Daniel Gagnier, un stratège de Trudeau, nouveau chef de cabinet du premier ministre du Québec - Parisella défend le choix de Charest

Le PQ s'explique mal l'embauche de l'ancien fonctionnaire fédéral

PLQ - canadian d'abord et avant tout - les trahisons des Rouges


Québec -- Nouvellement sacré conseiller du PLQ de Jean Charest, John Parisella est intervenu hier pour offrir une «meilleure compréhension» du parcours professionnel du nouveau chef de cabinet du premier ministre, Daniel Gagnier.
Il réagissait à l'article du Devoir, qui rappelait samedi que M. Gagnier avait participé au coup de force du gouvernement de 1982 comme fonctionnaire lorsqu'il fut dépêché à Londres pour négocier la neutralité du gouvernement britannique et donc faire fi de l'opposition de Québec. Par la suite, M. Gagnier a été nommé «directeur exécutif» du Centre d'information sur l'unité nationale, qui relevait directement du ministre de la Justice d'alors, Jean Chrétien. Le CIUC a développé à l'époque un programme de commandites et de publicité pour promouvoir la loi constitutionnelle de 1982, adoptée sans l'accord du Québec.
Selon M. Parisella, ce n'était là que «la première phase de la carrière» du nouveau chef de cabinet de Jean Charest. Il fait remarquer que monsieur Gagnier a aussi été travaillé au gouvernement fédéral sous Brian Mulroney «dans un dossier fort névralgique pour le Québec, celui du libre-échange», écrit-il dans une lettre reproduite dans ces pages. Plus tard, fait remarquer M. Parisella, M. Gagnier a été chef de cabinet du premier ministre ontarien, David Peterson, «un proche et fidèle allié de Robert Bourassa lors de la négociation de l'Accord du lac Meech». L'attaché de presse de M. Charest, Hugo D'Amours, a d'ailleurs informé Le Devoir hier que M. Charest «partageait en tout point» l'opinion de M. Parisella.
La rumeur veut que ce dernier ait été sollicité pour devenir chef de cabinet de Jean Charest, après que Stéphane Bertrand a annoncé son départ. M. Parisella, aujourd'hui président de la firme de publicité BCP, a occupé ce poste au tournant des années 90, sous Robert Bourassa et Daniel Johnson fils. M. Parisella nie toutefois cette information en disant qu'il n'a même pas donné le temps à l'entourage de M. Charest ou à ce dernier de lui offrir le poste.
M. Parisella dit avoir eu affaire à M. Gagnier dans la période Meech-Charlottetown. «Je peux témoigner à l'effet que nous avons pu bénéficier d'un Québécois qui comprenait et qui sympathisait avec les positions du Québec», écrit-il.
«Je ne laisse rien passer», a dit M. Parisella en expliquant son nouveau rôle et son intervention pour soutenir M. Gagnier. Aussi, M. Parisella dit ne pas avoir apprécié les remarques empreintes d'ironie de l'ancien ministre libéral Jean Lapierre sur les ondes du 98,5 lorsqu'il a abordé le cas de M. Gagnier: «il faudrait mentionner qu'il a été un des 74 députés qui ont voté pour en 1982. Et quand il était avec [Paul] Martin, on [le gouvernement Charest] a eu toutes les misères du monde à faire accepter le fédéralisme asymétrique!»
Du côté du Parti québécois, hier, on s'est dit «surpris par le choix de Jean Charest», qui dit vouloir se «reconnecter avec l'électorat francophone» mais qui embauche quelqu'un qui a été «au coeur de l'opération du rapatriement de la Constitution, contre les voeux du Québec, une grande trahison», a commenté le critique en matière de relations intergouvernementales, Alexandre Cloutier. En plus, M. Gagnier a été directeur d'un organisme, le CIUC, qui «faisait la propagande de Trudeau et de son coup de force». Du côté de l'Action démocratique, on a expliqué hier de ne «pas vouloir commenter la gestion interne» du Parti libéral.


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