Suffisance, complaisance, démagogie et condescendance.

Sur quelle planète Monsieur Facal vit-il?

Tribune libre

Avez-vous lu l’article de Joseph Facal dans le Journal de Montréal du 2 avril 2012?
Hallucinant, saisissant de mépris, de suffisance et de prétention.
Le grand analyste des questions politiques de toutes espèces s’est surpassé. Le bon gouvernement pourrait connaître une défaite face au ‘pseudoprogressisme » québécois. Surtout qu’il s’agit de régler une affaire somme toute mineure…
Monseigneur Facal nous lance son prône du haut de sa tribune; je devrais dire de sa chaire; et de sa prétention en nous mettant en garde contre le danger qu’encourrait le gouvernement s’il cédait, ne gagnant ainsi aucun nouvel appui tout en perdant le respect de ceux qui approuvent sa calme détermination.
Quelle farce : la « calme détermination » du gouvernement !
Et que dire des bonnes âmes qui voudraient toujours plus de services publics «gratuits» ou presque, donc payés par les impôts du voisin ?
Ce texte fétide dégage les relents les plus nauséabonds de la suffisance, de la complaisance, de la démagogie et de la condescendance.
Affirmer : […Ce boycottage est certes agaçant, mais il ne met en péril aucune fonction vitale de notre société. Seule l’accréditation de la session scolaire est en cause, ce qui renvoie les étudiants à leurs propres responsabilités…] est un bel exemple de réductionnisme.
Ajouter que : [… Dans le Québec d’aujourd’hui, on semble penser que le gouvernement a un devoir moral de s’asseoir avec chaque groupe d’intérêt mécontent. C’est comme s’il n’était qu’un «partenaire» parmi d’autres et que toute la société devait se gouverner par une sorte de perpétuelle séance de négociation…] est une façon méprisante tout autant que réductrice d’analyser la situation à laquelle nous sommes confrontés, que nous soyons étudiants, parents, professeurs, administrateurs de nos institutions de savoir ou simples contribuables.
Se rabattre sur des exemples comme celui de la santé, que l’actuel gouvernement n’a réussi qu’à amplifier depuis qu’il est au pouvoir, n’a pour résultat que de nous démontrer le manque de jugement et l’abysse profond d’où M. Facal tire ses conclusions, abysse où règne une grande noirceur...
C’est à se demander où vit M. Facal.
Dans quel pays ?
À quelle époque ?
Dans quel monde ?
Sur quelle planète ?
Claude G. Thompson


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3 commentaires

  • Ouhgo (Hugues) St-Pierre Répondre

    6 avril 2012

    "Québécor se donne des airs nationalistes, mais cela ne porte pas à conséquence, si ce n’est que cela suffit pour masquer la complicité avec Power Corporation et amadouer du même coup certains indépendantistes." (L.P.)
    Mille Bravos! PKP profite d'une tribune magistrale en Star Ac pour laisser croire, par alliance, qu'il est avec nous... et il place dans ses pages bleues du journal, des pans d'Histoire de la Nouvelle-France...
    Un loup vêtu d'une peau de monton! (genre Guy A.?)

  • Archives de Vigile Répondre

    5 avril 2012

    Monsieur Facal est tout simplement un membre du club, c'est à dire de l'élite politique, économique et médiatique. Et les membres du club se recrutent autant au PQ qu'au PLQ.
    Ce n'est pas pour rien que le regretté Michel Chartrand disait que le PQ et le PLQ étaient tellement pareils qu'ils se ressemblaient comme une paire de fesses.

  • Archives de Vigile Répondre

    5 avril 2012

    Très bonne analyse, Monsieur Thompson.
    En fait, c'est pas mal tout Québécor qui conspue la grève étudiante. Quiconque lit le Journal de Montréal ces temps-ci remarquera que tous les chroniqueurs bavent plus ou moins sur les jeunes contestataires, soupçonnés, non sans raisons, de remettre en cause le modèle néolibéral. Facal, bien sûr, mais aussi Martineau, Dufour et même Mongrain, tous regardent de haut ces étudiants dont ils déplorent, écrivent-ils, le manque de réalisme, l'utopisme, le radicalisme.
    Or, en ce printemps 2012, au Québec, alors qu'on sent de plus en plus se lever un vent de rejet de l'ordre établi, tant économique que politique, n'est-il pas évident que le mouvement étudiant agit comme le levain dans la pâte ? L'éducation, nous rappellent tous ces jeunes, n'est pas, en principe, une marchandise soumise aux lois du marché. C'est un droit pour tous les citoyens et, par conséquent, l'accès aux études supérieures n'a pas à être régi par les détenteurs de capitaux.
    Ce message-là, Québécor ne l'aime pas, même si c'est celui qui révèle le mieux toute l'infamie, toute l'écoeuranterie, toute la pourriture de l'actuel gouvernement libéral de John James Charest. Et on voudrait nous faire croire que Québécor est l'antithèse de Power Corporation ? Foutaise ! Dans la défense de l'ordre établi, Québécor ne le cède en rien à Power Corporation.
    Certains diront peut-être que c'est vrai pour l'ordre économique, mais pas pour l'ordre politique. Encore là, pure foutaise ! Quand on prêche la soumission inconditionnelle à la loi du plus fort sur le plan économique, on est bien mal équipé pour en prôner le rejet sur le plan politique. J'admets d'emblée, par réalisme, que le capitalisme ne disparaîtra pas à court terme et qu'il nous faut donc d'abord, objectif plus facile et plus pressant, en finir avec la tutelle politique d'Ottawa. Mais entre ce réalisme en vertu duquel on doit viser la chute du colonialisme avant celle du capitalisme, entre ce réalisme-là et la bénédiction, la sanctification, la sacralisation, rien de moins, de l'ordre capitaliste, il y a quand même une sacrée marge !
    Les mêmes qui ont le réflexe d'accepter sans discussion les diktats de Wall Street auraient cependant celui de rejeter la domination d'Ottawa ? Il y a de tout dans la nature, je le sais, mais l'exception n'est jamais la règle.
    Québécor se donne des airs nationalistes, mais cela ne porte pas à conséquence, si ce n'est que cela suffit pour masquer la complicité avec Power Corporation et amadouer du même coup certains indépendantistes. Comme me le faisait remarquer M. Serge Savoie en commentaire à l'un de mes récents textes sur Vigile (http://www.vigile.net/Entre-guerre-et-diplomatie), «l’Oligarchie ne tenterait-elle pas... [d']écarter la menace en faisant croire qu’il existe une réelle rivalité et une liberté d’opinion au Québec ?».
    Luc Potvin
    Verdun