Fin de la session parlementaire à Québec

Jean Charest et André Boisclair évitent le mot «Noël» - Mario Dumont le prononce et fait un bilan très critique de la rentrée du chef péquiste

Noël et Jour de l'An - 2010- 2011


Québec -- Peut-on encore se souhaiter un joyeux Noël à l'Assemblée nationale? En tout cas, ni le premier ministre ni le chef de l'opposition n'ont prononcé le mot «Noël» hier dans leurs voeux à la Chambre. Tellement que le chef adéquiste Mario Dumont a eu ce commentaire: «On me permettra un accommodement raisonnable pour souhaiter aux Québécois "joyeux Noël" en bonne et due forme.»
Pour certains, Noël n'est plus politically correct. Le [Toronto Star rapportait hier que la juge Marion Cohen->3361] a fait retirer cette semaine un arbre de Noël du hall d'entrée d'un tribunal dans la Ville reine. Dans une lettre, elle avait expliqué que ce symbole chrétien pourrait «choquer les gens d'autres croyances et cultures» et pouvait les pousser à conclure que l'institution n'est pas neutre à leur endroit. Le premier ministre Dalton McGuinty a condamné le geste mercredi. Cela faisait suite à une controverse à propos de 14 arbres de Noël à l'aéroport de Seattle. En 2002, la ville de Montréal avait créé un tollé en rebaptisant «arbre de vie» les arbres de Noël devant l'hôtel de ville. Elle s'était ravisée par la suite. Des employés de Patrimoine Canada ont récemment révélé qu'on préfère parler des «fêtes du solstice d'hiver». Sur le site Internet de Transports Canada, on note qu'en «décembre, les occasions de célébrer abondent: solstice d'hiver, Noël, Hannoucah, Eid-al-Fitr (premier jour après le ramadan)».
À Québec hier, les entourages de MM. Boisclair et Charest se sont montrés plutôt froissés que Le Devoir relève l'absence du mot «Noël» dans leurs discours d'hier. «Ah! Il y a un arbre à l'entrée du bureau du premier ministre et on l'appelle "arbre de Noël", ne vous inquiétez pas», a protesté Hugo d'Amours, attaché de presse du premier ministre Jean Charest. Ce dernier, a-t-il expliqué, avait parlé sans texte. Le même argument du discours «sans texte» a été utilisé par Joël Simard-Ménard, attaché de presse d'André Boisclair, qui a ajouté ceci: «Dans sa carte de "Noël" -- que vous allez recevoir bientôt --, il est bien écrit "Joyeux Noël"», a-t-il insisté.
Au bureau de Mario Dumont, le chef de cabinet Jean-Nicolas Gagné a expliqué les choses ainsi: «Nous, on est contre la tendance qui veut qu'on dise "Joyeuses Fêtes" plutôt que "Joyeux Noël". Dans certaines écoles, ces dernières années, on a corrigé des enfants pour qu'ils évitent le mot "Noël". C'est rendu qu'il faudrait parler de la fête du solstice! Heille!»
Bilan critique
Par ailleurs, le chef adéquiste a dressé hier un bilan très défavorable du gouvernement et du Parti québécois, notamment du chef André Boisclair. Selon lui, le gouvernement Charest a échoué en ce qui a trait à ses deux grands engagements: «les baisses d'impôt et la santé». Quelque 35 000 Québécois sont encore inscrits sur les listes d'attente d'une chirurgie «hors des délais acceptables», a-t-il fait remarquer. Aussi, deux Québécois sur trois n'ont toujours pas de médecin de famille. Pour éviter toute crise cet automne, a dit M. Dumont, le premier ministre a décidé de changer de stratégie, laquelle consiste à «ne rien faire».
Pour le chef adéquiste, André Boisclair a déçu, alors que l'automne devait être un moment fort pour lui. Il n'a pas su repousser le gouvernement «dans les câbles» et n'a pas donné une idée claire de ce que serait un gouvernement du PQ. De plus, selon lui, le scandale des courses de chevaux rappellera aux gens ce qu'est le «modèle péquiste». «J'ai bien l'impression qu'il y a pas mal de Québécois pendant les Fêtes qui vont regarder dans la tente, puis qui vont dire: on n'embarquera jamais là-dedans», a dit M. Dumont en évoquant le sketch auquel le chef péquiste a participé.
Le chef adéquiste était le premier à faire le bilan de la session parlementaire (la deuxième de la 37e législature), suspendue à 15h44 hier. En principe, elle devrait reprendre le 13 mars 2007, mais des élections générales pourraient en sonner la fin. En ajournant hier, la vice-présidente de l'Assemblée nationale a eu ces mots: «Joyeuses Fêtes.»


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