SONDAGE CROP-LA PRESSE

Fini l'embellie pour les libéraux

Selon CROP, le niveau d'insatisfaction à l'endroit du gouvernement Charest a remonté de 10 points, à 66%, exactement à la hauteur où il se trouvait en janvier, avant l'élection des conservateurs à Ottawa.

2006 textes seuls


À Québec, tous les observateurs se demandaient si la remontée de la satisfaction à l'endroit du gouvernement Charest allait durer. Le verdict est tombé hier: l'embellie est terminée.
Pourtant, sous la houlette d'André Boisclair, le Parti québécois ne parvient pas à tirer profit de cette défaveur. Ce sont les nouveaux acteurs, Québec solidaire et le Parti vert, qui vont chercher les sympathisants péquistes depuis le début de l'année.
Le plus récent sondage CROP, réalisé pour La Presse, révèle que le niveau d'insatisfaction à l'endroit du gouvernement Charest a remonté de 10 points, à 66%, exactement à la hauteur où il se trouvait en janvier, avant l'élection des conservateurs à Ottawa. Chez les francophones, sept électeurs sur 10 sont désormais insatisfaits du gouvernement.
CROP constate que le nombre des «satisfaits» à l'égard du gouvernement a chuté de 39 à 30% en un mois. Encore une fois le nombre des gens «très insatisfaits» domine largement celui des «très satisfaits».
«Cela n'a pas été un bien bon mois pour le gouvernement» souligne le spécialiste de CROP, Claude Gauthier.
L'euphorie suivant l'élection des conservateurs s'est vite dissipée, et les controverses autour du parc du Mont-Orford, des hausses de tarifs d'électricité et de l'assurance auto ont capté l'attention. À noter que les entrevues de CROP étaient pratiquement terminées quand le ministre Michel Audet a déposé son budget créant le Fonds des générations.
CROP a testé la satisfaction à l'endroit des chefs des trois principaux partis. M. Charest obtient 28% de satisfaction. Il s'agit d'une remontée de huit points sur mai 2005, date de la précédente enquête de CROP sur la satisfaction à l'endroit des trois chefs. Ses adversaires, André Boisclair et Mario Dumont, ne suscitent guère plus d'enthousiasme.
Après quelques semaines d'engouement suivant son élection comme chef du PQ en novembre dernier, André Boisclair semble avoir sombré dans l'indifférence: 36% des Québécois se disent satisfaits de son travail, tandis que 38% se disent insatisfaits. Surtout, 26% soutiennent ne pas avoir d'opinion sur le nouveau chef, conséquence directe de l'absence médiatique de M. Boisclair qui commence à peine à être plus visible, explique M. Gauthier. Mario Dumont piétine avec 47% de gens satisfaits, contre 35% d'insatisfaits. L'an dernier, 51% des Québécois étaient satisfaits de son travail.
Montée des tiers partis
Quant aux intentions de vote observées par CROP, elles réservent une surprise de taille: les partis marginaux, Québec solidaire et le Parti vert, recueillent respectivement 7% et 8%, après répartition des 13% d'indécis. Cette montée se fait essentiellement aux dépens du PQ.
Sur un horizon de quatre mois, les mouvements apparaissent clairement. Le PLQ obtient 31% d'intentions de vote, le même niveau qu'en décembre. L'ADQ fait 15%, un point de plus qu'il y a quatre mois. En revanche le PQ, qui avait la moitié des intentions de vote en décembre chute à 39%. La différence? À l'époque, les tiers partis ne récoltaient que 5% des suffrages, ils en obtiennent désormais 16%.
Des élections cette semaine auraient permis au Parti québécois de former le gouvernement, «mais on ne parle plus de balayage ni de raz-de-marée», insiste Claude Gauthier. Une victoire sans éclat susceptible de réserver des surprises dans certaines circonscriptions chaudes.
Quant à la question référendaire, les forces en présence semblent sur leur quant-à-soi. Le camp fédéraliste l'aurait emporté si on avait reposé la question de 1995 sur la souveraineté-partenariat, avec 55% contre 45%. Le mois précédent, le score était de 57% contre 43%. C'était beaucoup plus serré en janvier avec 52% contre 48%.


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