Une centaine de Grands Amis unissent leurs efforts pour prêter main-forte au «Devoir»

La direction du journal espère qu’un total de 200 donateurs contribueront au fonds visant à financer des projets spéciaux de développement

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Nous aimerions cependant un peu plus de combativité face au régime

Pour faire face à la tempête qui ébranle l’univers médiatique, Le Devoir pourra bénéficier de l’aide d’une centaine de donateurs qui se sont joints au nouveau Fonds des Grands Amis du Devoir visant à financer des projets spéciaux de développement.

« Le Devoir n’a pas derrière lui de grands groupes financiers qui puissent le soutenir, financer ses projets de développement et passer à travers les tempêtes économiques, mais il a des amis qui sont toujours là dans les moments importants », a soutenu le directeur du Devoir, Bernard Descôteaux, lors du lancement du Fonds mardi matin en compagnie de plusieurs dizaines de donateurs. Celui-ci s’est félicité de voir que les Grands Amis du Devoir sont issus de tous les milieux : économique, politique, culturel, communautaire, syndical.

Aux prises avec des difficultés financières importantes, la direction du Devoir a dû procéder à des compressions majeures à l’automne dernier. « Comme d’autres, nous avons comprimé nos dépenses, mais le danger serait, du fait que nous devons comprimer nos dépenses, d’arrêter ou de ralentir nos investissements du côté du numérique et de la création de nouvelles plateformes. Le Fonds des Grands Amis du Devoir va justement répondre à ce besoin. »

Conférencier invité, John Rick MacArthur, directeur du magazine américain Harper’s Magazine et collaborateur au Devoir depuis de nombreuses années, a livré un véritable plaidoyer pour la presse indépendante. « Je crains qu’aujourd’hui, notre indépendance, voire notre survie, aussi bien chez Harper’s qu’au Devoir, soient en danger. Non pas par la censure et l’intimidation classique promulguée par les politiciens […], mais par des changements violents déclenchés par l’arrivée d’Internet et du contenu gratuit. »

Selon lui, le bon journalisme coûte cher à produire. Et s’il aime l’idée du crowdfunding — le financement de reportages à la pièce par les lecteurs —, il préfère celle du groupfunding, qui réunit un petit groupe de gens autour d’un patron de presse indépendant.

Une idée des Amis

C’est justement l’idée que Serge Paquette a proposée au conseil d’administration des Amis du Devoir l’automne dernier. « On se demandait ce qu’on pouvait faire pour prêter main-forte au Devoir. Alors j’ai dit : on a beaucoup plus d’amis que vous pensez, on va créer un “ club des Grands Amis ” et on a fixé le prix à 1000 $ par année. C’est audacieux, mais je suis convaincu que nous allons atteindre notre objectif de 200 grands amis d’ici la fin de l’année. »

Chantal Fontaine a accepté de devenir une Grande Amie du Devoir pour « défendre l’indépendance du journalisme » au Québec, répond-elle tout sourire. « Le Devoir est le seul journal indépendant et c’est ce que j’apprécie », renchérit l’ancien ministre Serge Ménard. « Je pense que Le Devoir ne doit pas être mis de côté par la nouvelle génération qui, à tort ou à raison, a délaissé le papier. Il faut donc que Le Devoir soit solidement enraciné dans ce nouvel univers, c’est essentiel pour sa survie », note l’ancien directeur de Radio-Canada Alain Saulnier.


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