Les femmes cherchent toujours leur place en politique

Journée internationale de la femme


Lia Lévesque - À la veille du 8 mars, des groupes de femmes ont dénoncé hier la sous-représentation des femmes parmi les candidats qui se présentent aux élections québécoises. Les trois principaux partis, soit le Parti libéral, le Parti québécois et l'Action démocratique du Québec, soumettent 110 candidatures féminines au total.
Il s'agit du même nombre que lors des dernières élections provinciales, en 2003, a déploré au cours d'une entrevue Louise Paquet, porte-parole du Collectif féminisme et démocratie.
«Pour nous, ça démontre que, si on se fie uniquement à la bonne volonté des partis politiques, il n'y a rien qui nous assure que la place des femmes va aller en augmentant de façon graduelle, parce que le cours naturel des choses va se faire», a commenté Mme Paquet. Elle craint non seulement une stagnation mais peut-être même un recul.
Au moment où les élections ont été déclenchées, l'Assemblée nationale comptait 39 femmes, soit 31 % du nombre de sièges.
Le parti qui fait meilleure figure est Québec solidaire, avec 64 femmes ou 52 % des candidats.
Le Parti libéral du Québec et le Parti québécois sont presque à égalité, présentant respectivement 35 et 33 % de femmes, soit 44 et 41 candidates. Dans le cas du Parti libéral, toutefois, il s'agit d'une progression constante, puisque le nombre est ainsi passé de 30 femmes en 1998 à 35 en 2003, puis 44 en 2007. Dans le cas du PQ, il y avait 31 femmes en 1998 et 43 en 2003.
Le pire rendement, selon ces groupes de femmes, est celui de l'Action démocratique, avec 25 femmes ou 20 % des candidats.
«Nous pensons que la population québécoise est prête à ce que dans ses institutions on retrouve cette égalité», affirme Mme Paquet.
Quand on lui souligne qu'il est peut-être plus important d'avoir des femmes dans des postes de pouvoir, ministres et influentes, que d'avoir des femmes députées d'arrière-banc ou simplement candidates, elle réplique qu'il faut viser tous ces objectifs à la fois pour faire progresser la cause.
Correctifs demandés
Ces groupes revendiquent donc des mesures énergiques pour changer la donne, par exemple en obligeant les partis politiques à se doter d'un plan d'action en matière d'égalité. Ce plan souhaité viserait également les structures des partis pour y faire plus de place aux femmes. Mme Paquet suggère une autre voie: une réforme du mode de scrutin, avec des éléments de proportionnelle.
Une troisième voie qu'elle propose est celle du soutien financier de la part du Directeur général des élections. Les montants remis aux partis seraient augmentés en fonction de la proportion de femmes.
Les six groupes qui ont sonné l'alarme sont la Fédération des femmes du Québec, l'AFEAS (Association féminine d'éducation et d'action sociale), l'Intersyndicale des femmes, le Réseau des tables régionales des groupes de femmes du Québec, l'R des centres de femmes et le Collectif féminisme et démocratie.


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