Ma langue à couper (histoire connue)

Québécois on veut votre fric, pas votre langue

Une lettre à « Jam Audio Canada » qui tourne au procès général de notre Pas-encore-Pays

9064b26a6a9b42eb06b7126e6acc1fce

Tribune libre

Suggestion en préliminaire : pour une meilleure intelligibilité, il serait préférable de lire la présente de bas en haut. Mais rassurez-vous : il ne sera pas nécessaire pour autant de procéder simultanément de droite à gauche. Mille excuses, donc, à ce titre, aux Emilie Nicolas (éradication de l’accent à l’initiale réclamée par la titulaire du nom : passeport attitré pour Toronto, présumerons-nous *) et autres Adil Charkaoui (grand Québécois paisible, ouvert et rassembleur, comme nous le savons tous)


Bonjour,


« Il appartient proprement à la plus haute culture du peuple de tout dire dans sa langue. » - GWF Hegel


JAM AUDIO CANADA : cservice@jamaudio.com


Je comprends donc, madame/monsieur « Homedics Canada », par le truchement de votre envoi du 4 courant :


1) qu’en dépit d’un courriel en français, vous ajoutez l’insulte à l’injure en répondant en anglais au client (fût-il jusque-là strictement potentiel, et non encore avéré). Et nonobstant, sur-injure à la clé, qu’il fallait bien que vous compreniez en quelque façon mon message - français - pour répondre à votre interlocuteur comme vous le fîtes. Mais réponse rédigée tout de même -- camouflet aux antipodes du respect le plus élémentaire de la personne en vis-à-vis -- dans une langue autre que celle par laquelle celle-ci s’est explicitement adressée à vous;  


2) qu’il est impossible de communiquer en français par courriel avec Jam Audio, en Canada - pays pourtant très officiellement bilingue. Conséquence de politiques à l’interne qui contreviennent résolument à la législation du pays, aussi bien à l’échelle nationale que fédérale; 


3) qu’il serait sans doute difficile -- et non, je le subodore, sans devoir rencontrer des délais d’attente téléphonique hautement rébarbatifs via ce « Canadian Line » non autrement identifié ou précisé -- d’avoir accès à un membre du personnel dans l’autre langue officielle du Canada (à la manière de la RBC, par exemple, ou Royal Bank of Canada, l’une des multimilliardaires du réseau des Canadian Banks, avec laquelle il me fut impossible, récemment, depuis Québec, d’échanger dans la langue de Paul Piché auprès du service des cartes de crédit prépayées [communément nommées « cartes-cadeaux »]. En prime : arrogance d’une commis aux caisses, en succursale : « Nous sommes au Canada » ! Message au final de ces Jam Audio et RBC confondus : « Québécois on veut votre fric, pas votre langue ! »);


4) Quant au site cybernéen de la Maison, je prends bonne note que mes remarques relativement à l’absence d’une version française vous laissent totalement indifférent. 


En conséquence, messieurs/dames de Jam Audio Canada, veuillez prendre note que je m’abstiendrai de me procurer les écouteurs conçus par votre firme, que le mélomane en moi avait sérieusement dans le collimateur. 


Sachez toutefois que si désormais aucun produit de votre Établissement ne pénétrera mes quartiers privés, ni les orifices de mes oreilles, le « collimateur », quant à lui, restera précieusement entre les mains du soussigné citoyen québécois. Car cet homme demeurera spécialement attentif, à l’avenir, aux manières puissamment méprisantes de Jam Audio Canada à l’égard de la langue française. 


En Québec et en Canada indistinctement. Bien cordialement à vous, donc, gens au sens marketing (ou mercatique, comme on ne le dira jamais, soyez-en convaincus, sinon rassurés, en United Departments of France) -- il faut bien l’admettre, pardonnez ma franchise -- d’une indigence rare. Rare. Certes. Mais redevenant tout de même le lot quotidien en ce pays où fouler au pied la langue de René Lévesque et de Félix Leclerc relève - à nouveau - de la plus banale normalité. 


So, Back to the Cinquantines and Soixantines ! And before all, of course. There we are Now. Comme au temps béni, isn’t it, d’avant la Charte de la Langue française. Flambeau aujourd’hui en lambeaux. Et enfant pauvre, pauvre jusqu’à l’inanition, de ce(s) pays gigognes pourtant obsédés - allez y comprendre quelque chose - par leurs chartes. Y compris Celle du père du fils sans esprit que l’on nous enfonça en gorge sans demander notre reste.


Comme si la Langue et la Culture d’un Peuple n’étaient pas, elles, contrairement à un bout de tissu sur le ciboulot, une croix en décolleté plongeant ou un kirpan à la ceinture, des « droits fondamentaux ».


Mais ne nous offusquons pas : les éclairés éditorialistes de La Presse « + ! » de Mount Real, un certain François Cardinal en particulier, capitaine de cette équipe de pirates pillant la dignité partout sur son passage, ne voient tout naturellement, en pareils phénomènes platement sociologiques, qu'une irrépressible et nécessaire « ouverture au monde ».


(Il est vrai que sous cet angle les Brian Myles, les Francine Pelletier, les Konrad Yakabuski et, pour le coup réplique de Fabrice Vil, les… E-milie Nicolas du Devoir, et même Marie-Andrée Chouinard, Aurélie Lanctôt, Jean-François Nadeau et Odile Tremblay à l’occasion, sans compter les textes retenus en priorité par Paul Cauchon pour la page « Idées », leur font -- à ces corsaires sans foi ni loi du boulevard Saint-Laurent [entendez, Oh ! my God, foi canadienne et lois fédérales] -- une concurrence franchement… déloyale. Dam ! André Laurendeau et Lise Bissonnette : Where are you ???)


Pas sûr, pour ma part, voyez-vous, que son regretté père, Jean-Guy de prénom (je reviens ici à Cardinal), ministre de l’Éducation du Québec sous Daniel Johnson père (à distinguer, là aussi, du fils éponyme : « Canadian First and Foremost ! », comme chacun sait), sacrifierait à cette logique sophistique jusqu’à la monstruosité même, selon laquelle s’ouvrir les veines constitue la forme supérieure de l’ouverture à l’Autre.


Que voulez-vous : on a les enfants qu’on a. Nonobstant toute l’énergie investie à en faire des adultes et des citoyens instruits, réfléchis, équilibrés et - first and foremost - respectueux d’eux-mêmes. Eh non ! écrivait Gibran avec raison, mais non sans accablement, quoique en phase tout de même avec Platon : « Vos enfants ne sont pas vos enfants… ». Reste, admettons-le, que parfois -- tel un baume au coeur de sa dignité de maman ou de papa épuisés… en vain -- il y aurait, hélas, de quoi s'en réjouir… 


D’où sans plus tarder mes 101 pardons from the Country of Camille Laurin. 


Pardon, dis-je. Tout repentant d’avoir l’outrecuidance de ne pas me soumettre à votre invraisemblable roguerie à l'égard d’un Peuple tout entier. 


Cela dit, à votre décharge il faut tout de même préciser, Jam’s People, que dans ce pays où l’extrême-gauche québécoise (Désolé, GND : à l’instar de Wilde « je ne suis plus assez jeune pour tout savoir ») partage en permanence la couche d’un certain Just'in, toujours en pyjama par ailleurs, ainsi que celle du Liberal Party des John James Charest et des Philippe Couillard (Vincent Marissal - grande fille de joie devant l’éternel - y prend même son pied, me dit-on, dans une délectation que l’on qualifiera sans vergogne de souveraine, sinon mystique), tous les racismes (et avec raison d’ailleurs) sont conspués avec la dernière énergie. 


Tous…? demande le formidable feu fou Goscinny…? 


Non. Pas tous. 


Il faut savoir, en effet, que dans la grande Rome canadienne (grande de surface, s'entend), Petit village gaulois inclus (qui fait tout de même, quant à lui, près de quatre fois le territoire de la France), le racisme anti-québécois a droit à toutes les tribunes. Impunément, en permanence, et en toute bonne conscience (icelle, effet immédiat de l’ignorance satisfaite qui se contente de relayer par psittacisme les mantras bcbg à la mode du temps fuyant… la pensée : Les idées, bien sûr, chantait le prodigieux Reggiani, spécialiste de l’antiphrase pince-sans-rire, c’est pour les imbéciles !). Y compris, by Ici Radio-KanadaMehdi Bousaidan et autres Jean-Philippe Wauthier (iceux hélas nombreux en vertu du clonage des vides coquilles qui sévit, en guise de politique culturelle fondamentale, à la direction de la société publique : sur ce point, prenons acte, une fois n’est pas coutume lorsqu’elle discourt d’autre chose que de cinéma, je rejoins une déjà nommée prénommée non pas Idole, mais bien Odile)


Le racisme anti-québécois, disais-je donc. À CBC-Frenchies (toutes antennes confondues) et dans The Press + aux premiers chefs. Même Le Devoir de monsieur Myles, on l’a dit, n’est plus en rade à cet égard. Dis-moi de qui tu es l'émule, je te dirai qui tuer…


Rest of Kanada, c’est as usual : y parler ou y écrire sur le Québec, et sa détestable Culture française millénaire, avec savoir, bonne foi et honnêteté, tout simplement, et sans plus, participe du crime - innommable - de lèse-Canada. Et l’auteur-e qui, très, très exceptionnellement, s’aventure sur ce terrain s’expose par tous à l’ostracisme. Le Boycott systématique au mieux.


Eh oui. Les Canadians ont une intelligence hautement raffinée, réfléchie, objective et cultivée de leur pays : II y a les « bons », d’une part, et les « méchants » d’autre part. Les Canadians ici, et les Québécois là-bas. À un jet de pierre de la Pointe du Raz. Avec un T de préférence.


C’est en tout cas ce qu’on apprend dans les journaux les plus réputés du pays, en Toronto (mais également partout ailleurs, de Calgary et Edmonton à Ottawa, Halifax et St-John; sans oublier, d’une probité sans failles, comme le sait tout un chacun, Marc Lalonde compris : un tonton politique de Trudeau en couche, The Gazette of Montréal), ainsi que dans son institution post-secondaire, se gargarise-t-on avec ostentation, la plus prestigieuse : J’ai nommé McGill University.


Où certains professeurs bafouillent pas plus de trois mots de français après avoir vécu quarante ans au coeur du coeur du Québec. Ah ! ces French Canadians de Québécois : ce qu’ils sont fermés, tout de même ! Pas vrai, Cardinal, Gruda, Gagnon, Elkouri, Cassivi et compagnie ? Et même Boisvert et Lagacé, à l’occasion. 



Comme quoi la rue Saint-Laurent (il me revient soudain, de ma prime enfance, la ligne mélodique de J’ai souvenir encore, un véritable classique, à 19 ans !, de Claude Dubois) est aujourd’hui à l’esprit, par simonie, ce qu’elle fut naguère par le biais du trafic de la location furtive des jolis corps de ces dames. Comme l'écrivait Lavoisier, n’est-ce pas, « rien ne se perd, rien ne se crée : Tout se transforme ». Et parfois à peine... Allez vous y promener : vous y croiserez sûrement un ancien de la « gang ». Un certain Vincent. Pour moins que ça, en cennes, il sera à vous. Promis. Ou je vous rembourse ru-bisous sur ongle les trois sous exigibles. 


McGill U, disais-je donc, derechef, dans mes digressions en enfilade.


À Mount Real / Kwabek. Ghetto en banlieue de Sainte-Adèle PQ.


À n’en pas douter, nos Jack Jedwab, nos Anthony Housefather, nos Robert Libman, nos Emilie Nicolas, nos Charles Taylor, nos Beryl Wajsman, nos Dalila Awada, nos Marco Micone, nos Don Macpherson et… nos Valérie Laplante constituent des esprits de grande profondeur intellectuelle dans le tissu - bien sûr abject - de la Matrie d'Yves Beauchemin, de Pierre Bourgault, de Claude Gauthier, de Fernand Dumont, de Pauline Julien, de Gaston Miron. Et de Franfreluche. 


Aussi voilà pourquoi, honorable administration de Jam Audio Canada, votre fille est muette. 


Jean-Luc Gouin, Capitale nationale, 6 avril 2019



* Ce qui explique sans doute, quoique contre toute intelligence des propres intérêts commerciaux de cette entreprise, que mademoiselle figure dans une publicité récente de Air Transat à la télévision et sur la Toile. Il est vrai -- constatant que partout, chez ce transporteur aérien… québécois, l’anglais a rigoureusement préséance sur le français (y compris à Paris, Bruxelles (ave Jacky), Toulouse (ave Nougaro), Nantes (ave Barbara et Bertin), Mulhouse, Marseille (ave qui l’on sait, père et fils) et… Montréal) -- qu’elle s’y retrouve, ma foi, comme en famille. Qu’en pense donc, tiens, l’un des co-fondateurs, naguère, de ce fleuron (???) de Québec Inc. ? Un certain François Legault, si je n’abuse personne. À commencer - étant d'une irrémissible naïveté - par moi-même.



***


Le 5 avr. 2019 à 11:38, JamAudio <cservice@jamaudio.com> a écrit :


Hello Jean-Luc,


Thank you for contacting us.


If you would like a French response from us in order to receive assistance in ordering our products, please contact our Canadian line. They will be able to assist you with ordering.


Homedics Canada

888-225-7378


Thanks

Consumer Relations


------------------- Original Message -------------------


From: XX, XX; 


Received: Thu Apr 04 2019 16:33:13 GMT-0400 (Eastern Daylight Time)


To: Homedics Canada; 


Subject: Respect de Jam à l'égard de sa clientèle... canadienne ?


Bonjour, 


Je serais intéressé à me procurer un produit Jam (des écouteurs sans fils utilisables via Bluetooth).


Or en consultant votre site (https://canada.jamaudio.com), je constate que Jam n’offre pas de version française.


Le français est pourtant l’une des deux langues officielles du Canada.


Dois-je comprendre que vous ignorez clairement, et sans détour, les francophones du Canada.


Et tout spécialement les Québécois ?


Auquel cas, le consommateur que je suis fera ses choix en conséquence.


Merci.


Jean-Luc Gouin,


Québec, 4 avril 2019


Featured 9d70efc13bfcf28a347710d42fbdde90

Jean-Luc Gouin94 articles

  • 88 769

Chambrelan du verbe et indocile citoyen de la Cité (les dossiers de la Francité et de la « Question » nationale du Québec l’occupent – et le préoccupent – tout particulièrement), mais également docteur en philosophie diplômé de l'Université Laval et spécialiste nord-américain du penseur allemand Hegel, JLG a publié ouvrages et maint article portant pour la plupart sur celui-ci.



Hegel. De la Logophonie comme chant du signe, son dernier opus, fruit de trente ans de recherche, a été publié simultanément, en 2018, et aux PUL, à Québec, et chez Hermann à Paris.

 

Textes « citoyens » choisis de Jean-Luc GOUIN ( 1995-2018 )

( parmi quelques centaines, qui hélas ne vieillissent pas )

 

•• Les Bilinguistes. Grands sorciers des langues phagocytaires

•• Débat sur la langue dans le quotidien Le Devoir (Été de 1998)

•• Qui sort, digne ! Franchir le miroir de notre schizophrénie collective

•• Le Franc Pays. Québécois ou Québec coi ? (+ de 20 ans plus tard, rien n’a changé...)

•• Le Lys dans le lisier (Ou pourquoi l’Indépendance du Québec, en quelques mots)

•• Aux larmes citoyens ! (anthropoème en hommage à Gaston Miron)

•• Philippe Couillard : Le Philippe Pétain de notre temps (Lettre à mon premier sous - ministre)

•• Autres espaces de réflexion (Société, Culture, Politique... dont : Ouvrez le Feu ! , Liquider pour argent liquide , Halloween. Plaie ou plaisir de l’enfance ? , Interdit de ne pas fumer ! ...) 

•• De l’humain travesti en divin (modeste contribution au projet d’une Charte de la laïcité)

•• Précis sur la malhonnêteté intellectuelle (aussi nommée mauvaise foi)

•• L’Homme Prométhée (une forme de « CQFD » irrésistible aux textes qui précèdent...?)

 

 





Laissez un commentaire



Aucun commentaire trouvé