Interventions politiques

Incorrigibles libéraux

Corrution libérale - Michelle Courchesne


Michelle Courchesne a été l’objet de vives attaques hier à l’Assemblée nationale, l’opposition réclamant rien de moins que sa démission. Mais les blâmes que lui a adressés le vérificateur général pour sa gestion déficiente du Fonds pour le développement du sport et de l’activité physique, pour être mérités, la rendent-ils inapte à siéger au Conseil des ministres ? Cela reste à démontrer.
L'opposition péquiste ne pouvait pas ne pas se saisir du rapport déposé par le vérificateur général la semaine dernière sur la gestion de ce fonds alors que Michelle Courchesne était ministre de l’Éducation, des Loisirs et des Sports en 2007 et en 2008. Elle est la ministre la plus loyale à Jean Charest, comme elle l’a démontré en acceptant de jouer le rôle de la méchante dans le conflit étudiant. Réussir à mettre en cause son intégrité serait porter un sévère coup au gouvernement à quelques mois des élections.
Quelles sont donc les erreurs commises par la ministre dans la gestion de ce fonds de 363 millions de dollars ? Essentiellement d’avoir laissé à son cabinet politique le soin de faire la présélection des projets admissibles. Sur les 918 demandes d’aide présentées, 418 ont été rejetées d’emblée en vertu du pouvoir discrétionnaire de la ministre, sans qu’il y ait eu d’analyse préalable par les fonctionnaires, comme le prévoyaient les règles du Fonds. Selon le vérificateur, les projets rejetés étaient similaires à ceux retenus. Il y a eu iniquité dans le traitement de ces demandes.
Cette façon de faire soulève évidemment des doutes quant aux motifs qui ont présidé à l’élimination de ces 418 dossiers. Comme l’opposition, on ne peut que s’interroger, surtout qu’à l’époque la ministre avait dû congédier son chef de cabinet, Jean-Sébastien Marineau, après avoir eu connaissance d’allégations de trafic d’influence dont elle avait informé la police. Selon La Presse, M. Marineau intervenait dans des dossiers touchant la construction de terrains de sport à surface synthétique.
Ces seuls doutes ne justifient pas la démission de Michelle Courchesne, pas plus que le rapprochement avec les blâmes portés à son encontre par le vérificateur il y a deux ans dans le dossier des 18 000 nouvelles places en garderie. Selon ses mots, le processus d’attribution avait laissé une « grande place à la subjectivité ». L’affaire était beaucoup plus sérieuse puisque des liens avaient été établis entre l’attribution de places à des promoteurs privés et le versement de contributions à la caisse électorale libérale. L’Unité permanente anticorruption s’était intéressée à ce dossier.
L’attaque de l’opposition péquiste fait pour le moins mal paraître Michelle Courchesne. Il y a eu intervention politique dans la gestion du Fonds pour le développement du sport, comme il y en a eu dans le dossier des garderies. Il en reste un doute que l’opposition cherche par ses attaques à ancrer dans l’esprit des électeurs, qui seront alors confortés dans leur opinion que les ministres du gouvernement Charest abusent de leur pouvoir discrétionnaire de décision.
Incorrigibles sont les libéraux à cet égard. Les cas d’interventions politiques survenus depuis qu’ils sont au pouvoir sont multiples. Pensons aux nominations de juges, un exemple venu de tout en haut. Ils croient qu’être au pouvoir leur permet de tout décider, mais ils confondent les rôles. Il leur revient d’adopter des politiques et programmes, pas de les mettre en oeuvre. Cela est le rôle de la fonction publique. Mais cela, ils ne le comprennent pas. Ou ne veulent pas le comprendre.


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