Le sénateur Jean Lapointe ne serait pas réfractaire à l'indépendance...

Jean Lapointe flirte avec la souveraineté

2006 textes seuls



Montréal - Malgré sa foi fédéraliste, l'humoriste et sénateur Jean Lapointe n'exclut pas la possibilité qu'il pourrait devenir un jour indépendantiste.
À la question de savoir si ses aspirations politiques avaient changé depuis qu'il occupe le poste de sénateur à Ottawa, M. Lapointe a déclaré, dans une entrevue téléphonique à NTR, qu'«il n'a jamais été un fédéraliste enragé» tout en précisant toutefois qu'«il n'est pas encore un indépendantiste». Il a cependant ajouté qu'«il n'est pas dit qu'il ne le serait pas dans cinq ans», pour employer ses propres termes.
Jean Lapointe dirait OUI à l'indépendance du Québec si ce n'était que de la question culturelle mais les problèmes économique et géographique l'empêchent d'aller plus loin dans cette option.
Le sénateur Lapointe a admis que certains anglophones ont une attitude négative vis-à-vis du Québec mais a dit qu'il ne faut pas généraliser.
Il a, par ailleurs, soutenu que même si le gouvernement a changé cela n'a pas affecté son travail au Sénat.
L'humoriste et chanteur Jean Lapointe vient de lancer un DVD contenant ses 50 plus grands numéros avec ses personnages les plus illustres, dont «Le pianiste» dans la tempête de Beethoven (son préféré), «Hector Bédard», «l'accordeur aveugle» et le «Baron Von Boering».
Sur ce DVD double, on peut voir et entendre Jean Lapointe partager la scène et chanter avec quelques uns de ses amis, comme Jean-Pierre Ferland, Félix Leclerc et Richard Séguin.
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Jean Lapointe flirte avec la souveraineté
Hugo de Grandpré
Presse Canadienne
_ Le dimanche 16 avril 2006
Montréal - Cinq ans après avoir été nommé au Sénat, Jean Lapointe n'exclut pas de retourner sa veste et de voter un jour pour la souveraineté.
Après Michel Tremblay et Robert Lepage, c'est au tour de l'humoriste, comédien et chanteur d'alimenter le débat référendaire.
« Je suis toujours fédéraliste. Mais c'est très possible que dans cinq ans je ne le sois plus. Ce n'est pas impossible... Mais je ne le sais pas. Il faut laisser aller les choses », a-t-il révélé lors d'un entretien téléphonique avec La Presse.
« La seule chose qui m'empêche d'être indépendantiste pour l'instant, c'est une question géographique et économique », a-t-il ajouté.
Le célèbre interprète de Chante-la ta chanson et ex-membre des Jérolas a été nommé au Sénat en juin 2001 par le premier ministre d'alors, Jean Chrétien. Le temps qu'il a passé sur la colline parlementaire semble lui avoir fait réaliser certaines choses.
« Au Sénat, j'ai non seulement vu les deux grandes solitudes, mais je les ai ressenties, admet-il. Il y a plusieurs anglophones qui sont très corrects et qui ne sont pas contre le Québec. Mais j'en ai rencontré quelques-uns qui sont contre le Québec. Et ça, je me dis qu'au Sénat, ça ne devrait même pas exister. » Mais c'est d'abord son attachement pour le Québec qui le pousse à raisonner de la sorte. « Je suis très, très québécois, dit-il. Profondément enraciné dans ma langue, dans mes ancêtres, dans tout ce qui s'est passé chez nous. »
L'humoriste rappelle qu'il a voté à deux reprises pour René Lévesque et une fois pour Bernard Landry. Or, il a aussi donné son appui à Pierre Elliott Trudeau et à Brian Mulroney. « Ça prouve mon ambivalence. Je vais toujours voter pour les hommes d'abord et les programmes ensuite. «
Par contre, il n'a jamais voté directement en faveur de la souveraineté. « Je n'ai jamais voté oui à aucun référendum. Je n'étais pas mûr, comme disait Félix. Je n'étais pas loin, mais maudit, j'avais trop peur des conséquences désastreuses pour le Québec. Peut-être à tort, mais c'est une grosse décision. Ça a une implication beaucoup plus importante qu'on le pense. »
Après ceux de chanteur, humoriste, comédien et sénateur, Jean Lapointe ajoutera-t-il le titre de polémiste à son curriculum vitae? Le principal intéressé se dit parfaitement conscient que sa sortie pourra déplaire à certains confrères, mais il garde le cap: « Ça va en chatouiller quelques-uns. Ils ont droit à leurs opinions. Mais j'ai droit à la mienne. Je respecte la leur, qu'ils respectent la mienne. » M. Lapointe se décrit d'ailleurs comme un « libéral entre guillemets « et affirme être à Ottawa pour défendre les intérêts du Québec d'abord et avant tout. « Quand ma conscience me dicte que ce qu'on nous propose a du bon sens pour notre peuple, je suis d'accord. »
Le feuilleton Tremblay
Les déclarations de Jean Lapointe ne sont pas sans rappeler celles de Michel Tremblay et de Robert Lepage, plus tôt cette semaine. Les deux artistes ont remis en cause leurs convictions souverainistes.
Si le discours n'est pas le même, la critique, elle, se ressemble. Comme Robert Lepage, M. Lapointe a profité de sa tribune pour critiquer le Parti québécois: « L'aile radicale du PQ, je pense qu'elle fait un tort incroyable au parti, a-t-il lancé. Ça ne marche plus comme ça... Il faut avoir une réflexion plus souple. » Il a aussi déploré le départ de Bernard Landry, pour lequel il a beaucoup d'admiration.
Les déclarations de M. Lapointe coïncident avec la sortie d'une nouvelle série télévisée sur sa vie, cette semaine. Les Sentiers de ma vie raconteront les moments forts de son existence, de l'enfance à aujourd'hui.
Depuis son arrivée au Sénat, Jean Lapointe se bat pour bannir les appareils de loterie vidéo des bars, restaurants et autres commerces, sauf les hippodromes et les casinos. Il espère représenter son projet de loi dans les jours qui suivront la reprise des travaux au Sénat, le 26 avril.


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