Une dernière réflexion dans le sillage de « l’affaire Charlie Hebdo »

De la liberté d’expression

Surveillance renforcée et liberté d'écoeurer son prochain

Chronique de Patrice-Hans Perrier

Il est tout de même consternant de voir tout un chacun se gargariser avec un concept de liberté d’expression à géométrie variable à l’heure où nos gouvernants peaufinent des mesures sécuritaires tout azimut. Nous sommes bel et bien pris en otage par une caste de prescripteurs d’opinions qui se préoccupent plus du conditionnement des foules que d’une liberté d’opinion qui n’est qu’une chimère en l’espèce. À l’heure où des hordes de pleureuses envahissent les plateaux de télé il importe de nous poser certaines questions d’usage.

D’entrée de jeu, qu’il nous soit permis de rappeler à nos lecteurs que la liberté d’opinion précède toujours celle d’expression. Et, un peu comme dans l’histoire de l’œuf et de la poule, il va de soi qu’il est impératif de pouvoir s’informer si l’on veut être en mesure de … se forger une opinion. Mais, où prend-on nos informations ? Plus souvent qu’autrement, les sources d’informations disponibles ne sont que des opinions travesties en prescriptions prétendument bien étayées, objectives et dénudées de préjugés. Mais encore …

La propagande à l’heure des médias de masse

Nous n’entendons pas ressasser le célèbre « plus un mensonge est gros, plus il deviendra crédible » afin de souligner l’importance du rôle de la propagande comme moteur des médias. Qu’est-ce qu’un média ? C’est d’abord et avant tout une « caisse de résonnance » qui sert à fabriquer du consentement social. Ceux et celles qui s’imaginent toujours que les médias ont pour mission d’informer et de protéger la « démocratie » sont des lunatiques en puissance.

Marshall McLuhan et Guy Debord, durant les années 1950 et 1960, ont mis le doigt sur la plaie purulente de cette matrice hollywoodienne qui participe à une « société du spectacle » à l’intérieur de laquelle le bulletin des nouvelles tient la place de la récitation d’un chapelet cathodique. Ainsi, l’agenda médiatique constitue une sorte de cahier des charges qui détaille la méthodologie à appliquer afin de relier divers « éléments informatifs » : les statistiques, les événements heureux ou violents, les prévisions économiques, les frasques amoureuses de nos dirigeants, les irruptions de rage au volant, sans oublier les nouveautés cul-turelles qui défraient la manchette des magazines lus par les métrosexuels. L’essentiel consistant à maquiller certains faits, tout en braquant les projecteurs sur d’autres, afin d’orienter la conscience (ce qu’il en reste) des consommateurs en fonction d’un narratif (récit officiel) de circonstance.

L’impact d’une nouvelle constituant un détonateur qui permettra aux prescripteurs du pouvoir de mobiliser les « bons sentiments » de la foule replète des consommateurs ébahis. Parce que l’art de la propagande travaille en permanence sur les affects malmenés d’un consommateur qui se sent dépassé par les événements. Si Léon Trotsky a inventé le concept de « révolution permanente », qu’il nous soit permis de mettre sur la table celui d’ « illusion permanente ». Les médias fonctionnant comme une lanterne magique ( voir l’allégorie de la caverne de Platon ), il est capital de maintenir le spectateur dans un état d’hébétude continu, sorte de stase qui permet de manipuler à loisir sa conscience (sédiments de …) et de programmer ses affects pour lui faire réclamer à grands cris de nouvelles mesures toujours plus liberticides.

C’est quoi la liberté ?

On dit que la liberté c’est la capacité de faire des choix. Donc de discriminer. Nos habiles prescripteurs, ayant parfaitement assimilé les rudiments exposés par George Orwell, ont eu l’idée de génie de mettre en branle la rectitude politique depuis l’arrivée au pouvoir des néoconservateurs au tout début des années 1980. Ainsi, sous prétexte de ne PAS discriminer quiconque, il nous fut prescrit de maquiller notre langage afin de ne point heurter notre semblable et, surtout, de ne pas alerter le pouvoir. À ce dispositif de contrainte sémantique fut adjoint un mécanisme de surveillance déguisé en autant d’ « associations de défense des minorités » destinées à policer les débats.

Après le matraquage psychiatrique de Woodstock, voilà que nos consciences affaiblies se voyaient prises en charge par une police nouveau genre. Michel Clouscard l’a parfaitement bien démontré dans plusieurs de ses ouvrages en soulignant le fait que la « pensée libertaire » devenait une injonction nécessaire pour que la « société libérale » puisse s’imposer à tous. Une nouvelle inquisition était née. Il fallait jouir à tout prix, peu importe la douleur endurée et les conséquences escomptées. Nous en avons pour preuve la récente réhabilitation de la « Dame de fer », Margaret Tatcher, par les milieux de la contre-culture.

Nous n’épilogueront pas ici, faute de temps, sur la notion de cette contre-culture qui n’est qu’une autre opération supplémentaire d’abrutissement des consciences qui s’appuie sur la destruction systématique du patrimoine culturelle de nos sociétés moribondes. Nous prendrons, le plus simplement du monde, la peine de souligner que la « contre-culture » et la « révolution permanente » font partie intégrante de l’arsenal de manipulation idéologique de nos maîtres véritables.

Émules de Voltaire, trompant manifestement les imbéciles avec le désormais célèbre «Je ne partage pas du tout vos idées, mais je me battrai pour que vous puissiez les exprimer », nos prescripteurs d’opinion ont fait de la « liberté d’expression » leur principale antienne. Curieusement, certains comiques « qui ne font plus rire personne » sont mis au banc de la société afin d’empêcher que la « haine » ne se propage. Si cette opération peut sembler louable en soi, nous avons tout de même le droit (ou, à défaut de celui-ci, le devoir) de nous questionner un petit peu sur les rouages de cette nouvelle police de la « liberté d’expression ».

1984

Exactement, comme il est stipulé dans le célèbre roman d’anticipation d’Orwell, la « Novlangue » - ou simulacre de communication toléré par le pouvoir – consiste à nous imposer le devoir de nommer les choses par leur contraire. Ainsi, ce qui m'écoeure, me fait plaisir. Ce qui est laid, est beau et lorsque je suis angoissé, c’est que tout va bien ! Les symboles du langage ont été permuté, non pas pour prosaïquement remplacer le bien par le mal, mais afin que l’individu lambda ne soit plus en mesure de maîtriser sa communication. Du jour au lendemain, comme par magie, le pouvoir pourra décréter qu’un péché n’est pas une vertu et vous serez invité à suivre une séance de thérapie afin de vous rééduquer.

Puisque le mouvement nihiliste des révolutions passées consistait à préparer l’arrivée d’une « contre-culture » destinée aplanir les consciences, il va de soi que la phase finale de ce processus consiste à rééduquer le badaud démoli par une postmodernité à géométrie variable. Nous entrons, présentement, dans cette phase historique de la « rééducation des consciences » et tout nous porte à croire qu’elle sera particulièrement violente.

Désormais, afin de préserver une prétendue « liberté d’expression », il nous est donc interdit d’ « exprimer » le moindre doute à propos des saynètes du script officiel. Or donc, mettre en doute la portée « éducative » des activités d’un média qui est subventionné pour foutre la merde (à défaut de propager la « haine », quand même !) constitue, désormais, un appel au meurtre et vous rend passible d’une séance de thérapie gratuite. Il faut comprendre qu’en jouant sur les affects de la population médusée –
à la suite de l’opération choc des commandos – nos prescripteur sont parvenus à généré un mouvement de consentement collectif qui a manifestement réussi.

Incapables d’effectuer le moindre raisonnement, la foule replète se laisse (lâchement) endoctrinée. Ainsi, ceux qui se questionnent sur les tenants et les aboutissants des tristes événements du 7 janvier dernier ne sont que des « charognards qui font leurs choux gras du malheur des autres » et, au nom de la protection de la « liberté d’opinion », il leur sera, désormais, interdit de prendre la parole dans l’agora publique.

Un vivre ensemble factice

Sur ces entrefaites, le poncif « ce qui me fait chier, me fait plaisir » est promptement réutilisé par les pouvoirs publics qui s’empresseront de subventionner la production et l’installation d’autres « plugs anals » (godemiché sur lequel on s’assoit en lisant les journaux branchés) géants qui seront installés au beau milieu des squares. Toutes œuvres « libertaires » pour lesquelles on devra mobiliser, outre leur installation, d’importantes sommes afin d’en assurer la protection au cas où certains intempestifs de la « moralité publique » s’aviseraient de tenter de les dégonfler. Dans un contexte où les gouvernements ferment des crèches, coupent les fonds destinés à acheter des livres pour les écoles et laissent crever comme des chiens une pléiade de sans-abris, vous avouerez que c’est tout de même savoureux …

La « liberté d’expression » étant un instrument à géométrie variable, il importera donc de poursuivre la croisade de la réhabilitation à tout crin du blasphème. Ainsi, nos habiles prescripteurs cul-turels pourront monopoliser les fonds des « cochons de payeurs » pour que d’immenses poupées gonflables à l’effigie de la Vierge Marie soit impérativement amarrées sur le devant des cathédrales, avec pour seule tenue un string portant la mention suivante : « plus c’est gros, plus ça passe ». Avouez qu’une telle opération de « rééducation des consciences » permettra aux pouvoirs publics, à coup sûr, d’imposer un « vivre ensemble » susceptible de combattre la « haine » efficacement.

Puisque, à défaut de nous voir imposer une thérapie gratuite, nous sommes contraints d’ânonner qu’ « il va de soi que la réhabilitation du blasphème à tout prix constitue le prix à payer pour lutter contre la haine ». Certains doivent bien se marrer dans leur fausse barbe au moment de conclure la lecture de ce petit billet anodin.

Squared

Patrice-Hans Perrier180 articles

  • 174 406

Patrice-Hans Perrier est un journaliste indépendant qui s’est penché sur les Affaires municipales et le développement urbain durant une bonne quinzaine d’années. De fil en aiguille, il a acquis une maîtrise fine de l’analyse critique et un style littéraire qui se bonifie avec le temps. Disciple des penseurs de la lucidité – à l’instar des Guy Debord ou Hannah Arendt – Perrier se passionne pour l’éthique et tout ce qui concerne la culture étudiée de manière non-réductionniste. Dénonçant le marxisme culturel et ses avatars, Patrice-Hans Perrier s’attaque à produire une critique qui ambitionne de stimuler la pensée critique de ses lecteurs. Passant du journalisme à l’analyse critique, l’auteur québécois fourbit ses armes avant de passer au genre littéraire. De nouvelles avenues s’ouvriront bientôt et, d’ici là, vous pouvez le retrouver sur son propre site : patricehansperrier.wordpress.com





Laissez un commentaire



7 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    23 janvier 2015

    L'affaire Charlie Hebdo suscite « de trop nombreux questionnements » de la part des élèves qui sont « insupportables », selon Najat Vallaud-Belkacem
    Pour la ministre de l'Éducation nationale, certaines questions sont « insupportables » de la part des élèves. L'aveu d'une conception autoritaire de la liberté d'expression, et de la vacuité du discours de nos élites politiques face aux enjeux de la période.
    L'attentat contre Charlie Hebdo, la minute de silence dans les écoles, les dérapages réels ou supposés d'élèves ont alimenté un sombre débat depuis le 7 janvier. C'est dans ce contexte que la ministre de l'Éducation nationale a tenu des propos sidérants à l'Assemblée nationale, mercredi 14 janvier, lors des questions au gouvernement. De Manille, le pape n'a pas non plus manqué de s'inviter dans le débat.
    Attentat à l'esprit critique
    Par décision du président de la République, le jeudi 8 janvier a été décrété « jour de deuil national » et une circulaire du premier ministre en a précisé les modalités : drapeaux en berne et demande aux administrations d'organiser « un moment de recueillement permettant aux agents des services publics de s'associer à cet hommage ». Ce recueillement sous forme d'une minute de silence observée dans les établissements scolaires a parfois suscité des interrogations, des remous, voire un rejet.
    Depuis, une polémique enfle sur l'ampleur du phénomène. Le 13 janvier l'eurodéputé UMP, Philippe Juvin, accuse le ministère de l'Éducation nationale de « sous estimer grossièrement » les incidents et de « trucage des chiffres ». Le même jour Nathalie Saint-Cricq qui dirige le service politique sur France 2 déclare : « Il faut repérer et traiter ceux qui ne sont pas Charlie. » De son côté, Éric Ciotti rajoute une louche, en twittant : « Il faut pouvoir supprimer les allocations familiales aux parents des élèves qui n'ont pas respecté la minute de silence. »
    C'est dans ce contexte que la ministre de l'Éducation nationale a été interrogée à l'Assemblée lors de la séance des questions au gouvernement. Najat Vallaud-Belkacem a ainsi déclaré :
    « Même là où il n'y a pas eu d'incidents, il y a eu de trop nombreux questionnements de la part des élèves. Et nous avons tous entendu les « Oui je soutiens Charlie, mais », les « deux poids, deux mesures », les « pourquoi défendre la liberté d'expression ici et pas là ? » Ces questions nous sont insupportables, surtout lorsqu'on les entend à l'école, qui est chargée de transmettre des valeurs. »
    Parce qu'ils émanent de la représentante de l'institution scolaire, les mots sont presque incroyables, véritable attentat à l'esprit critique, à la pédagogie. On savait les enseignants bien seuls, mais à ce point !
    « La ministre de l'Education nationale évoque 200 incidents qui ont eu lieu dans les écoles en réaction aux attentats terroristes.
    "Ça ne s'est pas toujours bien passé" a reconnu Najat Vallaud-Belkacem en répondant à une question du député UMP Claude Goasguen mercredi à propos des incidents qui ont eu lieu dans certains établissements après les attentats de la semaine dernière. "Aucun d'entre eux ne sera pris à la légère" a assuré la ministre de l'Éducation nationale qui donne les chiffres qui lui ont été transmis : "s'agissant de la minute de silence une centaine d'incidents qui nous ont été remontés". Les jours qui ont suivi "une nouvelle centaine d'événements nous ont été remontés" dont une quarantaine ont été transmis aux services de police et gendarmerie car il s'agissait d'apologie du terrorisme explique la ministre qui "mobilise l'ensemble de la communauté éducative pour répondre par des actes forts". "Il y a eu de trop nombreux questionnements de la part des élèves" a insisté Najat Vallaud-Belkacem »
    Sois pour la liberté d'expression et tais-toi
    « Trop nombreux questionnements », « questions insupportables », les mots sont lâchés. Ainsi, pour défendre la liberté d'expression, il faudrait commencer par interdire les questions ? Une forme d'oxymore moderne : je t'ordonne d'être pour la liberté d'expression. Bien sûr, certains propos ont été, parfois, difficiles à entendre par le corps enseignant. Des dérapages ont bien eu lieu, complaisamment rapportés par la presse, quand elle ne les a pas suscités en rôdant devant certains lycées pour sélectionner l'intervention la plus croustillante. Mais s'agissant de collégiens de onze à quinze ans ou de lycéens adolescents, il faut être capable de faire le tri entre méconnaissance, provocation gratuite et désaccords. Et quand bien même il y aurait des désaccords, il faudrait en discuter, argumenter.
    Lorsque le pape, de Manille, s'invite dans le débat en déclarant que si le droit d'expression est un « droit fondamental » on ne peut pas « insulter » la foi d'autrui, c'est une limite sérieuse au droit de caricature. Qui s'en émeut ? Et quand il ajoute « Si un grand ami parle mal de ma mère, il peut s'attendre à un coup de poing, et c'est normal. On ne peut provoquer, on ne peut insulter la foi des autres, on ne peut la tourner en dérision ! », c'est une manière de dire, quand même, ils l'ont un peu cherché. Où est le tollé ? On est pourtant assez proche de ce que pensent nombre d'élèves croyants (quelle que soit la croyance) qui n'admettent pas la critique des religions.
    Alors oui, il faut défendre la liberté d'expression, de caricature et dire que le délit de blasphème ne doit pas exister, mais cela ne peut venir que d'un débat. Lorsque le Conseil représentatif du culte musulman (CRCM) Alsace indique dans un communiqué qu'il « souhaite l'extension à tout le territoire national » du délit de blasphème qui figure dans le concordat d'Alsace Moselle, il rappelle aussi que trois départements français échappent à la séparation entre l'Église et l'État.
    On n'impose pas des valeurs
    Laïcité, valeurs de la République et « l'école, qui est chargée de transmettre ces valeurs » : difficile de ne pas avoir entendu quelques morceaux de bravoure républicaine ces jours-ci. Mais des valeurs, on les partage, on y adhère, on ne les impose pas par un acte d'autorité.
    Cela suppose au contraire échanges, confrontations et questions. « J'ai raison parce que je suis l'institution » n'est pas seulement impraticable dans la France du XXIe siècle, c'est une conception dangereuse qui remplace le dialogue, la conviction par Sois jeune et tais-toi, l'obéissance et le dressage. Et qui peut prétendre que l'autorité reconnue serait l'autorité civile plutôt que religieuse ou autre ?
    Former des citoyens, c'est offrir les éléments de jugement pour un esprit critique qui ne prend pas pour argent comptant tout ce qui se dit ou s'écrit. Combattre les thèses complotistes invraisemblables qui se répandent parfois comme une traînée de poudre suppose des individus attachés à un raisonnement rationnel. Et puis il ne suffit pas de rappeler la devise « Liberté, Égalité, Fraternité », d'en appeler au roman national. C'est en réalité presque indécent quand, depuis des années, chacun de ces mots est foulé aux pieds par ceux-là même qui s'en gargarisent aujourd'hui. Les libertés se restreignent au nom de la sécurité, les inégalités s'envolent et des populations sont stigmatisées pour leur religion ou leur couleur de peau, voilà la réalité.
    L'incroyable fossé qui existe entre certains discours officiels et la réalité quotidienne des pratiques politiques n'est pas pour rien dans la perte de légitimité de toutes les institutions.
    Les phrases de Najat Vallaud-Belkacem ne sont pas un malheureux dérapage dans un contexte difficile, mais le symptôme d'un vide profond des élites politiques.
    Elles ont un tel souci de coller à ce qu'elles s'imaginent être l'état de l'opinion qu'elles en viennent à énoncer ce type d'aberrations. Leur discours sur les valeurs est tellement creux, tellement désincarné par rapport à la situation réelle qu'ils construisent tous les jours, qu'ils ne savent plus à quoi se raccrocher - si ce n'est aux figures de l'ordre et de l'autorité. Cet état d'esprit, s'il devait perdurer, serait le prélude à de nouvelles régressions de tous ordres. Le climat de peur entretenu contre un « ennemi de l'intérieur » ne peut que nourrir ceux qui portent un projet politique raciste.
    http://fr.sott.net/article/24601-L-affaire-Charlie-Hebdo-suscite-de-trop-nombreux-questionnements-de-la-part-des-eleves-qui-sont-insupportables-selon-Najat-Vallaud-Belkacem

  • Archives de Vigile Répondre

    23 janvier 2015

    Attention – Suite à une initiative de BHL, la France confirme à l’ONU l’extension de la censure sans juge !!
    Affligeant ! : » l’Assemblée générale de l’ONU tenait à New York une réunion plénière informelle exceptionnelle, à l’initiative de Bernard-Henri Lévy, » : mais qui est BHL pour convoquer l’ONU ? Ministre, député, président ? Non RIEN !! En outre C’est très grave tout ça, c’est à la justice d’appliquer la loi, pas au gouvernement ! C’est une dérive totalitaire !!! Vous vous rendez compte ?!
    Comme le rapporte le cercle des volontaires, ONU : d’après BHL, l’antisionisme serait la première cause de l’antisémitisme :
    Bernard Henri-Lévy, intellectuel controversé et lobbyiste sioniste, a appelé jeudi la communauté internationale à lutter contre l’antisionisme, principale cause selon lui de l’antisémitisme, lors de l’ouverture d’une session spéciale de l’Assemblée générale des Nations unies, consacrée à « la montée de l’antisémitisme dans le monde ». BHL essaie ainsi d’attiser l’amalgame sous-jacent «juif = sioniste», postulat faux mais nécessaire à l’entreprise sioniste -et potentiellement mortifère pour le peuple juif-. Cet homme tient des propos dangereux.
    « L’antisémitisme n’est pas une variété de racisme, il faut le comprendre pour le combattre », a-t-il prétendu*, brocardant à la fois « l’islamisme radical » et « le vieux monstre » datant du régime de Vichy.
    Selon Bernard Henri-Lévy, « les racines de l’antisémitisme ne sont pas nécessairement dans le monde arabe » mais «l’ONU doit utiliser son immense pouvoir pour déconstruire les hystéries antisionistes de Durban » ; « Même si le peuple palestinien se voyait attribuer l’État qui lui revient de droit, l’antisémitisme ne disparaîtrait pas », a-t-il tenté de faire valoir.
    Au cours de cette session extraordinaire, la première du genre dans l’histoire de l’instance internationale, le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon, a estimé que les Nations unies « avaient pour devoir de lutter contre l’antisémitisme si elles voulaient rester fidèles à leur idéal et à leur principe fondateur ».
    Z .
    Alors que Manuel Valls n’en avait pas dit un mot mercredi lors de la présentation du nouveau plan de lutte contre le terrorisme, Harlem Désir a confirmé jeudi à l’ONU que la France mettrait en place « à brève échéance » le blocage de sites racistes et antisémites sur simple ordonnance de l’État, sans contradictoire ni vérification judiciaire de l’illégalité des sites bloqués. Une exception qui devient la norme.
    Jeudi matin, l’Assemblée générale de l’ONU tenait à New York une réunion plénière informelle exceptionnelle, à l’initiative de Bernard-Henri Lévy, sur la question de la montée des violences antisémites dans le monde. La réunion avait été programmée avant les attentats commis en France, mais a nécessairement gagné en importance par l’assassinat de quatre otages juifs détenus dans l’épicerie de Vincennes par Amedy Coulibaly.
    A cette occasion, le secrétaire d’état aux affaires européennes, Harlem Désir, a prononcé un discours dans lequel il a confirmé les pistes avancées la semaine dernière par la ministre de la Justice Christiane Taubira, qui n’ont pourtant pas été évoquées mercredi lors de la conférence de presse de Manuel Valls. En particulier, Harlem Désir a confirmé qu’à « brève échéance« , la France mettrait en œuvre « la possibilité d’un blocage administratif des sites internet et des messages à caractère raciste et antisémite« .
    Ce blocage administratif, qui se matérialise par un ordre du ministère de l’intérieur non soumis au contrôle d’un juge, fut d’abord prévu pour les seuls contenus pédopornographiques. Dès 2008, il y a sept ans, Numerama avait mis en garde contre l’ouverture de la boîte de Pandore, en prévenant que la lutte nécessaire contre la pédophilie, que le blocage n’aide en rien, ne serait qu’un moyen de légitimer un processus qui serait ensuite étendu à d’autres types de contenus. L’histoire du fichier des empreintes génétiques (FNAEG) qui compte aujourd’hui plus de 2,5 millions d’enregistrements l’avait déjà démontré.
    METTRE DES BARRIÈRES SUR INTERNET
    Nos craintes se sont vérifiées l’an dernier avec l’adoption d’une loi contre le terrorisme qui adopte le mécanisme du blocage extrajudiciaire à l’encontre des sites de propagande terroriste, dont la liste à bloquer sera établie par le gouvernement, sans contrôle d’un juge. Et donc, selon Harlem Désir et Christiane Taubira, il sera très bientôt étendu à des sites racistes et antisémites, avec la forte tentation de bloquer également des sites très critiques contre le sionisme et Israël, sans qu’un juge ne puisse s’y opposer (sauf recours ultérieur une fois la mesure déjà appliquée).
    A l’ONU, Harlem Désir a déclaré que l’antisémitisme « est toujours là, présent, avec son cortège de préjugés, de haine et de violence, parfois comme la résurgence d’un vieil antisémitisme qui remonte du fond des siècles, mais aussi, désormais, sous des formes nouvelles, se répandant sans barrière sur internet et les réseaux sociaux, à l’abri de l’anonymat ou non, prenant parfois prétexte du conflit israélo-palestinien ou s’appuyant sur le dévoiement fanatique de l’islam ancien ou nouveau« .
    RENDRE RESPONSABLES LES INTERMÉDIAIRES
    Selon Les Échos, le secrétaire d’état a expliqué en marge de son discours qu’il fallait étendre la responsabilité pénale des intermédiaires tels que les réseaux sociaux. « Nous devons limiter la dissémination de ces messages. Nous devons établir un cadre légal afin que ces plates-formes sur internet, les grandes compagnies qui gèrent les réseaux sociaux, soient appelées à agir de manière responsable« , a-t-il demandé. Il sollicite la convocation d’une conférence internationale dédiée à ce sujet.
    Déjà en novembre dernier, le Conseil de Sécurité de l’ONU avait demandé un renforcement de la lutte contre la propagande terroriste sur Internet, en laissant entendre que les plateformes qui seraient trop ouvertes à la liberté d’expression pourraient être accusées de terrorisme par complicité. Le Conseil avait par ailleurs demandé à l’ensemble des 192 membres de l’ONU « d’agir de façon coopérative pour empêcher les terroristes de recruter, pour contrer leur propagande et leur incitation extrémistes violentes sur Internet et les médias sociaux, y compris en développant des contre-récits efficaces« .
    http://www.numerama.com/magazine/31980-la-france-confirme-a-l-onu-l-extension-de-la-censure-sans-juge.html
    https://resistanceauthentique.wordpress.com/2015/01/23/la-france-confirme-a-lonu-a-linitiative-de-bernard-henri-levy-lextension-de-la-censure-sans-juge/

  • Dominique Frappier Répondre

    23 janvier 2015

    Je présume que vous ne serez pas à la soirée de solidarité avec Charlie Hebdo prévue au Lion d’or le 26 janvier prochain.
    Et moi je présume que vous auriez marché avec Nathanyahou?....
    Ne soyez pas dupe...
    http://r9.webtuyau.com/?page_id=3617

  • Archives de Vigile Répondre

    23 janvier 2015

    Un ado poursuivi pour Apologie du terrorisme à cause d’un dessin sur Facebook !
    Un adolescent de 16 ans a été inculpé pour apologie du terrorisme après avoir publié un dessin ‘représentant un personnage avec le journal Charlie Hebdo, touché par des balles, en l’accompagnant d’un commentaire ironique.
    La situation actuelle est pour le moins paradoxale. Le week-end dernier, à la suite des terribles attentats qui ont eu lieu en plein Paris, d’importants rassemblements se sont déroulés sur tout le territoire pour dénoncer le terrorisme et rappeler à la face du monde l’attachement des Français envers les principes fondamentaux que sont la liberté d’expression et la liberté de la presse.
    Mais depuis une semaine, force est de constater qu’un raidissement s’est opéré en France avec l’apparition de plusieurs dizaines d’actions en justice reposant sur le délit d’apologie du terrorisme, qui prévoit une peine maximale de 5 ans de prison ferme et 75 000 euros d’amende (ou 7 ans de prison et 100 000 euros d’amende si Internet est impliqué, car ce dernier est devenu une circonstance aggravante).
    L’Associated Press a par exemple recensé en milieu de semaine 54 procédures en cours sur ce motif, avec parfois d’autres griefs retenus contre les personnes interpellées. Dans certains cas, le jugement a d’ores et déjà été rendu : quinze mois de prison ferme pour cet Ardennais, trois mois de prison ferme pour ce Toulonnais ou encore un an de prison ferme pour ce Nanterrois.
    Le nombre de cas a depuis augmenté. Le Monde en recensait par exemple 70 dans un article publié quelques heures après celui de l’AP.
    UN DESSIN SUR FACEBOOK
    Dernièrement, c’est un jeune homme de 16 ans qui a été arrêté et placé en garde à vue. France 3 indique que l’adolescent a été présenté jeudi devant un juge pour enfants en vue de sa mise en examen pour apologie du terrorisme. De son côté, le parquet des mineurs de Nantes a demandé le lendemain son placement sous liberté préjudicielle.
    Son tort ? Avoir publié sur son profil Facebook « un dessin ‘représentant un personnage avec le journal Charlie Hebdo, touché par des balles, en l’accompagnant d’un commentaire ‘ironique’« , explique la chaîne de télévision.
    LA LIBERTÉ D’EXPRESSION ET SES LIMITES
    La multiplication des procédures pour apologie du terrorisme pose la question des limites de la liberté d’expression, dont la surface semble s’être réduite depuis les attentats. Une situation qui alarme plusieurs organisations non gouvernementales, comme la Ligue des Droits de l’Homme, qui craint le réflexe sécuritaire, et Amnesty International.
    « La liberté d’expression ne doit pas être réservée à quelques privilégiés. L’heure n’est pas à l’ouverture de procédures inspirées par des réactions à chaud, mais plutôt à la mise en place de réponses mesurées qui protègent des vies et respectent les droits de chacun« , explique l’ONG, qui craint que certaines arrestations faites sous le coup de l’émotion et de la fermeté ne violent en fait la liberté d’expression.
    Car si tout le monde s’accorde à défendre la liberté d’expression lorsque celle-ci va dans le sens du vent, il ne faudrait pas oublier qu’elle s’applique aussi à des messages qui peuvent s’avérer déplaisants ou révoltants. « Si l’on ne croit pas à la liberté d’expression pour les gens qu’on méprise, on n’y croit pas du tout« , explique ainsi le philosophe Noam Chomsky.
    Cela veut-il dire qu’il faut rester les bras ballants ? Non, bien sûr. Certains cas méritent vraisemblablement une sanction judiciaire s’il y a matière à punir (en particulier si d’autres griefs sont mêlés à la procédure). Mais l’émotion suscitée par les attentats laisse craindre un manque de discernement général qui ne contribue pas à rendre la justice dans de bonnes conditions.
    https://resistanceauthentique.wordpress.com/2015/01/23/un-ado-poursuivi-pour-apologie-du-terrorisme-a-cause-dun-dessin-sur-facebook/

  • Archives de Vigile Répondre

    23 janvier 2015

    Deux poids deux mesures, Illogisme et Ignorance dans l’opération psychologique Charlie-Hebdo
    Nombreux sont ceux parmi nous qui ont souligné que les Français et la plupart des Occidentaux avaient l’air d’être plus touchés par la mort de douze personnes à Paris que par des centaines, des milliers ou des centaines de milliers ailleurs. Il semble que le fameux slogan des années 1980, Touche pas à mon pote, qui était censé dénoncer le racisme, a été maintenant retouché pour devenir non pas raciste mais très chauvin : ne tuez pas la gauche française, quel que soit le degré d’offense de ses discours.
    Je n’aborderai pas de nouveau le sujet ici, parce que ceux encore capables d’esprit critique l’ont compris, mais je regarderai plutôt un autre cas de deux poids, deux mesures, beaucoup moins observé : celui touchant au sujet de la douleur morale.
    Voici ce que la narrative officielle nous raconte : les musulmans n’ont aucun droit de se plaindre à propos de leur Prophète insulté car cela fait partie de la liberté d’expression. C’est de la mauvaise foi de leur part de prétendre être blessés alors qu’en réalité ils ne sont pas blessés, ils sont juste froissés par un discours un peu irrespectueux. Comment pouvez-vous comparer des gens froissés avec des gens tués?
    Alors existe-t-il quelque chose que l’on pourrait appeler douleur morale, et peut- elle se comparer à la douleur physique ?
    Regardons d’abord ce qu’il en est pour l’Occident.
    N’importe quel psychologue vous expliquera que non seulement la douleur psychologique existe, mais qu’elle peut même être pire que la douleur physique.
    La Convention de Genève interdit expressément les simulacres de mise à mort, même si ceux-ci n’infligent que la peur (une forme de douleur psychologique).
    En France, il est actuellement interdit de simplement remettre en question la version officielle de l’Holocauste, précisément car en le faisant, on risque d’engendrer une douleur psychologique chez les quelques survivants de cet holocauste.
    Au fameux procès de Nuremberg, Julius Streitcher a été condamné à mort pour avoir commis le crime d’infecter l’esprit allemand avec le virus de l’antisémitisme. Il fut d’ailleurs vicieusement torturé avant son exécution. Son crime ? Il fut le fondateur et l’éditeur d’un journal, Der Stürmer, journal nauséabond de propagande raciste, dont le nom peut être approximativement traduit par l’assaillant ou celui qui provoque la tempête. Donc il semble que les discours de haine puissent même vous condamner à mort en Occident.
    Le huitième amendement de la Constitution américaine interdit les punitions cruelles et inhabituelles, surtout si elles sont dégradantes pour la dignité humaine. Les pères fondateurs tenaient donc apparemment la dignité humaine pour une valeur importante et une réalité nécessitant d’être protégée.
    Même à la prison de Guantanamo (qui n’est pourtant pas une référence en matière de droits humains), à la suite du scandale de 2005 sur la désacralisation du Coran, il fut décidé que les règles de comportements vis-à-vis du Coran (qui étaient déjà en place) seraient strictement appliquées. Donc même dans ce lieu de simulation de noyade, insulter le Prophète est considéré comme hors des normes de comportement civilisé. Mais, visiblement, pas à Paris.
    Qu’en est-il des lois sur la diffamation ? Ne sont elles pas là pour protéger les gens de la douleur due au discours de quelqu’un d’autre? Est-ce que l’on se fout de voir un être cher se faire insulter ou ridiculiser?
    Alors de qui se moque-t-on ici? D’autres exemples sont-ils nécessaires pour montrer que tout le monde en Occident sait déjà que des caricatures comme celles publiées par Charlie Hebdo entraînent une douleur morale chez les musulmans? Et nous ne parlons pas de plumes froissées ou de simple irritation, nous parlons ici de véritable détresse morale et psychologique, de celles dont la civilisation occidentale et ses normes légales essaient de protéger la population.
    Cette vérité que personne n’ose dire mais que je dirai ici pour vous est simple : les élites occidentales ont la même attitude vis-à-vis du monde musulman que Victoria Nuland a vis-à-vis de l’Union européenne : Fuck them. Car c’est le message que non seulement les caricatures de Charlie Hebdo, mais tout le cirque médiatique autour du massacre de Paris, a envoyé au monde musulman. On s’en fout de vous, de votre religion et de votre Prophète, on s’en fout de vous et de vos morts. Les milliers, voir les millions de musulmans morts (l’Irak, ça vous dit quelque chose ?) ne valent pas nos douze tués. Nous allons limiter votre liberté d’expression, mais ne venez pas toucher à la nôtre.
    Et si un musulman ose répliquer, on lui rappelle immédiatement ses lapidations, ses burqas, ses attaques terroristes… avec l’inévitable argument massue : l’islam n’est pas en position de faire la leçon a la civilisation occidentale. Hélas, l’islam est vulnérable face a de telles accusations car il supporte la peine de mort et utilise des méthodes d’exécution inhumaines, mais c’est loin de ne représenter que l’islam.
    Premièrement, jusqu’à récemment l’Occident avait aussi recours à de nombreuses méthodes d’exécution qui étaient pires que celles légales sous l’islam. (Ceux qui en doutent peuvent se reporter au texte wikipedia sur Robert-François Damiens ou se souvenir que la France n’a aboli la guillotine qu’en 1981 et contre l’avis populaire.)
    Deuxièmement, au moins l’islam est honnête à propos de ses punitions. Il n’y a qu’à comparer avec les États-Unis, où des gens sont officiellement condamnés à des peines de prison comme dans les autres pays civilisés, mais où il est bien connu, compris et accepté que les chances d’y être brutalement assailli ou sodomisé sont très fortes, en particulier si vous êtes faible. Ou bien d’autres sont maintenus en cellules d’isolement total, que les Nations-Unies considèrent, à juste titre, comme une forme de torture.
    Deuxièmement, il est artificiel de comparer deux (ou plus) civilisations en comparant leur seul code pénal. Pourquoi ne pas comparer aussi les autres formes de violence telles que les guerres ou les génocides?
    Dans ce cas, même les pires des musulmans (les Ottomans) n’arrivent pas à la cheville des Européens. Désolé si j’offense ces derniers, mais c’est un fait. Même si on trouve, bien sûr, de nombreux exemples d’atrocités perpétrées par des musulmans (les Ottomans ou les Perses en particulier), comparé à ce qu’ont fait les Occidentaux sur des continents entiers (l’Afrique, l’Amérique du nord ou du sud), ils deviennent de simples incidents. Bien sûr, les Occidentaux ne connaissent pas grand-chose à ce sujet car ils vivent dans la confortable narrative d’une Europe civilisée, héritage de la civilisation grecque et romaine (un mensonge car l’Europe d’après les Francs a redécouvert l’Antiquité grâce aux musulmans et aux juifs !), alors que les musulmans ne seraient que des gardiens de chèvre sortant de la péninsule arabique.
    Narrative confortable pour sûr, mais factuellement erronée. Les musulmans, en revanche, connaissent cette partie de l’histoire et n’apprécient pas d’être traités de haut par ces mêmes Occidentaux, qu’ils considèrent plutôt comme brutaux et assoiffés de sang.
    Troisièmement, il y a une caractéristique du monde moderne occidental qui le place à part des autres mondes. L’absence quasi-totale de sacré.
    Pour un Occidental moderne, laïc et éduqué, il n’y a pas grand-chose qui soit sacré [A part le drapeau français, Ndt]. Dans le temps, les femmes et les mères étaient encore sacrées car qui disait à un Italien ou à un Espagnol cornuto ou hijo de puta risquait le coup de poignard. De nos jours, un groupe de rap français s’intitule fièrement Nique ta mère. Je suppose que certains diront que c’est le progrès. Aux États-Unis, le drapeau est sacré, au moins pour certains. Et donc, apparemment, pour des millions de personnes en France, la liberté d’expression, même délibérément offensive, est sacrée. Sauf quand elle est dirigée envers les juifs, auquel cas elle vous conduit en prison. Pour la majorité des musulmans, les prophètes sont si sacrés que chaque fois qu’ils mentionnent leur nom, ils ajoutent « sallallahu alayhi wasallam » (que la paix soit avec lui). Maintenant, il n’est nul besoin d’être musulman ou d’approuver le prophète pour être capable de comprendre que le prophète Mohammed est chéri par les musulmans au point d’être sacré. Le fait qu’il n’y ait plus de sacré en Occident ne veut pas dire que le reste du monde soit tombé à un même niveau de dégénérescence ou que ceux qui ne considèrent rien comme sacré ont le droit d’imposer leur désacralisation du monde, leur indifférence aux autres, et de les offenser au plus profond de leurs croyances.
    Le slogan « Je suis Charlie » Une opération psychologique ou l’agonie du sacré?
    Et le plus révoltant est l’Occidental qui tire sa fierté d’offenser les sentiments de ceux qui considère encore certains sujets comme sacrés. C’est précisément ce qu’était Charlie Hebdo. Ce n’était pas un débat, c’était une quête sans fin pour devenir le journal le plus offensant, brutal et vulgaire d’Europe. D’ailleurs, avant cette opération psychologique ce journal dégoutant et stupide tirait à 60 000 exemplaires pour un pays de 66 000 000 d’habitants. Mais bon, visiblement, quelques Français semblent plus importants que les autres (mais ce n’est pas nouveau). Une fois encore, deux poids deux mesures.
    En regardant de près l’opération Charlie Hebdo, on remarque inévitablement un deux poids deux mesures et des logiques fallacieuses partout. On remarque que certains discours sont plus libres que les autres, que certaines victimes importent plus que les autres, que certaines atrocités sont plus atroces que d’autres et que certaines douleurs sont plus respectées que d’autres. Mais ce qui m’a rendu le plus malade dans cette histoire est cette solidarité avec ceux qui ont fait de l’insulte un noble art, ces héros qui ont été glorifiés pour leur courage à infliger une douleur psychologique à d’autres. Je ne vois rien de noble dans tout cela et le fait qu’ils aient été brutalement et vicieusement assassinés par, apparemment, un gang de takfiris allumés ne les rend pas plus respectables pour autant.
    Autre chose : quelques-uns parmi vous ont exprimé leur rejet car le Sheikh Imran Hosein a dit:" que le plus grand Mal que le monde verra jamais dirigera de Jérusalem" [C’est, paraît-il, là-bas que viendront l’Apocalypse et le Messie, NdT]. "Vraiment, ce bon Sheikh est un antisémite sournois."
    J’aimerais bien que ceux qui parlent de l’Occident chrétien en sachent en fait un peu plus sur le christianisme, en particulier l’eschatologie chrétienne. Ce que le Sheikh disait ne diffère en rien de ce que les pères de l’Église disaient, c’est-à-dire que l’Antéchrist dirigera le monde de Jérusalem. Une recherche de cinq minutes sur internet m’a indiqué ces sources assez sérieuses :
    http://biblelight.net/fathers-on-antichrist.htm
    http://www.unitypublishing.com/prophecy/AntichristbySaints.htm
    http://www.earlychristianwritings.com/text/hippolytus-christ.html
    L’eschatologie musulmane est d’ailleurs remarquablement proche de celle du christianisme traditionnel. Une rapide recherche avec le terme « Dajjal » a indiqué ces sources:
    http://www.islaam.org/al_mahdi/dajjaal.htm
    http://islamqa.info/en/8806
    https://www.youtube.com/playlist?list=PL60F84B36 8D3270FF
    Quant au conseil du Sheikh Imran Hosein aux musulmans de France de partir pendant qu’il est encore temps, il est totalement en accord avec l’admonestation du Christ lui-même quand il a dit à ses apôtres : « Lorsqu’on ne vous recevra pas et qu’on n’écoutera pas vos paroles, sortez de cette maison ou de cette ville et secouez la poussière de vos pieds. En vérité, je vous le dis, au jour du jugement dernier, le pays de Sodome et de Gomorrhe sera traité moins rigoureusement que cette ville-là. » (Matthieu 10 :14-15). On n’est pas obligé d’être d’accord avec ce que dit le Sheikh, mais ce n’est pas une raison pour le traiter de fou ou d’antisémite.
    Franchement, ce que je vois se mettre en place est une campagne contre l’islam et contre les musulmans avant tout basée sur une ignorance totale du sujet. Je ne suis pas musulman et réprouve avec vigueur certains enseignements ou pratiques de l’islam. Je vous assure que je soutiens totalement ce que j’appelle l’ultimatum de Poutine aux allumés takfiris : arrêtez ou je vous extermine. Quand cela fut nécessaire, c’est exactement ce qu’il fit. Depuis 2000 la Russie a littéralement exécuté tous les dirigeants de l’insurrection tchétchène, sans exception. Certains furent tués en Russie, d’autres en Tchétchénie, d’autres même ailleurs, mais ils sont tous morts. Et la révolte wahhabite Icherkian a elle aussi été littéralement exterminée. Non seulement cela, mais Poutine a pleinement soutenu Assad, l’autre homme a n’avoir pas hésité à supprimer autant d’allumés takfiris qu’il pouvait (et le boulot d’Assad fut si bon qu’ils ont été obligés de battre en retraite en Irak). Et mes textes montrent que je soutiens Assad aussi. Et, finalement, j’ai toujours totalement soutenu le Hezbollah et le Sheikh Hassan Nasrallah, non seulement dans leur guerre de libération nationale contre Israël, mais aussi dans leur lutte contre la soi-disant opposition syrienne (où les allumés qui ont tiré sur Charlie Hebdo ont été formés).
    Quant à ceux qui prennent ombrage de mon affirmation que l’Occident ne peut pas gagner contre le monde musulman, je leur répondrai ceci : prenez l’exemple de la Russie et réalisez que les Russes peuvent tuer des Wahhabites mais qu’ils ne peuvent pas tuer le Wahhabisme. Il faut un musulman comme Akhmad Kadyrov et son fils pour vaincre l’idéologie wahhabite en Tchétchénie. Il en est de même pour l’Occident : quel que soit le nombre de terroristes de l’EI ou d’al Qaida tués par les services de sécurité occidentaux (ou qu’ils prétendent avoir tués), l’idéologie takfiriste ne pourra être vaincue que par les autres musulmans (qui en sont d’ailleurs les premières et principales victimes).
    Il n’y a qu’à écouter Hollande, Merkel ou Obama. Ont-ils autre chose à dire que des platitudes creuses et des mensonges insipides ? Pensent ils vraiment avoir des arguments contre les idées d’Oussama Ben Laden, d’Abu Bakr al-Baghdadi ou même de Muhammad ibn Abd al-Wahhab ou Taqi ad-Din Aḥmad ibn Taymiyyah ?
    Mais je pense que les dirigeants occidentaux sont trop arrogants et trop ignorants pour accepter cette réalité et qu’ils pensent pouvoir dominer leurs propres maléfices – c’est-à-dire d’avoir lâché le démon takfiriste contre le monde musulman et le démon nazi contre le Donbass. Je prétends qu’avec de pareils dirigeants, l’Occident n’a absolument aucune chance d’y arriver. Et en considérant que, de plus, année après année, les dirigeants occidentaux deviennent de plus en plus stupides, arrogants, pathétiques et dépassés, je ne vois aucune raison de croire que l’Occident puisse remporter le clash des civilisations qu’il a lui-même créé.
    Maintenant, pitié, ne tirez pas sur le messager.
    The Saker
    http://vineyardsaker.blogspot.fr/2015/01/in-charlie-hebdo-psyop-double-standards.html
    https://resistanceauthentique.wordpress.com/2015/01/23/le-slogan-je-suis-charlie-une-operation-psychologique-ou-lagonie-du-sacre/

  • Archives de Vigile Répondre

    22 janvier 2015

    Monsieur Perrier,
    Je vous remercie pour votre article qui est une invitation honnête à un dialogue raisonnable et respectueux dans le cadre de la liberté d'expression dans une société démocratique.
    Je questionne une liberté d'expression qui me permet de blasphémer gratuitement et d'insulter mon voisin à répétition, en montrant son prophète, les fesses nues, face contre terre, ou autrement de façon indigne à ses yeux dans une caricature qui ne fait pas rire un esprit raisonnablement critique quant aux valeurs d'une société qui prétend être démocratique et inclusive.
    Bien sûr, certains diront que c'est un droit. Il s'agit donc du droit de blesser autrui, de l'humilier quant à ses croyances religieuses, de lui cracher démocratiquement notre différence à la figure, et de répéter bêtement que nous vivons en démocratie. C'est pitoyable. Et nous parlons d'intégration. Oui, c'est pitoyable!
    Monsieur Perrier, vous amorcez un débat crucial qu'une société libre et démocratique doit permettre. Les points de vue discordants doivent être entendus en respectant les uns et les autres. J'espère qu'un Québec indépendant y parviendra.

  • Martin Perron Répondre

    22 janvier 2015

    Je présume que vous ne serez pas à la soirée de solidarité avec Charlie Hebdo prévue au Lion d'or le 26 janvier prochain.