Un impact limité mais bénéfique pour l’accord Canada-Europe

Selon un économiste associé à l’institut C.D. Howe, l’effet du libre-échange sur le PIB canadien serait de 0,24%

Af3c4ab723e5c605828ca5a831a767b1

Ottawa prêt à compromettre la sécurité environnementale de l'espace maritime du Québec au bénéfice de l'industrie pétrolière






L’accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne pourrait ajouter à peine un quart de point de pourcentage au produit intérieur brut canadien, avance un économiste de renom dans une analyse qui sera publiée aujourd’hui, jeudi, par l’institut C.D. Howe.


 

L’Accord économique et commercial global (AECG), dont l’entrée en vigueur provisoire est prévue le 1er juillet, couvre une multitude de secteurs d’activités et ouvre pour le Canada un marché de 800 millions de personnes réparties dans 28 États.


 

Selon Dan Ciuriak, qui a déjà été économiste en chef adjoint aux Affaires étrangères et au Commerce international, l’AECG incitera toutes sortes d’entreprises à explorer des façons d’exporter. Alors que ces échanges augmenteront le PIB européen de 0,02 %, celui du Canada ajouterait 0,24 %, conclut-il dans une analyse obtenue par Le Devoir.


 

Cette prévision de l’impact sur le PIB est inférieure à ce qu’a avancé le directeur parlementaire du budget au début du mois de mai. Jean-Denis Fréchette a estimé que l’AECG ajouterait 0,4 % au PIB, soit 7,9 milliards. Cela se traduirait par un gain de revenu moyen de 220 $ par personne.


 

« Ces gains [de 0,24 % et 0,02 % sur le PIB] ne conduisent pas à une transformation, mais sont bienvenus compte tenu de la difficulté à aller chercher des gains économiques », a indiqué M. Ciuriak dans son analyse. Il ajoute que l’accord est bénéfique, car il envoie aussi un « signal important » sur les frontières ouvertes.


 

M. Ciuriak, qui agit également à titre de « fellow en résidence » à l’institut C.D. Howe, croit toutefois que l’accord pourrait bénéficier de certaines révisions. Il suggère notamment de relaxer certains aspects des règles d’origine pour inciter les PME à exporter davantage. Par ailleurs, il propose de modifier le mécanisme de règlement des différends — qui encadre les conflits entre une entreprise et un État — pour préciser les sujets sur lesquels il est tout à fait « légitime » pour un gouvernement de légiférer.


 

Incertitude


 

La date d’entrée en vigueur provisoire, fixée au 1er juillet, se bute toutefois à deux problèmes potentiels ces jours-ci. Le réseau CBC a rapporté il y a quelques semaines qu’il existe du côté européen une certaine préoccupation concernant la répartition des importations additionnelles de fromage européen vers le Canada. De plus, CBC a affirmé mercredi que l’industrie pharmaceutique de l’Union européenne s’inquiète du fait que le Canada n’a pas encore fait de consultation au sujet de changements promis aux fabricants de médicaments génériques.


 

Divers médias ont rapporté mercredi que le premier ministre Justin Trudeau a appelé le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, pour plaider l’application provisoire le plus rapidement possible.


 

Selon un compte-rendu de la conversation téléphonique relayé par l’Agence France-Presse, M. Trudeau « a vivement recommandé que l’accord soit appliqué de manière provisoire le plus tôt possible afin que ses retombées puissent se concrétiser ».


 
> Lire la suite de l'article sur Le Devoir






Laissez un commentaire



Aucun commentaire trouvé