INDÉPENDANCE DU QUÉBEC 352

Les normes en histoire (12/20)

Diversité des types ou des degrés d’annexion politique qui voilent la subordination sur place et celle-ci devient plus sévère si elle est accompagnée d’une annexion économique.

Chronique de Bruno Deshaies



Présentation
Poursuivant sa revue des rapports possibles entre deux nations, M. Séguin nous expose le cas d’une nation annexée.  L’expression peut surprendre, l’usage étant d’appliquer cette notion à des territoires bien plus qu’à des communautés humaines.  Mais si l’on veut reconnaître que l’annexion n’est un événement que pour les populations et non pour les montagnes ni pour les vallées, on conviendra que l’annexion affecte surtout les collectivités en déstructurant celles qui la subissent.
Caractérisée par la subordination sur place, l’annexion s’exprime notamment quand les lois votées par une nationalité étrangère sont en vigueur chez vous.  On s’y sent  « à l’étranger » du fait qu’on est à lui, précisément : on appartient à l’étranger qui, installé dans votre patrie, a supprimé votre personnalité juridique de peuple distinct et séparé, mettant un terme à votre altérité ; on n’est plus une nation à part, c’est-à-dire dotée d’une existence propre, mais un membre ou un appendice de l’autre, sans possibilité d’opposer votre veto à ses entreprises.  On n’est plus qu’un objet, qu’un instrument de l’ambition ou du profit d’une autre nation même quand on entend n’agir que pour soi.  L’étranger impose aux vôtres la supériorité de ses lois dans la plus parfaite légalité et se réserve la direction des opérations.
En gardant à l’esprit que pour M. Séguin, la nation est davantage une action conjuguée, une activité (operatio ou ἐνέργεια en grec) collective ou un processus d’actualisation – un « passage à l’acte » -- qu’une essence ou une somme d’attributs ethnoculturels, on peut saisir la gravité du mal que représente l’annexion subie pour toute nation : son agir ne lui appartient plus et se retourne ultimement contre elle.
La nation « annexante » recouvre et englobe l’autre, ravalée à la condition de perpétuelle mineure, à l’instar de l’épouse dans le Code Napoléon.
PARFONDOR
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Bruno Deshaies209 articles

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BRUNO DESHAIES est né à Montréal. Il est marié et père de trois enfants. Il a demeuré à Québec de nombreuses années, puis il est revenu à Montréal en 2002. Il continue à publier sa chronique sur le site Internet Vigile.net. Il est un spécialiste de la pensée de Maurice Séguin. Vous trouverez son cours sur Les Normes (1961-1962) à l’adresse Internet qui suit : http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-1-20 (N. B. Exceptionnellement, la numéro 5 est à l’adresse suivante : http://www.vigile.net/Les-Normes-en-histoire, la16 à l’adresse qui suit : http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-15-20,18580 ) et les quatre chroniques supplémentaires : 21 : http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-Chronique 22 : http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-Chronique,19364 23 : http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-Chronique,19509 24 et fin http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-Chronique,19636 ainsi que son Histoire des deux Canadas (1961-62) : Le PREMIER CANADA http://www.vigile.net/Le-premier-Canada-1-5 et le DEUXIÈME CANADA : http://www.vigile.net/Le-deuxieme-Canada-1-29 et un supplément http://www.vigile.net/Le-Canada-actuel-30

REM. : Pour toutes les chroniques numérotées mentionnées supra ainsi : 1-20, 1-5 et 1-29, il suffit de modifier le chiffre 1 par un autre chiffre, par ex. 2, 3, 4, pour qu’elles deviennent 2-20 ou 3-5 ou 4-29, etc. selon le nombre de chroniques jusqu’à la limite de chaque série. Il est obligatoire d’effectuer le changement directement sur l’adresse qui se trouve dans la fenêtre où l’hyperlien apparaît dans l’Internet. Par exemple : http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-1-20 Vous devez vous rendre d’abord à la première adresse dans l’Internet (1-20). Ensuite, dans la fenêtre d’adresse Internet, vous modifier directement le chiffre pour accéder à une autre chronique, ainsi http://www.vigile.net/Le-deuxieme-Canada-10-29 La chronique devient (10-29).

Vous pouvez aussi consulter une série de chroniques consacrée à l’enseignement de l’histoire au Québec. Il suffit de se rendre à l’INDEX 1999 à 2004 : http://www.archives.vigile.net/ds-deshaies/index2.html Voir dans liste les chroniques numérotées 90, 128, 130, 155, 158, 160, 176 à 188, 191, 192 et « Le passé devient notre présent » sur la page d’appel de l’INDEX des chroniques de Bruno Deshaies (col. de gauche).

Finalement, il y a une série intitulée « POSITION ». Voir les chroniques numérotées 101, 104, 108 À 111, 119, 132 à 135, 152, 154, 159, 161, 163, 166 et 167.





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