Mensonge à l'Éducation

Corrution libérale - Michelle Courchesne



(Québec) L'utilisation du mot mentir est interdit dans le langage parlementaire à l'Assemblée nationale. Il en découle que le droit à la vérité devrait être sacré, mais ce n'est pas le cas.
L'été dernier, la ministre de l'Éducation Michelle Courchesne a lancé un appel de propositions aux cégeps du Québec en vue de la création de trois nouveaux centres collégiaux de recherche et de transfert dans le domaine des pratiques sociales novatrices. Quinze collèges ont soumis des propositions. Les deux meilleures, celles de Maisonneuve et de Jonquière, ont été retenues par la ministre. La troisième, celle du Collège de Rosemont dans la circonscription de Louise Beaudoin, a été écartée au profit de la sixième, celle du Cégep de Victoriaville, dans la circonscription du libéral Claude Bachand.
Avant de crier au geste partisan, il faut faire la part des choses. Les deux autres projets retenus sont situés dans des circonscriptions péquistes. Mais toute décision de cette nature est suspecte si elle n'est pas expliquée, et encore plus si on ne dit pas la vérité. Or, c'est ce qui est arrivé.
La directrice du Collège de Rosemont, Patricia Hanigan, a reçu la réponse du ministère en date du 4 mai dernier. On lui a expliqué que sa proposition n'avait pas été «sélectionnée parmi les trois ayant obtenu la meilleure note, à la suite de leur évaluation par les jurys de la pertinence et de la qualité».
Pourtant, des membres du comité d'évaluation qui ont jugé les propositions ont révélé au Soleil que le Collège de Rosemont s'était classé troisième, alors que le gagnant, celui de Victoriaville, n'était qu'en sixième position.
La directrice du Collège de Rosemont n'a pas caché sa surprise et sa déception lorsqu'on lui a appris la nouvelle. «Je pense que la ministre se réserve la possibilité d'effectuer des choix mais s'il y a un jury, c'est justement pour faire en sorte que les décisions ne soient pas prises sur la base des lobbies, mais sur la base d'une analyse rigoureuse. Alors comme directrice générale de collège, je fais confiance à ce processus et j'espère que si la ministre l'a mis sur pied, c'est pour le respecter», a-t-elle déclaré hier.
Au bureau de la ministre, on a affirmé dans un premier temps que les décisions n'avaient pas encore été annoncées, ce qui s'est révélé erroné, après vérification auprès des cégeps. Un deuxième appel a permis d'apprendre que la ministre avait effectivement donné la préférence au Cégep de Victoriaville, afin d'assurer «une meilleure distribution régionale» aux projets. Finalement, c'est Mme Courchesne qui a appelé avec une autre version. Elle a reconnu que Rosemont était en troisième place, mais elle dit avoir choisi Victoriaville parce que les recherches sociales en matière d'agriculture sont très peu nombreuses.
Elle dit avoir été motivée par le questionnement actuel sur les modèles de l'agriculture, les problèmes de relève dans cette industrie, les problèmes sociaux et «l'immense détresse dans les familles d'agriculteurs, les femmes en particulier». Elle dit avoir consulté son collègue à l'Agriculture, Laurent Lessard, pour faire le lien avec les travaux de son ministère.
Les explications de Mme Courchesne semblent tenir la route, mais encore aurait-il fallu qu'on donne l'heure juste au Collège de Rosemont. La ministre a dit douter hier qu'on ait menti à Rosemont, mais elle a promis de vérifier. Si elle le fait, elle constatera que des excuses s'imposent. Pour le reste, on me dit qu'il existe déjà d'autres projets en cours touchant l'agriculture et que Mme Courchesne n'a fait que céder au lobby partisan de son collègue Lucien Lessard. Je laisse aux partis d'opposition le soin de vérifier tout ça.


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