Rebondir - Boisclair donne une bonne journée de campagne

Québec 2007 - la question nationale



Les souverainistes ont sans doute trouvé dur le sondage défavorable publié en début de semaine. Or les jeux sont loin d'être faits ! L'électorat est encore mouvant et le débat des chefs est encore à faire. Le P.Q. a-t-il atteint un plancher, et le P.L.Q. un plafond ? Il est permis de croire que la campagne de Charest n’avancera plus sur des roulettes et que son bilan lamentable, ses promesses brisées, comme la petitesse de son régime, lui rejailliront en pleine face. Il est permis d’espérer que le P.Q. va rebondir dans l’opinion à partir de la semaine prochaine. Car ce jeudi 1er mars 2007, André Boisclair a eu une bonne journée de campagne.
Pourquoi ? Parce qu’il a fait montre de courage, de répartie et de conviction. M. Boisclair a commencé cette 9e journée de campagne par une entrevue à la Radio X, CHOI FM. Passer par l’antre de la Radio trash c’était, il faut le reconnaître, faire preuve de courage. Davantage, sa prestation fut plutôt bonne. On l'attendait avec une brique et un fanal. Par exemple, les animateurs ont conclu l’entretien en lui demandant s’il y avait une crise de la masculinité au Québec. Enchaînant sur la question du suicide abordée juste auparavant, Boisclair a saisi l’occasion pour signaler le problème du taux de suicide plus élevé chez les jeunes homosexuels.
Ensuite, M. Boisclair a délivré un discours devant une salle comble de l’université Laval qu’il a enthousiasmée avec son cri de liberté pour les Québécois et liberté pour la nation québécoise.
Surtout, M. Boisclair a très bien répondu à l’attaque grossière qu’un animateur de radio du Saguenay a débectée sur le candidat local Gaudeault et le chef du P.Q. Ce primaire alléguait que des ouvriers saguenéens ne voteraient sans doute pas pour un « club de tapettes ». Boisclair a répondu en évoquant l'idéal d'égalité et de liberté de millions de Québécois. Je crois que tout d’un coup, les gens risquent d’écouter ce que dit le chef péquiste, parce qu’il parle avec conviction et qu'il défend ses convictions vigoureusement. C'est en montrant ce qu'il a dans le ventre qu'il pourra être apprécié des Québécois, des souverainistes au premier chef.
Prenons l’exemple des accommodements raisonnables. Boisclair a exprimé très clairement sa position : sur le kirpan, sur la polémique entourant le hijab au soccer. Il s’est dit inébranlable « comme le roc » devant les positions divergentes exprimées par les candidats Marceau et Legendre. N'étant pas moi-même d’accord avec la position « libérale » de M. Boisclair, puisque partisan d’une conception républicaine, comme plusieurs, ce qu'illustre notamment la position le kirpan, je puis reconnaître qu’il défend ses convictions sans chercher à racoler.
Qu’on soit d’accord ou non avec sa position, cela commande le respect. D’ailleurs j’estime qu’il a raison de demander que l’administration publique dispose de directives claires en la matière.
En outre, Boisclair a dédramatisé le processus référendaire – « je ne suis pas le propriétaire de l’idéal de souveraineté » - en rappelant qu’il reviendrait toujours à la nation québécoise de décider si elle désire se poser la question de l’indépendance ou réaliser la souveraineté.
Bref, M. Boisclair a eu une journée difficile à laquelle il a bien répondu, une bonne journée de campagne parce qu’il a montré aux Québécois de quel bois il se chauffe. Il a défendu ses convictions avec vigueur et répondu de manière inspirée à des attaques de bas étage.
En tout et partout, une étape déterminante qui permettra, j’en suis sûr, au Parti québécois de rebondir dans l’opinion et de relancer la campagne souverainiste sur la bonne voie.


Charles Courtois,

Montréal

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Charles-Philippe Courtois29 articles

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Charles-Philippe Courtois est docteur en histoire et chercheur postdoctoral à la Chaire de recherche en rhétorique de l'Université du Québec à Trois-Rivières. Il prépare la publication de La Conquête: une anthologie (Typo, automne 2009).





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1 commentaire

  • Archives de Vigile Répondre

    3 mars 2007

    Dans le cas du hidjab au soccer, mieux valait attendre mieux valait attendre la décision FIFA - IFAB avant de se prononcer. Elle confirme que Richard Legendre a raison.