INDÉPENDANCE DU QUÉBEC 271

Les plaisirs de l'ambivalence

Dire oui, dire non, dire oui et non et peut-être bien

Chronique de Bruno Deshaies


Dire oui, dire non, dire oui et non dans la même phrase et peut-être bien, qui sait ? Peut-être bien que oui, peut-être bien que non, un CHUM ou deux, un nouveau casino ou pas du tout, éliminer le déséquilibre fiscal ou sortir du Canada, défendre les intérêts du Québec ou défendre les intérêts canadians, une province ou un pays indépendant, des commandites ou une virginité politique, un gouvernement libéral ou péquiste et pourquoi pas adéquiste, un Bloc québécois à Ottawa ou pas, ou peut-être un parti conservateur majoritaire décentralisateur sinon un parti libéral national vert et pacifiste (?) sous le charme de Stéphane Dion et pourquoi pas le NPQ ou le parti vert, dans tous les sens du terme ?
Les QUÉBÉCOIS constituent une nation, eh bien ! OUI, dans un Canada uni, eh ben ! OUI eh ben NON ! Il ne faut pas s’en faire, c’est symbolique ! Pourtant, la nation québécoise a pris la chose au sérieux. Depuis le dépôt de la motion Harper, il n’est plus un jour où l’on n’entende pas parler des Québécois qui constituent une nation. Une presse et des médias qui s’amusent avec le concept pour alerter ou ennuyer la population qui finalement en a marre. Et tout le monde passe à autre chose. Un réflexe bien canadien / canadian. Après tout, on est tellement bien au Canada à se faire bercer d’illusions !
Pendant que nous nous épuisons à débattre de cette question, LE CANADA-ANGLAIS GÈRE LE CANADA ET AGIT COMME UNE NATION INDÉPENDANTE tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. LES QUÉBÉCOIS, EUX, GÈRENT UNE PROVINCE ENDETTÉE AVEC DES MOYENS LIMITÉS ET DIRECTEMENT DÉPENDANTE DES SOUBRESAUTS DES DÉCISIONS FÉDÉRALES. L’intérêt national canadian domine toutes les décisions du gouvernement canadian. Les bloquistes qui siègent au parlement canadien et qui croient sincèrement défendre les intérêts du Québec se leurrent amèrement. Ils font partie intégrante de l’unité canadienne à leur corps défendant. Ils rêvent. Laissons-les à leurs songes…
Où faut-il chercher l’avenir ? Il ne se trouve ni dans notre passé ni dans notre présent ? Notre avenir québécois est dans une force, une dynamique, un MOUVEMENT (Cf.
« Nation québécoise : Claude Bariteau et la motion Harper »
Maurice Séguin : « Une substitution peut-elle être pour le mieux ? »
Le Blog de Louis Bernard
Quand pourrons-nous créer ce MOUVEMENT, cette force qui nous fera changer et nous entraînera sur le sentier éblouissant de l’éclairage contenu dans l’optique indépendantiste. NE PAS ACCEPTER CETTE NOUVELLE ORIENTATION, C’EST SOUHAITÉ DEMEURER INDÉFINIMENT DANS LE STATUT D’UNE NATION QUÉBÉCOISE ANNEXÉE. Le pire des choix entre la liberté collective ou l’assimilation inévitable après quelques soubresauts terminaux d’affirmation nationale.
En revanche, le plaisir de l’ambivalence est le propre des esprits qui endossent l’optique impérialiste. Ces esprits considèrent généralement l’État comme un organisme « neutre » bon pour toutes les nations. Ils veulent voir « dépolitiser » les problèmes des nations minoritaires. Ils insistent sur la personne comme telle. Après tout, comme le signale Maurice Séguin dans Les Normes, « ce qui importe, c’est l’épanouissement des individus et des familles ». En général, ils aspirent à la paix dans l’ordre qui règne à telle époque et qui favorise l’humain… le citoyen… etc. » Cette vision trouve son accomplissement dans la Charte des droits et libertés du sieur Trudeau, partie intégrante de la réforme constitutionnelle de 1982. Ces deux valeurs peuvent se retrouver autant dans le clan des souverainistes que dans celui des fédéralistes. À chacun de faire son examen de conscience.
En 2007, la société québécoise doit absolument nous annoncer une action collective irréversible, un début incontournable de MOUVEMENT et une prise de conscience éclairée du rôle que les chefs souverainistes peuvent jouer afin de soutenir ce MOUVEMENT.
Bruno Deshaies

BLOG : Le Rond-Point des sciences humaines

Featured b9f184bd28656f5bccb36b45abe296fb

Bruno Deshaies209 articles

  • 268 200

BRUNO DESHAIES est né à Montréal. Il est marié et père de trois enfants. Il a demeuré à Québec de nombreuses années, puis il est revenu à Montréal en 2002. Il continue à publier sa chronique sur le site Internet Vigile.net. Il est un spécialiste de la pensée de Maurice Séguin. Vous trouverez son cours sur Les Normes (1961-1962) à l’adresse Internet qui suit : http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-1-20 (N. B. Exceptionnellement, la numéro 5 est à l’adresse suivante : http://www.vigile.net/Les-Normes-en-histoire, la16 à l’adresse qui suit : http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-15-20,18580 ) et les quatre chroniques supplémentaires : 21 : http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-Chronique 22 : http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-Chronique,19364 23 : http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-Chronique,19509 24 et fin http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-Chronique,19636 ainsi que son Histoire des deux Canadas (1961-62) : Le PREMIER CANADA http://www.vigile.net/Le-premier-Canada-1-5 et le DEUXIÈME CANADA : http://www.vigile.net/Le-deuxieme-Canada-1-29 et un supplément http://www.vigile.net/Le-Canada-actuel-30

REM. : Pour toutes les chroniques numérotées mentionnées supra ainsi : 1-20, 1-5 et 1-29, il suffit de modifier le chiffre 1 par un autre chiffre, par ex. 2, 3, 4, pour qu’elles deviennent 2-20 ou 3-5 ou 4-29, etc. selon le nombre de chroniques jusqu’à la limite de chaque série. Il est obligatoire d’effectuer le changement directement sur l’adresse qui se trouve dans la fenêtre où l’hyperlien apparaît dans l’Internet. Par exemple : http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-1-20 Vous devez vous rendre d’abord à la première adresse dans l’Internet (1-20). Ensuite, dans la fenêtre d’adresse Internet, vous modifier directement le chiffre pour accéder à une autre chronique, ainsi http://www.vigile.net/Le-deuxieme-Canada-10-29 La chronique devient (10-29).

Vous pouvez aussi consulter une série de chroniques consacrée à l’enseignement de l’histoire au Québec. Il suffit de se rendre à l’INDEX 1999 à 2004 : http://www.archives.vigile.net/ds-deshaies/index2.html Voir dans liste les chroniques numérotées 90, 128, 130, 155, 158, 160, 176 à 188, 191, 192 et « Le passé devient notre présent » sur la page d’appel de l’INDEX des chroniques de Bruno Deshaies (col. de gauche).

Finalement, il y a une série intitulée « POSITION ». Voir les chroniques numérotées 101, 104, 108 À 111, 119, 132 à 135, 152, 154, 159, 161, 163, 166 et 167.





Laissez un commentaire



1 commentaire

  • Archives de Vigile Répondre

    12 février 2007

    Cette ambivalence démontre le sang normand qui coulent dans nos veines. (Désolé pour les Québécois n'ayant pas d'ancêtres remontant à la Nouvelle-France)
    Mais n'avons-nous pas entendu récemment le National Post réclamer l'indépendance de la Normandie? Pour une fois je suis d'accord en autant qu'on la débute ici.
    P'têt ben qu'oui. P'têt ben que non.