans le SME, coûte que coûte. Le tournant de l’austérité s’en suivra, et avec lui les premières remises en cause du progressisme pénal : rapport Martaguet la même année qui écorne le modèle protectionniste de la justice des mineurs, lois restrictives en matière d’immigration en 1984. Mais le tournant décisif arrivera 10 ans plus tard.
    EM : En 1993 ?
    NB : Peu après. Plusieurs facteurs ont joué : triomphe politique du capitalisme sur fond d’effondrement de l’Union Soviétique en 1991, allégeance au libéralisme avec l’engagement socialiste pour le traité de Maastricht (qui comportait, rappelons-le, un pilier sécuritaire) en 1992, déroute électorale de la gauche aux législatives de 1993 que le PS attribue à son supposé laxisme pénal.
    A nouveau, social et pénal sont liés : tandis que le PS affirme que « le capitalisme borne notre horizon historique » et tourne définitivement le dos à la lutte des classes, il fourbit ses armes pour la prochaine bataille électorale en introduisant un volet sécuritaire dans son programme. Ce sera pour les présidentielles de 1995.
    EM : Le processus s’arrête en 2014 ?
    NB : Cette année-là a été votée une loi importante du quinquennat Hollande, la loi Cazeneuve contre le terrorisme. Elle est sans doute la plus liberticide jamais votée en France sous la 5ème République.
    Sa promulgation sera suivie, quelques mois plus tard, des débats parlementaires sur la loi Macron. Celle-ci va achever de démanteler le code du travail et de libéraliser les secteurs encore protégés.
    Dès lors, la boucle est bouclée : le Parti Socialiste s’est totalement converti au libéralisme économique le plus débridé en même temps qu’il a validé sans réserves une loi qui instaure un régime de surveillance renforcé comparable au Patriot Act étasunien.
    Retour à la loi Le Chapelier et au code Napoléon ! Il a même ressuscité les RG chargés du flicage des mouvements sociaux que le gouvernement Fillon, pourtant ultra-sécuritaire, avait supprimé en 2008, un comble !
    EM : Mais le PS prétend quand même faire une politique de gauche…
    NB : En apparence oui, mais c’est une politique qui ne répond en rien aux attentes des classes populaires qui ont pourtant massivement voté pour lui.
    Le « mariage pour tous » est présenté comme une réforme phare du quinquennat Hollande mais elle ne concernera que très peu de monde. En réalité, à partir du moment où le PS a renoncé à défendre les travailleurs, à faire du social, il s’est condamné à faire du sociétal.
    Rappelons que le tournant de la rigueur de 1983 a été suivi de près par le lancement de SOS Racisme ce qui dénote un art consommé de la diversion…
    Aujourd’hui, il est de toute façon contraint par les dogmes austéritaires de l’Union Européenne, qu’il a d’ailleurs contribué à instaurer. La seule voie qui s’offre à lui pour retrouver une légitimité de gauche est celle des réformes de société. Mais elles ne convainquent pas son électorat populaire qui n’y trouve pas son compte.
    EM : Les réformes sociétales sont là pour faire passer la pilule amère du libéralisme ?
    NB : Oui, mais pas seulement. Elles font partie intégrantes de la politique mondialiste menée par le PS.
    De fait, on retrouve dans celles-ci les deux piliers de la politique actuelle : adhésion au modèle du « choc des civilisations » et soumission aux intérêts de la finance internationale.
    Des valeurs de gauche comme le féminisme, la défense de la laïcité ou l’internationalisme sont alors instrumentalisées par le gouvernement : les deux premières pour stigmatiser les musulmans, la seconde pour condamner toute critique à l’égard de l’UE.
    La diabolisation du nationalisme, qui peut aussi être une valeur de gauche quand il s’agit de défendre la souveraineté économique nationale contre la finance cosmopolite, a conduit à la dissolution des mouvements jugés extrémistes dans le sillage de l’affaire Clément Méric.
    EM : Selon toi, il n’y a pas de menace fasciste ?
    Il y a surtout une menace financière et néoconservatrice !
    L’idéologie néoconservatrice, aujourd’hui dominante, est la vraie extrême-droite car en plus d’être foncièrement islamophobe, elle sert directement les intérêts de l’oligarchie mondialiste.
    Quant à l’antisémitisme, c’est davantage un moulin à vent qu’une menace réelle bien que le gouvernement ait fait de son éradication une cause nationale. Toutes les enquêtes sérieuses montrent que l’opinion française n’est pas antisémite.
    En réalité, Manuel Valls a recours à la bonne vieille tactique de la citadelle assiégée : agiter des menaces en partie imaginaires pour pouvoir ensuite montrer ses muscles tout en faisant diversion sur les vrais problèmes.
    La figure de l’Islam, fréquemment associée au terrorisme, est une cible privilégiée de ces « paniques morales » relayées par les médias, qui fonctionnent comme autant de rideaux de fumée.
    Pendant que l’opinion s’est effrayée du prétendu « loup solitaire » de Joué-lès-Tours, le gouvernement publiait discrètement le décret de la Loi de Programmation Militaire dont l’article 20 permet aux pouvoirs publics d’accéder aux données de connexion des internautes.
    Elles servent aussi à justifier des lois liberticides : la loi antiterroriste de Cazeneuve a été votée moins de quatre mois après la fusillade de Bruxelles.
    EM : Que penses-tu de l’épisode Charlie Hebdo ?
    NB : Il correspond parfaitement à ce schéma et en grossit même les traits du fait de la gravité de l’attaque. La réponse est classique : dramatisation à outrance, appels à l’unité nationale et derrière tout ça nouvelles mesures annoncées par Valls pour faire face à la « menace islamique » dont une nouvelle loi qui donne des pouvoirs exorbitants aux services de renseignement.
    On ressort une nouvelle fois du placard l’ennemi intérieur socio-ethnique pour faire peur et justifier toutes les régressions liberticides.
    Et le tout sous prétexte de défendre la liberté d’expression !
    Le lendemain même de la grande marche républicaine du 11 janvier, le parquet de Paris a ouvert une enquête contre Dieudonné pour « apologie du terrorisme ». L’objet du délit ? avoir affirmé sur sa page Facebook qu’il se sentait « Charlie Coulibaly », du patronyme de l’un des trois terroristes. Or, depuis la loi antiterroriste promulguée en novembre dernier, ce chef d’inculpation est passible de 7 ans de prison et 100.000 euros d’amende !
    EM : Le dessin de couverture représente des policiers devant le Zénith de Nantes, c’est une référence à l’affaire Dieudonné ?
    NB : Oui, je remercie au passage Riket Cosmos qui a amicalement (et brillamment) réalisé ce dessin.
    Cette affaire montre par l’absurde jusqu’où peut mener une politique qui prétend défendre la République contre l’antisémitisme ou le « fascisme » en laminant les libertés publiques et en tombant dans l’autoritarisme.
    Le meeting du PS qui a lancé la campagne contre l’humoriste s’appelait d’ailleurs « Défendre la République contre les extrémismes »… tout un programme ! J’y consacre une part importante de mon livre. La jurisprudence Dieudonné qui remplace l’arrêté Benjamin protecteur de la liberté artistique ou de réunion est lourde de conséquences. Elle a d’ailleurs fait l’objet de vives critiques, y compris dans le propre camp politique du gouvernement et d’autant plus qu’elle n’a en rien entamé la popularité de l’humoriste, bien au contraire.
    Le récent placement en garde à vue de François Danglehant puis sa radiation du barreau témoigne d’un affaiblissement de l’État de droit suite à cette affaire. L’avocat de Dieudonné en est l’une des premières victimes collatérales, d’autres suivront.
    EM : Sur la base de ces constats, traces-tu des perspectives de sortie de crise ?
    NB : Je ne le fais pas directement mais ce travail peut donner matière à imaginer une « autre société » plus respectueuse des libertés publiques.
    La politique autoritaire du gouvernement socialiste est le pendant de sa politique libérale en matière économique.
    Rompre avec la première supposerait au moins de sortir du carcan bruxellois et plus généralement de refuser les diktats de la finance mondialisée.
    Il y a bien sûr, en plus de la question des traités européens, celles de la loi Pompidou-Giscard de 1973, à l’origine de la dette actuelle, et de notre appartenance à l’OTAN qui toutes deux nous lient les mains et nous soumettent aux intérêts du mondialisme.
    Tous ces aspects forment l’arrière-fond de mon analyse même si je ne les aborde pas directement dans mon travail. Ils montrent la nécessité de « penser globalement ». Le terme de « globalisation » était d’ailleurs préféré à celui de « mondialisation » il y a quelques années. A mon sens, il traduit mieux la nature du processus en cours dont la montée en force de l’autoritarisme politique n’est qu’un effet parmi d’autres.
    http://1eclaireur.wordpress.com/2015/01/26/nicolas-bourgoin-la-republique-contre-les-libertes/

  • Archives de Vigile Répondre

    1 février 2015

    Union nationale et traque aux dissidents, les raisons cachées d’un coup d’État silencieux.
    Repérer et sanctionner ceux qui ne sont pas Charlie : cette injonction résume à elle seule l’esprit du nouvel ordre sécuritaire qui s’installe jour après jour et qui a bénéficié avec la fusillade de Charlie Hebdo d’un effet d’aubaine exceptionnel.
    Car loin d’être seulement le symptôme d’une folie collective, la traque aux récalcitrants, automatiquement identifiés à une cinquième colonne, est le point d’orgue d’une politique répressive dirigée contre tous ceux qui tentent d’échapper au gigantesque bourrage de crâne administré par nos élites. Elle n’est d’ailleurs pas sans rappeler la chasse aux quenelliers de l’année passée.
    Après la promulgation de deux lois antiterroristes, d’une loi de programmation militaire (le tout en moins de 3 ans !), de nouvelles mesures ont été annoncées par le trio infernal Valls-Cazeneuve-Taubira pour instaurer un régime d’exception en plaçant la totalité de la population française sous surveillance renforcée.
    Une telle débauche de moyens ne peut que laisser perplexe eu égard à l’ampleur de la menace pour laquelle ils sont mobilisés. Les victimes du terrorisme en France se comptent presque sur les doigts d’une main et leur nombre est en tout cas bien inférieur à celui des victimes de la délinquance classique (près d’un millier d’homicides par an, sans compter les tentatives).
    La menace djihadiste, comme nous l’avions déjà évoqué, est bien un prétexte pour renforcer toujours plus le système de domination politique. La question restant de savoir au bénéfice de qui et, surtout, pourquoi maintenant…
    Si la loi Cazeneuve promulguée à l’automne dernier n’a eu aucune efficacité pour prévenir l’attentat contre Charlie Hebdo, elle a en revanche conduit à l’arrestation de nombreuses personnes accusées de déserter la « grande mobilisation générale » contre le terrorisme. En instaurant un délit d’apologie du terrorisme (passible de 7 ans de prison et 100.000 euros d’amende), elle a fabriqué en masse des délinquants d’opinion exposés aux fourches caudines de la justice.
    Les établissements scolaires, dans lesquels est inculqué le catéchisme laïciste et « républicain », concentrent à eux seuls un grand nombre des victimes de cette chasse aux sorcières : des élèves de collège ou de lycée sont d’ores et déjà tombés par dizaines sous le coup de cette inculpation pour avoir refusé la minute de silence, tenu des propos non conformes, posté des messages provocateurs ou des dessins sur les réseaux sociaux.
    Un enfant de 8 ans (!) a même été entendu par les services de police pour avoir soutenu verbalement les terroristes. Des enseignants ont également été suspendus sur dénonciation de parents d’élèves.
    Face à de telles outrances, on peut bien sûr plaider la folie collective. Mais comme bien souvent, cette hypothèse qui fait fi des causes réelles et des bénéfices engrangés par les manipulateurs n’explique pas grand chose. Le gigantesque bourrage de crâne administré par les élites politiques et les médias relève classiquement du formatage idéologique.
    « Tous unis contre le terrorisme » et gare aux déserteurs (forcément suspects de complaisance vis-à-vis de l’islamisme) : les mots d’ordre d’union nationale et de mobilisation générale contre un ennemi commun qui fonctionnent sur un schéma binaire (Charlie ou terroriste) justifient une politique qui tourne le dos à la démocratie et foule au pied les libertés.
    Concentration des pouvoirs aux mains de l’exécutif et laminage des contre-pouvoirs, notamment judiciaire, sur fond d’appels à l’unité nationale est une recette éprouvée pour resserrer les rangs dans les périodes de crise économique aggravée et de montée de la défiance à l’égard des responsables politiques.
    L’état d’exception est généralement mis en place pour résoudre par la force les contradictions du système quand celles-ci deviennent ingérables par les méthodes démocratiques. Il s’apparente ainsi au fascisme tel que le définissait George Dimitrov, compris comme la « dictature terroriste ouverte des éléments les plus réactionnaires, les plus chauvins, les plus impérialistes du capital financier ».
    Il ne s’agit ni plus ni moins que de gouverner par la peur (des terroristes et/ou du pouvoir). Méthode toujours efficace si l’on en croit les sondages : la cote de popularité de l’exécutif remonte nettement et les Français se disent majoritairement prêts à sacrifier leurs libertés pour plus de sécurité.
    Cette escalade sécuritaire qui rompt avec des décennies de tolérance relative du pouvoir vis-à-vis de la contestation sociale, est l’effet d’une dégradation de la situation économique caractéristique du stade impérialiste du capitalisme.
    L’éclatement de la bulle Internet et les attentats du 11 septembre, provoquant une baisse des indices boursiers de près de 70 % en 2 ans et demi, ont entraîné une brutale accélération de la crise. Le krach de 2001-2002 qui marque l’arrêt d’un cycle de croissance économique lié à l’essor des nouvelles technologies (1995-2000) est un véritable tournant dans l’histoire du capitalisme dont on n’a pas encore mesuré toute la portée.
    Près de 15 années plus tard, les indices boursiers européens n’ont toujours pas retrouvé leurs niveaux d’avant-crise. Guerre sans fin contre le terrorisme, recul des libertés publiques, montée en force de l’islamophobie politique et marasme économique sont les ingrédients de la politique post-11 septembre menée dans l’ensemble des pays développés.
    Loin d’être l’effet d’une mode passagère, l’autoritarisme politique sur fond de « choc des civilisations » est la forme de gouvernance du capitalisme parvenu à son stade terminal.
    La crise économique qui touche les pays développés semble bien être en effet la dernière. De l’aveu même des experts, il est peu probable que l’économie mondiale renoue un jour avec la croissance et la stagnation économique est sans doute le seul horizon qui s’offre aux populations des pays développés condamnées ainsi au chômage de masse et à la paupérisation à perpétuité.
    En France, le chômage atteint tous les ans des niveaux record. Privé de grain à moudre et de toute perspective d’embellie économique, le pouvoir ne peut maintenir le système de domination que par l’usage d’une propagande toujours plus intense visant à enfouir la question sociale sous la question identitaire afin de diviser pour mieux régner.
    A défaut de transformer le réel, il s’agit de changer les consciences : fabriquer en série et dès le plus jeune âge des « Charlie » formés idéologiquement à la soumission politique, résignés à accepter leur sort économique et mobilisables dans la guerre sans fin menée par l’Occident contre l’Islam.
    Nicolas Bourgoin
    http://blogdejocelyne.canalblog.com/archives/2015/02/01/31446413.html#utm_medium=email&utm_source=notification&utm_campaign=blogdejocelyne

  • Patrice-Hans Perrier Répondre

    29 janvier 2015

    Peter,
    je n'ai rien à ajouter. Vos commentaires sont éclairés et éclairants, ça coule de source.
    autant je vous trouvais un peu long, précédemment, autant vous allez à l'essentiel ici et vous m'aidez à préciser, à peaufiner et à extrapoler le fond ... de ma pensée.
    de NOTRE pensée, à tous, incluant celles des bardons irrespectueux qui me cherchent noise.
    que ceux qui se disent athées ou « laïcs » sachent que l'authentique foi, religieuse, philosophique, politique, ou autre ... ne s'impose pas.
    Vigile n'est pas un média catholique, et, je l'espère, une enceinte exclusivement réservée aux « laïcards ». Il s'agit d'une « gazette », pour parler comme ma mère-grand, qui défend le droit du peuple québécois à son autodétermination.
    ceci étant dit, j'ai profité des récents événements français pour élargir le débat et faire en sorte que nous nous questionnons tout (incluant mes amis les barbons) sur les tenants et les aboutissants d'une laïcité qui n'est que l'ébauche de cette « religion mondiale » que vous annoncez.
    et, Peter, vous n'êtes pas « conspirationniste ».
    je me rappelle avoir lu d'étranges fiches d'information, lors d'une visite à la section dédiée au Design, au Musée des Beaux-Arts de Montréal.
    un designer italien des années 40 à 60, si ma mémoire est bonne, faisait l'apologie de cette fameuse et fumeuse « religion mondiale ».
    ne vous en faites pas, j'ai compris, c'est dans leurs cartons depuis belle lurette ...

  • Archives de Vigile Répondre

    29 janvier 2015

    Le problème avec la laïcité, utilisée trop souvent comme instrument de division et de perpétuation de la dualité, du « diviser pour mieux régner », c’est qu’à la place de se contenter de prôner une juste neutralité religieuse et un respect de l’autre en toutes choses, elle s’érige désormais en tuteur des religions, en fixant unilatéralement les soi-disant paramètres moraux valables et acceptables, « raisonnables », "arbitraires", sur lesquelles elles devront tous (toutes les religions…) se baliser, s'enligner, et se rallier dans l’avenir, sous peine d’être traîné devant les tribunaux et officines aux ordres du nouvel empire moral mondial.
    En ce sens, comme « la police de la pensée », la laïcité devient la « police des religions », et bientôt, la liberté de pratique religieuse et d’expression, quel que soit la forme, pourrait bien être décriée par la pensée unique officielle et le nouvel ordre moral, comme élément subversif, préjudiciable, menaçant l’empire dans sa course hégémonique, et traité comme un concurrent déloyal qu’il faut absolument abattre, par peur psychopathique d’être détruit par elles.
    On pourrait bien un jour voir les religieux de tout acabit se voir qualifier de « terroristes » par le nouvel ordre moral laïc mondial. En ce sens, la laïcité devient un instrument de domination, de renversement, de falsification, de diversion, d’embrumage collectif, de noyautage, créé afin de provoquer un chaos et un désordre entre les hommes, voir un carnage; en générant artificiellement des guerres, des conflits, des luttes, des combats, où tous les multiples uns identitaires arbitraires, par friction, se frotteront à d’autres hommes sensibles à leurs propres fondamentaux identitaires, et inversement.
    Lorsque que toutes les identités religieuses mondiales se seront détruites entre elles, par fragmentations des esprits religieux, morcellement, triturisation, le nouvel ordre laïc mondial pourra s’avancer, ayant éliminé ses supposés concurrents ou adversaires, à travers une nouvelle religion mondiale, qu’il présentera aux peuples de la terre, une fois désabusés, blessés, triturés et par ce déséquilibre identitaire projeté, provoqué, bientôt ouvert, c’est leur souhait; c’est la vision de l’empire, à toute ingérence d’ordre moral extérieur. La laïcité est donc, en ce sens, le cheval de Troie, l’antichambre d’une nouvelle religion mondiale.
    Le « je suis un autre », je le vois comme les paroles du Christ lorsqu’il dit : « Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens c’est à moi que vous le faites ». En fait, l’autre n’existe pas, car l’autre c’est soi, il n’y a pas de différence ; ce que tu fais au soi-disant autre, tu te le fais au soi-disant toi-même. Il n’y a pas de séparation à travers les multiples identités humaines de surface, une fois soulevé le voile de la différence arbitraire et « raisonnable » ; infrastructures psychologiques identitaires de façade, mais nécessaires sur ce monde, tous les hommes, au centre, au cœur, ontologiquement, de par essence, sont UN, et en ce sens, indivisible.
    L’indivisibilité de l’homme est une menace et un obstacle à l’empire, c’est pour cela, aux yeux de l’empire, que ce principe essentiel doit être démantelé, morceler. Sans ça, de leur point de vue, l'asservissement de l'homme est impossible.

  • Pierre Cloutier Répondre

    28 janvier 2015

    C'est tout ce que vous à apporter comme argument. C'est un peu court. Il est raisonnable de penser que le suppositoire a fait effet.

  • Gilles Verrier Répondre

    28 janvier 2015

    Pierre Cloutier nous revient de vacances en grande forme. Il revient en force pour donner des munitions à tous les «connards» qui voient dans la laïcité une idéologie totalitaire.
    Décryptage : S'emparer du pouvoir de l'État pour y instaurer des politiques éclairées de tolérance envers les cerveaux fêlés qui refusent le progrès. Pour les pourfendeurs de la franc-maçonnerie, la laïcité est effectivement la religion sans Dieu et sans transcendance, la religion du progrès matériel défini par eux-mêmes et dont ils sont les représentants et les officiants.
    Pour le Québec, c'est la création de l'homme nouveau débarrassé de son passé ténébreux et de sa tradition. C'est l'apologie de l'homme «hors sol», pour reprendre l'expression d'Hervé Juvin dans «La Grande séparation». Le patriote hors sol est l'ennemi de la continuité du Québec enraciné dans un patrimoine vivant et des paysages catholiques construits par ses pères; c'est l'ennemi de cette foi des humbles qui fait que nous parlons encore en français aujourd'hui. Par idéologie, il boude la réussite du clergé catholique qui a su conserver la cohésion du peuple, ce que ne parvient pas à faire notre demi État (dixit Pomerleau) qui s'en est glorieusement libéré depuis 1960, au cours de sa mise aux normes américanistes, générale en Occident, appelée non sans quelque prétention ici la révolution tranquille.
    Pour continuer dans ses brillantes réussites, le patriote hors sol va s'assurer que le faible ne se relève pas. Il va procéder à la ré-écriture de l'histoire en dépeignant le clergé catholique, qu'on rapporte d'ailleurs par les journaux comme essentiellement pédophile, comme une «secte fictionnelle» qui a réussi à nous garder dans la grande noirceur pendant des siècles. L'arrogance de la laïcité dans ses plus beaux atours.

  • Patrice-Hans Perrier Répondre

    28 janvier 2015

    ... causes toujours mon lapin ...

  • Pierre Cloutier Répondre

    27 janvier 2015

    Il y a des gens qui s'écoutent parler et vous vous aimez sans doute vous relire, comme Narcisse aimait se regarder dans le reflet de l'eau.
    La laïcité n'est pas une "religion" comme vous l'affirmez. C'est une politique de l'État.
    Une religion c'est une croyance en l'existence d'un être supérieur créateur du ciel et de la terre (Dieu, Allah, Yahvé, la Nature ou autres dieux) et en l'existence d'une vie après la mort. Une religion c'est aussi une secte fictionnelle qui a réussi.
    Et malheureusement, on est obligé d'endurer tous ces cerveaux fêlés sur la terre.C'est cela la laïcité : tolérer les connards qui nous empoissonnent l'existence et divisent les gens les uns contre les autres depuis trop longtemps. La laïcité, c'est comme un suppositoire pour soulager une douleur dans le rectum.