États généraux de la coopération internationale au Québec

Combattre la pauvreté par des taxes pour les riches?

17. Actualité archives 2007


"Le concept de coopération internationale n'est plus d'actualité. Celui des relations Nord-Sud non plus. Et pourtant, la réalité qu'ils recouvrent persiste et les faits sont têtus : ils ne cessent de revenir sous d'autres formes, avec le front des pays pauvres aux négociations de l'OMC, avec le réveil de l'Amérique latine, avec la montée des échanges Sud-Sud."
C'est le constat que le directeur du Monde diplomatique, Ignacio Ramonet, devait faire hier aux États généraux de la coopération et de la solidarité internationales au Québec, qui se tiennent jusqu'à demain à Montréal, et où il est le conférencier invité.
L'événement est organisé par l'AQOCI (Association québécoise des organismes de coopération internationale), qui regroupe 56 OSC du Québec et qui se veut " un pont entre le Nord et le Sud ". Il se tient dans le cadre de Journées québécoises qui se clôtureront le 18 novembre, avec un spectacle au Kola Note.
Régime minoritaire
Le thème de la prestation de Ramonet : Les grandes problématiques mondiales dans les relations Nord-Sud. "On ne peut plus se battre seulement pour de petits projets qui, tout utiles et louables qu'ils soient, laissent intacte l'architecture du système mondial qui, lui, exacerbe les inégalités et la pauvreté", a-t-il dit hier à La Presse.
"Il faut voir l'ensemble du système mondial et son fonctionnement. Or, le petit groupe de pays riches de l'OCDE, que l'on retrouve à l'OTAN et en position dominante au club du veto à l'ONU, au FMI, à la Banque mondiale, à l'OMC, au G8, ne peut plus continuer à imposer ses intérêts à la majorité mondiale. C'est ça la question Nord-Sud", selon lui.
En attendant que les 192 pays membres de l'ONU s'entendent sur la réforme incontournable de l'architecture mondiale, Ignacio Ramonet, fondateur de ATTAC (Association pour une taxation des transactions financières pour l'aide aux citoyens), propose une série de taxes minimes sur la consommation dans les pays riches pour alimenter des fonds de lutte contre la pauvreté et pour le développement.
"ATTAC s'est fondé sur l'idée du Nobel américain de l'économie James Tobin de taxer les transactions spéculatives sur le marché des devises. La France a institué une taxe sur les billets d'avion, de 15 euros en classe affaires, cinq euros en classe économique. Il y a 110 pays qui sont d'accord avec cette idée. On peut penser à des taxes analogues sur les ventes d'armes, l'énergie non renouvelable", explique-t-il.
"Dans les États occidentaux, l'impôt sur le revenu a été instauré dans les années 20. Ça a fait tout un tollé. La TVA est apparue dans les années 60. Nouveau tollé. Mais c'est entré dans les moeurs. Maintenant, il faut traiter l'espace économique mondial comme un tout et organiser la redistribution des richesses par des taxes semblables. Et il s'agit de s'entendre sur la meilleure façon de gérer cela, globalement", a-t-il expliqué.


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