Appel à tous les Québécois bilingues

2005


samedi 8 janvier 2005
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Je lance un appel à tous les Québécois qui s'expriment très bien en anglais, aux anglophones des régions de la capitale nationale et de l'Estrie en particulier qui lisent les journaux français. Je les invite à traduire les propos qui suivent, à les développer en les reprenant à leur compte s'ils le veulent, et à les diffuser le plus largement possible dans Internet (www.nationalpost.com ; www.theglobeandmail.com ; www.thestar. com ) et surtout à la Canadian Broadcasting Coporation (www.cbc.ca ), de Toronto elle aussi... Il y a tout de même une limite à se faire insulter !
Disons d'emblée que Jean Charest ne contribue guère à la bonne réputation du Québec avec des décisions aussi idiotes que cette contribution de 100 000 $ - un cent par habitant ! - aux victimes du raz-de-marée en Asie du Sud, et surtout en l'expliquant aussi mal, ce qui semble chronique chez ce gouvernement.
Statistique Canada relève chaque année que, de tous les Canadiens, les Québécois sont les moins généreux, et ceux qui font le moins de bénévolat. Dans les circonstances présentes, non seulement notre gouvernement a-t-il l'air pingre, mais les contributions individuelles à la Croix- Rouge représentent moins de 10 % de toutes les contributions canadiennes, beaucoup moins que notre poids démographique donc. J'eus beau, avec un groupe de journalistes anglais, rappeler que les Québécois "paieront" aussi, à même leurs impôts, 24 % de tous les dons fédéraux, rien n'y fit.
Cela dit, il est de bon ton de "taper" sur le Québec ou, ce qui est encore plus hypocrite, de l'ignorer lorsqu'il fait de bons coups. Deux jours de suite, le National de la CBC, l'équivalent de notre Téléjournal, a fait un reportage sur des groupes d'artistes qui, de Halifax à Vancouver, ont organisé des concerts en faveur des victimes des tsunamis. Pas un mot sur ce groupe d'artistes qui, à Montréal, en deux concerts, a réuni une somme de 24 000 $ pour la Croix-Rouge.
Ce qui enrage en premier lieu les commentateurs du Canada anglais, c'est que la plupart des chefs de gouvernement - Pierre Trudeau, Brian Mulroney, Jean Chrétien, Paul Martin - viennent du Québec depuis plus d'un demi-siècle. Ce serait ainsi à cause des Québécois que le gouvernement de Paul Martin n'arrive pas à se brancher sur la question du bouclier antimissiles balistique américain, tout comme c'est pour marquer des points au Québec que Jean Chrétien aurait refusé d'envoyer des troupes en Irak. Autrement dit, tout ce que le gouvernement fédéral fait de mal, c'est sous la mauvaise influence du Québec. Et tout ce qu'il fait de bien, c'est par opportunisme politique...
On ne cesse de nous reprocher ce contrat d'entretien des chasseurs F-18 accordé par le gouvernement de Brian Mulroney à Bombardier plutôt qu'à Bristol de Winnipeg. S'il vous plaît, chers lecteurs, expliquez au reste du Canada que ce contrat a été revendu à la filiale torontoise d'une compagnie américaine, et que Bombardier n'est pas davantage une entreprise "québécoise" que Ford, General Motors ou Chrysler ne sont des entreprises ontariennes. Il se trouve que Bombardier offre plus d'emplois ici que dans toute autre province, mais, outre qu'elle a aussi des usines ailleurs au Canada, aux États-Unis, en Europe, en Asie, c'est pour des raisons historiques, tout comme la quasi-totalité des emplois de l'automobile est en Ontario. Doit-on renoncer au génie de nos inventeurs ?
"Le scandale des commandites est un scandale exclusivement québécois", écrit un autre columnist. Ah oui ? Chuck Guité est du Nouveau-Brunswick que l'on sache. Et la plupart des sous-ministres qui l'ont couvert d'honneurs sont du reste du Canada. Le scandale des commandites, c'est d'abord un "scandale d'Ottawa".
On nous reproche tout ce qui va mal ou coûte cher... Le programme des langues officielles, par exemple, coûte cher parce que trop de fonctionnaires fédéraux sont unilingues anglophones et qu'il faut, de peine et de misère, leur faire entrer une deuxième langue officielle dans la tête. Je ne connais pas beaucoup de fonctionnaires francophones qui doivent prendre des cours d'anglais !
Au Canada anglais, on établit une relation presque automatique entre tout ce qui va mal et le Québec parce que le premier ministre est Québécois et qu'il prend ses décisions en fonction de ses intérêts électoraux dans la "Belle Province". On nous reproche ainsi la réduction des budgets militaires et le quasi-retrait du Canada de l'OTAN parce que les Québécois seraient plus pacifistes, voire antimilitaristes ! On ira expliquer cela aux gars et aux filles de Valcartier. On déplore aussi l'influence du Québec sur la politique étrangère.
Mais tout cela était vrai au temps de Lester Pearson. John Diefenbaker ne se conduisait pas autrement pour obtenir l'appui des organisateurs unionistes de Maurice Duplessis. Et Joe Clark, pour le peu de temps qu'il a été au pouvoir, a courtisé les Québécois et le gouvernement de René Lévesque.
Ce que les Canadiens anglais ne veulent pas admettre, c'est que leur pays est différent des États-Unis, et souvent meilleur, à cause de l'influence du Québec. Ces "valeurs canadiennes", dont les politiciens fédéraux se réclament pendant les campagnes électorales, ont souvent prévalu parce qu'elles étaient largement partagées par les Québécois. L'abolition de la peine de mort, le droit à l'interruption de la grossesse, l'égalité des homosexuels : ce n'est tout de même pas avec l'appui des westerners que cela s'est fait !
Le libre-échange avec les États-Unis et le Mexique - dont l'Ontario ne se plaint pas - , c'est bien grâce à l'appui des Québécois, y compris des "séparatistes", qu'il s'est réalisé. Et croit-on que Pierre Elliott Trudeau aurait pu donner au Canada une Charte des droits et libertés de la personne s'il n'avait eu 73 députés du Québec pour assurer sa majorité au Parlement ?
La vérité toute simple est que le Canada a grandi grâce au Québec et aux chefs politiques issus du Québec. Cela emmerde certaines têtes carrées du Canada anglais, non parce qu'elles sont opposées aux politiques que nous inspirons, mais parce qu'elles nous les envient...
Mvastel@lesoleil.Com


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