Pour ne pas oublier les commandites

Option Canada - Rapport Grenier - les suites

Ex-militant du RIN et professeur retraité de l'Université de Montréal en sciences politiques, Édouard Cloutier considère que le tapage engendré par la commission Gomery s'est calmé un peu trop vite. Dans un essai intitulé Commandites et corruption canadienne. Lire le rapport Gomery, qu'il présente comme un «aide-mémoire», il affirme que les Québécois «ont le devoir sacré de ne jamais oublier cette colossale agression commise à l'égard de leur droit inaliénable à s'autodéterminer en toute liberté».

Selon lui, par les limites qui lui ont été imposées par le gouvernement Martin, l'enquête du juge Gomery s'est avérée «une entreprise qui devait servir autant, sinon plus, à camoufler qu'à révéler pleinement» les inavouables activités des libéraux au pouvoir. Dans ses rapports, Gomery «a blanchi l'ensemble de la classe politique de toute responsabilité» ou presque et a traité le scandale comme un cas de mauvaise gestion.
L'affaire, pourtant, était beaucoup plus grave. Cloutier parle «d'une véritable guerre que le gouvernement du Canada avait déclarée contre le mouvement souverainiste québécois» et d'un «viol systématique des consciences». La corruption, ajoute-t-il, est un mode permanent de gouvernance au niveau fédéral, surtout quand il s'agit de terrasser les souverainistes, et les ministres ne peuvent plaider l'innocence. L'épisode Gomery, sur ce plan, n'a rien réglé.
Édité à la va-vite (de nombreuses fautes de français, code typographique négligé), cet aide-mémoire se veut un procès de «la très honorable démocratie canadienne», qui devient bien fragile quand on la conteste, même en toute légitimité.
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Commandites et corruption canadienne - Lire le rapport Gomery
Édouard Cloutier, L'Action nationale, Montréal, 2007, 216 pages
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Collaborateur du Devoir


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