Afghanistan: en savoir plus

Le Canada en Afghanistan


Dimanche et hier, cinq soldats canadiens sont morts en Afghanistan, dont un a été victime de " tirs amis ". Cela porte à 32 le nombre de nos militaires tombés au combat dans ce pays. Et rappelle douloureusement cet épisode où quatre d'entre eux avaient été tués accidentellement par l'aviation américaine.
Puisque ce sont les mauvaises nouvelles qui voyagent le plus efficacement et le plus rapidement, on a également appris, ce week-end, que la production d'opium en Afghanistan va battre tous les records en 2006. Les provinces du Sud, en particulier, où le Canada est impliqué avec les forces de l'OTAN, sont à ce point de vue hors de contrôle. Selon le Bureau des Nations unies de lutte contre la drogue et le crime, on récoltera cette année 6100 tonnes d'opium sur 165 000 hectares de terre af- ghane, l'équivalent de 92 % de la production mondiale, du jamais vu.
Ce n'est pas qu'une affaire de drogue. La culture du pavot nourrit la corruption et les chefs de guerre, la résistance armée et les trafics de toutes sortes. Surtout, par définition, elle constitue un handicap majeur à l'instauration d'un État de droit.
Or, dans les circonstances, il y a pire encore.
Cet échec patent sur le front du pavot, combiné aux difficultés militaires sur le terrain, amène en effet des questions que, pour un, le chef néo-démocrate Jack Layton a raison de soulever. La vaste entreprise occidentale engagée depuis 2001 en Afghanistan donne-t-elle des résultats concrets, surtout pour la population afghane, mais aussi en ce qui concerne la sécurité globale? Si oui, quels sont-ils? Ont-ils des chances de durer, ou s'émiettent-ils dès l'accès du premier taliban à une parcelle de pouvoir local? Que pense l'Afghan de la rue de tout ce branle-bas? Enfin, ce bilan étant éventuellement déposé, le jeu en vaut-il la chandelle?
On ne sait pas au juste.
Et c'est là tout le problème.
Car ce qui pousse dans les serres de l'ignorance, c'est la démagogie et les débats oiseux.
Ainsi, nonobstant la dure opération des trois derniers jours et la pertinence des interrogations qui s'ensuivent, on a la solide impression que la démarche de Jack Layton est faite essentiellement de petite politique- en vue, bien sûr, du congrès national de son parti, le week-end prochain, à Québec.
Car, en demandant le retrait des troupes canadiennes de l'Afghanistan (et en conseillant des négociations avec les talibans, suggestion oiseuse mais pleine de poésie!), Layton annonce la couleur. Ce qui sortira de ce congrès- surtout une liasse de résolutions accablant Washington, à ce qu'on peut en prévoir- pourrait en effet atteindre de nouveaux sommets en matière de démagogie, de conformisme intellectuel et de bons sentiments.
Il n'empêche que rien n'est jamais inutile.
Si les experts de la chose militaire soutiennent toujours que les forces de l'OTAN en Afghanistan peuvent parvenir à stabiliser le pays, il faudra que la connaissance de ce qui s'y passe vraiment soit beaucoup plus abondante. Or, le gouvernement Harper n'a pas encore fait la preuve, c'est le moins qu'on puisse dire, que l'information est un de ses principaux soucis.
S'il souhaite rectifier le tir, le dossier idoine est tout trouvé.


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