Vision rouge, vision bleue

La plateforme électorale du Parti libéral est à l'image de son chef: minutieuse, idéaliste au point d'être naïve.

Élections fédérales du 14 octobre 2008



Le chef libéral, Stéphane Dion, répète que la présente campagne électorale oppose deux visions radicalement différentes du Canada. Cela était particulièrement évident hier, alors que M. Dion et son vis-à-vis conservateur Stephen Harper dévoilaient une nouvelle série d'engagements.

De son côté, le premier ministre a promis que s'il est réélu, son gouvernement rendra beaucoup plus sévère la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents. Certains des changements proposés sont raisonnables et se retrouvent aussi dans la plateforme électorale que les libéraux ont publiée hier. Mais d'autres mesures paraissent difficilement justifiables et ont été vivement critiquées, avec raison, par M. Dion et par le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe.
Les conservateurs proposent que les adolescents reconnus coupables de crimes violents soient passibles de sentences lourdes pouvant aller jusqu'à l'emprisonnement à vie pour un meurtre au premier ou au second degré. Dans le reste du pays, ce régime s'appliquerait aux jeunes de 14 ans et plus; au Québec, seuls les jeunes de 16 ans et plus seraient touchés.
Il ne s'agirait pas de sentences automatiques. Le tout serait à la discrétion du juge, et on peut penser que, compte tenu des principes de la Loi, des sentences aussi sévères seraient exceptionnelles, réservées à des jeunes qui, malgré leur âge, sont des criminels endurcis. On reste quand même mal à l'aise face à l'idée d'emprisonner un adolescent à vie (ce qui signifie qu'il pourrait rester en prison pendant au moins 25 ans). Les jeunes commettent de plus en plus de crimes violents, c'est vrai. Toutefois, rien ne dit qu'une mesure aussi draconienne aurait quelque effet dissuasif chez des adolescents assez mal en point pour tuer.
Voilà une bonne illustration de la vision bleue: à tout problème complexe existe une solution simple. Cette approche est sans doute populaire dans certains milieux. Dans la réalité, elle est rarement efficace.
La plateforme électorale du Parti libéral est à l'image de son chef: minutieuse, idéaliste au point d'être naïve. Elle est aussi conforme à la vision libérale: à chaque problème existe une solution gouvernementale passant par la création d'un nouveau programme, millions à la clé. Ainsi, si les libéraux sont portés au pouvoir, ils créeront le Fonds pour la prospérité et les industries de pointe (qui a déjà son sigle, PIP), le Fonds pour les besoins régionaux des agriculteurs (FBRA), le Fonds pour la pêche et les transports verts, le Fonds pour l'eau, un Fonds interdisciplinaire pour la viabilité, le Fonds de partenariat pour la rénovation de logements modestes, etc.
Les nouvelles dépenses et mesures fiscales comprises dans le plan libéral coûteraient la rondelette somme de 55 milliards sur quatre ans. Le tout serait financé par la taxe sur le carbone (40 milliards) et par les surplus attendus pour les prochaines années, soit 15 milliards. Les libéraux n'ont pas aminci leur programme pour tenir compte de la menace d'une profonde récession mondiale qui nous pend aujourd'hui au bout du nez. Sont-ils trop occupés à leur campagne pour réaliser la gravité de ce qui se passe à Wall Street? Une telle attitude n'est pas du tout conforme à la «gestion fiscale responsable» que promet M. Dion.

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André Pratte878 articles

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[une chronique intitulée « Tout est pourri » (critique de Anne-Marie Gingras) ->http://books.google.fr/books?id=EZWguAMXAtsC&pg=PA27-IA27&lpg=PA27-IA27&dq=pratte+Tout+est+pourri&source=bl&ots=MUti9NTQuH&sig=h2zgJlLgOg844j5ejxnUl4zH2_s&hl=fr&sa=X&ei=73RrT8aQEqnh0QHuh4GyBg&ved=0CEEQ6AEwBQ#v=onepage&q=pratte%20Tout%20est%20pourri&f=false]

[Semaine après semaine, ce petit monsieur nous convie à la petitesse->http://www.pierrefalardeau.com/index.php?option=com_content&task=view&id=30&Itemid=2]. Notre statut de minoritaires braillards, il le célèbre, en fait la promotion, le porte comme un étendard avec des trémolos orwelliens : « La dépendance, c’est l’indépendance ». « La soumission, c’est la liberté ». « La provincialisation, c’est la vraie souveraineté ». « La petitesse, c’est la grandeur ». Pour lui, un demi-strapontin à l’Unesco est une immense victoire pour notre peuple. C’est la seule politique étrangère qu’il arrive à imaginer pour le peuple québécois. Mais cet intellectuel colonisé type n’est pas seul. Power Corp. et Radio-Cadenas en engagent à la poche.





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