Les vrais coûts du Bloc

Ce qui coûte cher à la longue, c’est la faible représentation du Québec dans les caucus des partis qui gouvernent le pays.

Les Québécois cesseront de voter pour le BQ quand ils se considèreront comme des Canadians. Et ce n'est pas demain la veille...

Le Parti conservateur a lancé hier une nouvelle campagne de publicité visant le Bloc québécois. La campagne a pour thème «Les coûts du Bloc». Elle comporte un site internet et un camion transportant un grand panneau-réclame sur lequel on peut lire : «Avec le Bloc, on ne reçoit que la facture : 350 millions.»

Cette publicité est simpliste à l’extrême, voire trompeuse. Les députés bloquistes ne coûtent pas plus cher que ceux des autres partis. De plus, on a tort de prétendre que leur présence à Ottawa n’a produit aucun résultat.
En réalité, le Bloc québécois a joué un rôle important en politique fédérale. Il est vrai que très peu de ses projets de loi ont été adoptés. Cependant, le parti fondé par Lucien Bouchard a défendu avec intelligence et vigueur les intérêts du Québec tel qu’il les percevait. L’attrait constant qu’exerce le Bloc sur l’électorat québécois a forcé les autres partis fédéraux à revoir leur philosophie et leur stratégie, ce qui a mené, notamment, à la reconnaissance de la nation québécoise par la Chambre des communes. Enfin, le Bloc a montré aux politiciens du reste du pays que le mouvement souverainiste n’est pas composé d’écervelés ou d’intolérants, qu’il peut compter sur des leaders de grand calibre.
Le coût de la présence du Bloc à Ottawa est ailleurs que dans le salaire de ses députés et dans la maigreur de son bilan législatif. Ce qui coûte cher à la longue, c’est la faible représentation du Québec dans les caucus des partis qui gouvernent le pays. On a beaucoup déploré le fait que le Québec compte peu de ministres solides dans le cabinet Harper. Or, cette situation résulte du fait que nous avons élu seulement 10 députés conservateurs en 2006. Le temps venu de former son cabinet, le premier ministre n’avait pas l’embarras du choix…
La présence d’un fort contingent de Québécois au cabinet n’est pas une garantie que toutes les décisions prises à Ottawa satisferont le Québec. Quand on fait partie d’un gouvernement, on doit tenir compte des réalités de toutes les régions, de contraintes budgétaires et politiques de toutes sortes. Autrement dit, il faut parfois faire des compromis (ce qui ne veut pas dire des compromissions). Cela fait partie de la responsabilité de gouverner, cela fait partie de l’appartenance à un pays. Les Québécois commettraient une grave erreur en laissant la gouverne du Canada à leurs concitoyens des autres provinces. [Ils doivent au contraire prendre toute leur place au gouvernement fédéral, y faire valoir leur génie propre, leur créativité, leur énergie. Imprégner non seulement les décisions qui touchent le Québec mais celles qui concernent le Canada tout entier.->15232]
L’heure est venue pour les Québécois de se demander s’ils souhaitent continuer d’envoyer à Ottawa une majorité de gérants d’estrade, aussi talentueux soient-ils, ou s’ils veulent y déléguer des décideurs. Des gens qui ne sont pas seulement «présents pour le Québec», mais qui agissent pour le Québec et pour le Canada.

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André Pratte878 articles

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[une chronique intitulée « Tout est pourri » (critique de Anne-Marie Gingras) ->http://books.google.fr/books?id=EZWguAMXAtsC&pg=PA27-IA27&lpg=PA27-IA27&dq=pratte+Tout+est+pourri&source=bl&ots=MUti9NTQuH&sig=h2zgJlLgOg844j5ejxnUl4zH2_s&hl=fr&sa=X&ei=73RrT8aQEqnh0QHuh4GyBg&ved=0CEEQ6AEwBQ#v=onepage&q=pratte%20Tout%20est%20pourri&f=false]

[Semaine après semaine, ce petit monsieur nous convie à la petitesse->http://www.pierrefalardeau.com/index.php?option=com_content&task=view&id=30&Itemid=2]. Notre statut de minoritaires braillards, il le célèbre, en fait la promotion, le porte comme un étendard avec des trémolos orwelliens : « La dépendance, c’est l’indépendance ». « La soumission, c’est la liberté ». « La provincialisation, c’est la vraie souveraineté ». « La petitesse, c’est la grandeur ». Pour lui, un demi-strapontin à l’Unesco est une immense victoire pour notre peuple. C’est la seule politique étrangère qu’il arrive à imaginer pour le peuple québécois. Mais cet intellectuel colonisé type n’est pas seul. Power Corp. et Radio-Cadenas en engagent à la poche.





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