De mon vélo à mon stylo rétro

Perdre les pédales

Sommeil et mollesse en prime au Cauchon's « Soleil »

Tribune libre


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Préliminaire — Comme Le glorieux Soleil (ou Sommeil, comme disait jadis un ami) n’a pas daigné, une fois de plus, publier ce mot de mon cru (tout ce qui est susceptible de témoigner d’un peu de colonne vertébrale dans ce quotidien — d’ailleurs toujours aussi gescaïen qu’auparavant depuis que l’ex-très fédéral ministre Martin Cauchon a en repris la propriété des mains de ses intimes amis de la famille «Power» Desmarais —, et tout spécialement lorsqu’il s’agit de la Question nationale québécoise, se voit à toutes fins utiles éradiqué d’office de ses pages - hormis un court filet à l’occasion, pour la forme - d’une mollesse citoyenne d’un autre âge. Édification du Wonderful Canada en prime, bien entendu, sans détour ou par circonvolutions plus ou moins subtiles, par les plumes… les mieux rémunérées, mais pas forcément éclairées, des lieux), eh bien c'est l'ami Vigile qui en héritera...
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Perdre les pédales, disais-je donc -.
J’ai pensé rétorquer, tout spontanément, à cet ex-policier de Québec franchement grotesque*, expert en sûreté et sécurité qui plus est, comme d’autres personnes le firent, notamment en ces lieux. Mais s’il fallait que je réagisse à tout ce qui me met hors de moi, à titre de citoyen, il me faudrait 365 jours dans chaque unité de vingt-quatre heures.
* (Je les sais largement arrogants, hélas, ces présumés agents de la «paix», également doués d’une capacité d’intimidation qui force le respect, si on me permet l’oxymore, ainsi qu’une disposition toute naturelle, et rarement contenue, pour l’abus de pouvoir: les «meurtres légalisés» de citoyens qui se cumulent au sein de leur rang, depuis quelques années, témoignent plus qu'il est nécessaire combien ils ont la gâchette rapide ces ados qui jouent aux «vachers» avec la vie des gens. Il y a des exceptions, me direz-vous. Certes. Des exceptions...)

Bref. Je vais tout de même un court instant me saisir à nouveau de mon bâton de pèlerin. Concernant mes pédales. Mes pédaliers, disons.

D’autant plus que je mets littéralement ma vie en danger à chaque fois - i.e. tous les jours - que j’enfourche ma vieille bécane à trois sous. Et ce n’est pas elle qui est ici en cause. Point du tout. Bref: de la conduite criminelle en quasi-permanence (car il ne s’agit même plus, stricto sensu, de conduite simplement «dangereuse»). Partout, tout le temps. Ou peu s’en faut. Et dans ces circonstances, coutumières, quotidiennes, jamais - non, jamais - de Jacques Larose aux bleus gyrophares dans les parages. Et quand bien même, n’est-ce pas…

Et quand on tue, ou blesse pour la vie, au volant de son véhicule d'acier sur quatre... ou vingt-quatre roues, eh bien on n'a qu’à s’excuser. Et tout est réglé. La SAAQ va même chouchouter monsieur le propriétaire exclusif de la «voie carrossable». Pour son ecchymose au genou consécutivement à… l’attentat. Comme je l’écrivais ailleurs, naguère, nous sommes en régime de la Pléonasmocratie: un irresponsable n’est jamais responsable de rien.
Pendant ce temps - et le soussigné sait de quoi il parle, veuillez l'en croire - le même organisme public -- cette Société de l'assurance automobile du Québec -- possède une onéreuse armée de juristes tâtillons pour déceler l'infime brindille dans un dossier qui lui permettra - à ses yeux - de se déresponsabiliser vis-à-vis des authentiques victimes de la route.
En terminant, une question qui me turlupine depuis longtemps: Combien d’assassinats en bonne et due forme se commettent au Québec, incognito, chaque année, de cette manière…? Une étude bien dissimulée dans le double-fond des tiroirs de monsieur l’«Ex» spécialiste en sécurité ne nous en informerait-il pas?

Vingt ans derrière les barreaux avec pistolet ou couteau.
Mais une gratification empressée de la SAAQ avec auto.

Et tout est beau.

Ah! il est vraiment formidable ce Québec de l’ère Philippe Pétain et autres Coderre effrayés par le fantôme du grand Charles!

Certes oui.
Il y a vraiment de quoi perdre les pédales.


Jean-Luc Gouin,
Vieux-Limoilou, (c'était alors le) 15 Juillet 2017
(Mise à jour ce 22-07-2017)

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Chambrelan du verbe et indocile citoyen de la Cité (les dossiers de la Francité et de la « Question » nationale du Québec l’occupent – et le préoccupent – tout particulièrement), mais également docteur en philosophie diplômé de l'Université Laval et spécialiste nord-américain du penseur allemand Hegel, JLG a publié ouvrages et maint article portant pour la plupart sur celui-ci.



Hegel. De la Logophonie comme chant du signe, son dernier opus, fruit de trente ans de recherche, a été publié simultanément, en 2018, et aux PUL, à Québec, et chez Hermann à Paris.

 

Textes « citoyens » choisis de Jean-Luc GOUIN ( 1995-2018 )

( parmi quelques centaines, qui hélas ne vieillissent pas )

 

•• Les Bilinguistes. Grands sorciers des langues phagocytaires

•• Débat sur la langue dans le quotidien Le Devoir (Été de 1998)

•• Qui sort, digne ! Franchir le miroir de notre schizophrénie collective

•• Le Franc Pays. Québécois ou Québec coi ? (+ de 20 ans plus tard, rien n’a changé...)

•• Le Lys dans le lisier (Ou pourquoi l’Indépendance du Québec, en quelques mots)

•• Aux larmes citoyens ! (anthropoème en hommage à Gaston Miron)

•• Philippe Couillard : Le Philippe Pétain de notre temps (Lettre à mon premier sous - ministre)

•• Autres espaces de réflexion (Société, Culture, Politique... dont : Ouvrez le Feu ! , Liquider pour argent liquide , Halloween. Plaie ou plaisir de l’enfance ? , Interdit de ne pas fumer ! ...) 

•• De l’humain travesti en divin (modeste contribution au projet d’une Charte de la laïcité)

•• Précis sur la malhonnêteté intellectuelle (aussi nommée mauvaise foi)

•• L’Homme Prométhée (une forme de « CQFD » irrésistible aux textes qui précèdent...?)

 

 





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1 commentaire

  • Jean-Luc Gouin Répondre

    25 juillet 2017

    Bonjour,
    À la relecture, je constate que j'ai été un peu rapide sur l'accélérateur de mon deux roues non motorisé.
    Dès le préliminaire, je me paie même une syntaxe que j'ai peine à «décheveler» moi-même.
    Or, comme je n'ai pas eu le «courage», par crainte du ridicule (ennemi coriace s'il en est, comme chacun sait), de réclamer l'insertion d'une version corrigée à Vigile, j'ai tenté une nouvelle rédaction en ces autres espaces en pays de ma prime jeunesse.
    Je m'excuse auprès de Vigile et de ses fidèles vigilien(ne)s.