PI: halte là!

Le PI doit se ressaisir et s'inscrire dans l'histoire

Billet de Vigile

Les discussions actuelles autour de la stratégie référendaire montrent à quel point le PI aurait pu jouer un rôle majeur.
Faut-il ou non un référendum ? La réponse: il faut un appui populaire majoritaire, important, décisif pour enclencher un processus menant à l'indépendance. TOUS sont d'accord sur ce point... sauf le PI.
Et pourtant, la discussion ouvre la voie à un choix de stratégie éclairée en formulant les conditions d'une élection référendaire comme alternative légitime à un référendum hasardeux.
Une telle stratégie élimine les dangers d'un référendum exposé aux malversations de l'État canadian. Elle élimine aussi, du côté péquiste, la tentation de "gouverner une province", aux dépens de sa mission historique fondamentale qui est de fonder un pays... autrement qu'en en jasant de temps à autre.
***
Cette stratégie d'élection référendaire présuppose une Alliance, un Pacte, une Coalition entre les partis souverainistes. Plus encore, elle présuppose la volonté de renoncer au pouvoir provincial... Ce à quoi le PQ, vaisseau amiral du projet de pays, n'est absolument pas prêt à renoncer.
Et ce à quoi, le PI aurait pu remédier.
Le PI s'est braqué contre la mauvaise foi avérée du PQ qui, depuis 1995, utilise le projet de pays sans y donner suite une fois élu. Malheureusement, pour lui et pour nous, en guise de solution, le PI propose aux Québécois de fonder le pays SANS appui populaire. Monumentale erreur.
Alors qu'il aurait pu offrir aux Québécois LA solution véritable en s'engageant à "forcer" une Alliance des partis souverainistes pour gagner le mandat électoral clair et massif d'enclencher le processus d'indépendance. Il aurait pu se donner comme mission cet impératif de l'Union sacrée.
Sur cette base, le PI aurait sans aucun doute reçu un appui significatif des électeurs, déjà passablement désillusionnés des velléités péquistes. Fort d'un tel appui qui l'aurait consacré comme "agent liant" de cette Coalition, le PI aurait pu s'inscrire dans l'histoire immédiatement, sans s'imposer de tout reprendre à zéro.
L'indépendance est un projet qui a besoin d'appui populaire. Cet appui populaire a besoin d'un porteur affranchi de l'esprit référendiste. Ce porteur ne peut consister qu'en une Coalition des partis souverainistes. Et cette coalition a besoin d'un vecteur, d'un promoteur. Le PI aurait pu jouer ce rôle. Quel dommage! Mais quel grand dommage!
Et pourtant...
Le PI doit cela aux Québécois. À la noble cause. À lui-même!

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Bernard Frappier57 articles

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Fondateur, directeur et animateur de Vigile.net de 1996 à 2012.

Récipiendaire de la médaille Bene Merenti de Patria de la Société Saint-Jean Baptiste de Montréal, 2012.

« Bernard Frappier a réalisé une oeuvre d’une importance capitale dans le destin du Québec. Contre ceux qui voudraient effacer la mémoire de la nation, il a créé Vigile, grand phare et lieu de débat incomparable. » - Bernard Desgagné





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9 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    15 avril 2008

    La critique de M. Frappier me semble prometteuse. En effet, imaginons qu'au lieu de déclarer automatiquement l'indépendance une fois au pouvoir, le PI s'engage à obtenir l'assentiment de partis s'étant déclaré indépendantistes avant les élections et représentant ensemble au moins 55 % des votes exprimés aux élections (cette majorité qualifiée ayant pour but de donner aux élections une grande légitimité comme moyen de parvenir à l'indépendance).
    À défaut d'obtenir cet assentiment, il s'engagerait à tenir un référendum dans les plus brefs délais. En cas de vote défavorable lors du référendum, le PI s'engagerait à déclencher de nouveau des élections générales. Autrement dit, les électeurs seraient tenus de trancher une fois pour toutes et de cesser de vouloir un Québec souverain dans un Canada uni.
    La pression serait alors énorme sur le PQ, sur Québec solidaire et même sur les députés favorables à l'indépendance du Québec à l'ADQ et au PLQ. Mais oui, vous avez bien lu; il y a des députés au PLQ qui, devant la possibilité concrète de réaliser l'indépendance du Québec à court terme, seraient heureux de sauter dans le bateau. Il y aurait des transfuges, qui ajouteraient au poids moral des partis indépendantistes (mais qui ne pourraient pas contribuer officiellement à l'atteinte de la proportion de 55 %).
    Les députés, comme la population, attendent que le courant soit assez fort et le capitaine, assez déterminé, pour prendre le large. Le PI dirait ceci aux élus des autres partis: ou bien vous embarquez, ou bien c'est le référendum.
    Imaginons la scène lorsqu'en campagne électorale, le chef du PQ se ferait demander s'il compte appuyer le PI pour déclarer l'indépendance du Québec sans référendum. Difficile de dire non sans se faire accuser de «d'obsession référendaire» ou, pire encore, de «fédéralisme souterrain».
    N'oublions pas qu'au-delà de la volonté populaire, que l'on peut interpréter de diverses façons, même avec un référendum, la capacité de la nation québécoise d'accéder à son indépendance dépend de l'élection d'un gouvernement indépendantiste capable de tenir tête au régime fédéral et de faire respecter l'autorité de l'État québécois sur ton territoire. Devant la détermination d'un gouvernement indépendantiste fort de l'appui de plusieurs autres partis politiques, le Canada aurait le choix entre accepter ou s'opposer par la force. Ce deuxième choix n'en étant pas vraiment un pour un pays qui dit être un modèle de démocratie, il finirait par accepter assez rapidement.
    J'ai l'impression qu'une fois l'ère Marois révolue, si le PI n'a pas encore étudié sérieusement l'idée de fédérer les partis indépendantistes, c'est le PQ qui le fera.

  • Archives de Vigile Répondre

    15 avril 2008

    Monsieur le GRAND S,
    Pour apprendre à vivre ensemble, il faut une finalité commune. Saint-Exupéry disait la même chose: si tu veux unir les hommes, fais-leur construire une tour. Notre tour, c'est l'indépendance du Québec. Un peu plus haut. Un peu plus loin dit la chanson !
    Jacques Maritain, philosophe français, a écrit un volume dont le titre est révélateur à lui seul: DISTINGUER POUR UNIR. L'union vient de l'acceptation de certaines distinctions. Dans notre histoire récente, celles-ci n'ont pas été faites correctement. Le tableau étale nos profonds déchirements.
    Lors du référendum de 1995, par exemple, trois hommes étaient dans le camp du OUI. Le OUI de Jacques Parizeau n'avait aucune mesure avec le OUI de Lucien Bouchard. Et le OUI de Mario Dumont était à des kilomètres de distances de celui du Premier ministre et se mariait très bien avec le OUI confédéraliste de Lucien Bouchard. Ces «trois colombes québécoises» étaient sur le même podium, stratégiment parlant, mais politiquement parlant, ils n'étaient pas sur la même longueur d'ondes.
    Aujourd'hui, Mario Dumont pourfend le PQ et le PQ s'attaque résolument à l'ADQ. Dans les officines de ces deux partis, on essaie d'attirer les électeurs des camps respectifs, en vue d'une COALITION (?) qui mènerait un de ces partis au pouvoir.
    Afin de recommencer la terrible erreur de 1976. Prendre le pouvoir et remettre le combat qui allait trop bien dans les années antérieures.
    La solution - s'il en existe une - n'est pas dans la reprise en mains par les militants de ce que fût le PQ dans les années 1970-1973. Les apparatchiks vont s'assurer que cela ne se produisent pas. L'arrivée du PI montre bien que les indépendantistes n'ont plus leur place dans le Parti québécois, devenu parti provincialiste.
    Bonne chance à ceux qui rêvent et attendent la métamorphose péquiste. J'ai cessé de croire à scénario. Le combat, s'il doit continuer, doit se faire à partir de paramètres claires, des visions communes clairement établies.
    Pierre B.

  • Archives de Vigile Répondre

    15 avril 2008

    PI: halte là
    Ce que je déplore, de la plupart des Souverainistes ou indépendantistes, c'est de procéder à la Souveraineté ou
    l'Indépendance sans même avoir pris le temps d'apprendre
    à agir ensemble. Un dit une chose et l'autre son contraire.
    C'est pourquoi je suis contre la tenu d'un référendum
    parce que nous n'avons pas appris au Pq qu'il fallait tirer
    tous dans le même sens si non on fait du surplace comme on le
    fait si bien depuis 1995 au moins.
    Quand Mde Marois dit une chose prend-t-on le temps de
    comprendre ce qu'elle a dit, ce qu'elle voulait dire et si
    c'était fesable.
    La dernière fois qu'elle dit : C'est pas vargeux les demandes
    du plq il n'a même pas demandé au moins Meech !
    Et pendant ce temps là, Ottawa nous gruge et on passe la
    plupart de notre temps à nous tirer les cheveux!
    Charest a diminué le gouvernement du Québec et fait maintenant si bien qu'il a réussi à remonter dans les sondages
    sans même faire avancer le Québec d'un pouce ? Faut le faire.
    Des élections demain et Charest est réélu tu parles si
    on n'est pas dingue rien qu'un petit peut ?

  • Archives de Vigile Répondre

    14 avril 2008

    Au fait que font nos ennemis pendant ce temps ? Ils votent en bloc ! et contrôlent le PLQ pour détruire l'idée d'indépendance du Québec.
    "Tout royaume divisé périra." Ainsi le dit un proverbe. Ce fut vrai pour le Royaume d'Israel et c'est vrai pour le Québec. La profusion de partis politiques, alors que les assimilateurs fédéralistes angliciseurs eux font bloc à presque 100% contre le Québec français, ne donne rien.
    Le PI comme Québec Solidaire, comme l'ADQ, ne servent ultimement que la cause des ennemis du Québec. Etes-vous capables me dire à quoi servira un autre parti venant fractionner les votes francophone. C'est la triste réalité.
    Le PQ ne fait pas votre affaire ? Changez-le de l'intérieur! Créez un groupe de pression dynamque, agresssif et fonceur comme B'n Birth ! Mais de grâce arrêtez de fractionner et de diviser le vote du Québec français ! Sans un minimum d'unité nous n'allons nulle part. Pendant ce temps Jean Charest sable le champagne.

  • Archives de Vigile Répondre

    12 avril 2008

    Bravo monsieur Verrier!
    Il n'y a qu'une seule issue au cul-de-sac canadien pour la nation québécoise, c'est l'indépendance. Le programme politique du PI, c'est l'indépendance!
    Les péquistes et les référendistes ont voulu réinventer le système politique canadien dans lequel nous croupissons depuis trop longtemps.
    Le Canada réel, c'est le système parlementaire britannique. Nous y élisons des gouvernements dans un système uninominal à un tour. JOUONS-LE À FONDS ET À NOTRE AVANTAGE!
    Le politologue Guy Lachapelle qui prenait la parole la semaine dernière au Conseil de la Souveraineté ne nous disait-il pas:''Avant de chercher la reconnaissance ainsi que l'appui des autres; commençons par nous reconnaître nous-mêmes!''
    Faisons-nous confiance!
    Vive le PI! Vive l'indépendance du Québec!

  • Archives de Vigile Répondre

    12 avril 2008

    Bravo monsieur Verrier. Une mise au point s'impose et vous l'avez bien faite.
    Les étatpistes et les référendistes, n'ont le choix que de faire appel au peuple quant-il sera prêt. Voilà pourquoi le PQ à remis au calendre grec, son référendum. Alors que le PI, utilisera le système électoral canadien pour faire le pays en optant pour la majorité de ses députés élus à l'Assemblée nationale. Nous sommes en régime britanique et les décisions se prennent à la majorité des élus du parlement.
    Marcel Vaive
    Outaouais

  • Archives de Vigile Répondre

    12 avril 2008

    Pour le PI, je crois qu’il ne sera pas question de renoncer à la déclaration d’indépendance par voie électorale à moins que le Canada reconnaisse que la Constitution de 1982 n’est pas démocratique et qu’elle est par conséquent sans valeur. Ce qui est bon pour Jean est bon pour Jacques.
    En vertu de la Constitution et par tradition, un gouvernement élu a le pouvoir de légiférer. Il le fait pour les petites et grandes choses. On a un régime électoral, un seul, ou pas du tout. Il n’appartient pas aux indépendantistes
    de « perfectionner » la démocratie canadienne, il s’agit là d’une autre cause. Pas la nôtre.
    Les indépendantistes devraient, comme tous les autres Canadiens, accepter le régime électoral du Canada et de
    sa « Province of Quebec ». C’est le cadre prévu de l’exercice de la démocratie. Le régime électoral a bien sûr des « imperfections » mais il faudrait apprendre à vivre avec jusqu’à l’indépendance. Beaucoup ne semblent pas réaliser qu’avant d’être une question de reconnaissance internationale, le statut du Québec est d’abord une question canadienne, une question de politique intérieure.
    Les référendums, les élections référendaires, la double majorité et tutti quanti, les thèses et les livres qui se publient depuis quelques années (Sortie de secours, les Prophètes désarmés, etc.) se résument en bavardages sur des scénarios hypothétiques. Il y a bien sûr un arsenal de moyens qui peuvent être utilisés dans le cadre d’une lutte politique d’importance. Or, on ne peut décider 5 ou 10 ans à l’avance des moyens que la situation politique commandera d’employer. À mon sens, aucun de ces moyens n’a de valeur intrinsèque et n’a sa place dans un programme politique. Le programme politique, c’est l’indépendance. Le moyen : prendre le pouvoir en respectant les formes imposées par la Constitution du Canada, rien de plus.
    Que le programme du PI présente un potentiel pédagogique considérable sur la nature du Canada et sur son discours démocratique des deux poids deux mesures, certes. Que le programme du PI prépare l’opinion pour une Constitution plus démocratique que celle du Canada, j’en suis. Mais pourquoi faudrait-il renoncer maintenant à une position offensive qui offre, selon moi, d’importants avantages politiques ?
    Les objections que les fédéralistes ne manqueront pas de soulever à l’encontre de la démarche proposée par le PI peuvent être facilement et utilement retournés contre eux. À charge au Canada de prouver de manière convaincante que la Constitution de 1982 satisfait aux exigences de la démocratie. En renonçant à son programme, le PI perdrait toute la force argumentaire qu’il ne tient qu’à lui de construire à ce sujet.
    Si un gouvernement minoritaire peut entraîner le Canada dans la guerre, si un gouvernement élu a pu imposer une Constitution au Québec en dépit de l’opposition générale, un gouvernement élu du PI, qui aura annoncé à tous ses intentions bien à l’avance, aura tous les droits de déclarer l’indépendance.
    Gilles Verrier

  • Archives de Vigile Répondre

    11 avril 2008

    M. Frappier
    Il ne peut y avoir d'«Alliance Sacrée» des indépendantistes parce que le Parti Québécois et Québec Solidaire ne sont pas des partis indépendantistes. Ne l'ont jamais été, ne le seront jamais. Il n'y a qu'un seul Parti Indépendantiste. Alors, continuez à vous bernez de vos illusions et à vous trouvez des raisons de ne pas appuyer le PI, si vous le voulez. Nous, nous allons faire le Pays ! Ce qui est dommage, c'est que vous ne serez pas des nôtres, voilà ce qui est dommage. Pour une personne qui a tant donné pour la Cause, dites-moi, avec tout ce que vous savez, seriez-vous encore péquiste ?

  • Archives de Vigile Répondre

    11 avril 2008

    Selon moi, il n'y a pas que ça qui manque au PI, il manque 3 ou 4 "grosses pointures" crédibles et connues des indépendantistes et des fédéralistes aussi. Les dirigeants actuels du PI ne sont connus que par quelques indépendantistes. Avec ça, le PI pourrait décoller sur tous les plans s'il commençait par changer son idée de déclarer l'indépendance du Québec avec seulement une minorité d'appuis de Québécois.