Un livre sur le scandale des commandites :

Tout n'a pas été dit sur le rôle de Martin, selon le journaliste Gilles Toupin

Par Rollande Parent

Élections 2006


Tout n'a pas été dit sur le rôle joué par Paul Martin relativement au programme fédéral des commandites, avance Gilles Toupin, journaliste à La Presse, dans son livre tout chaud portant le titre Le Déshonneur des libéraux.
Contrairement à bien des commentateurs qui ont suggéré que le commissaire John Gomery a cherché à ménager Paul Martin dans son premier rapport, M. Toupin estime qu'il a exonéré le premier ministre parce qu'il devait s'en tenir à la preuve faite devant lui tout au long de ses travaux. Tel était son mandat.
Et les éléments d'information sur lesquels le journaliste se base pour jeter un nouveau regard sur la responsabilité de Paul Martin proviennent des travaux du Comité des comptes publics et de sa conviction que M. Martin a minimisé, devant le commissaire Gomery, l'importance de ses relations avec le couple Claude Boulay et Diane Deslauriers, du groupe Everest.
" Je prétends qu'il n'a pas tout dit. Il a caché avoir invité pendant quatre années consécutives le couple Boulay-Deslauriers à son dîner pour souligner les budgets successifs où il y avait autour de 70 personnes chaque fois. Il n'a jamais mentionné ça à la commission Gomery ou dans d'autres circonstances. Je prétends donc qu'on ne sait pas tout ", a lancé Gilles Toupin dans une interview téléphonique.
" On n'a pas non plus tenu compte des lettres reçues en 2002, d'un organisateur libéral, qui le prévenait de ce qui se passait avec l'argent des commandites ", a enchaîné le journaliste.
" Ces deux éléments me portent à dire que Paul Martin a été blanchi par le commissaire Gomery, qui n'a pas pu faire autrement avec les éléments qu'il avait en main. À mon sens, la question demeure en suspens, n'est pas réglée ", a-t-il renchéri.
Au juge Gomery, M. Martin a dit de Claude Boulay qu'il n'était qu'une " connaissance ".
Dans son témoignage, Claude Boulay a dit avoir rencontré M. Martin deux fois par semaine au moment de la campagne électorale de 1993. En outre, la femme de M. Boulay, Diane Deslauriers, a reconnu avoir reçu une lettre fort chaleureuse de M. Martin à la suite d'une invitation qu'elle lui avait lancée pour la fête entourant le 50e anniversaire de son mari.
M. Martin y faisait l'éloge de la beauté de Diane Deslauriers, rappelle M. Toupin dans son livre.
M. Boulay et son agence ont reçu entre 1994 et 2003 des contrats de commandite et de publicité totalisant 107 millions.
Gilles Toupin a consacré un an et demi à l'écriture de cet ouvrage de près de 350 pages.
" L'intérêt de ce livre, dit-il, tient au fait que les informations sont regroupées, d'où l'effet massue. "
" Il fallait absolument qu'un travail de ce genre soit fait pour que les informations ne s'éparpillent pas ", renchérit-il.


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