Identité québécoise

Le "Projet de Loi Marois"

Madame Marois NE DOIT donc PAS reculer, ni permettre un tant soit peu de penser qu'elle recule

Tribune libre - 2007

Je suis évidemment radicalement et sans réserve aucune d`accord pour supporter le Projet de Loi Marois

D`abord parce qu`il parait bon en soi.

Mais aussi et surtout parce qu`il constitue un message "non verbal" limpide et fort de volonté de dominance de l`hôte chez lui. Et qu`une fois ainsi lancé, il nous faut l`assumer sans fléchir sous peine de confirmer à nos adversaires ce qu`ils veulent comme toujours vérifier, soit qu`ils peuvent encore comme d`habitude nous faire peur et plier à leur volonté.

Ainsi en fut il du "Projet de Loi 1" dont l`adversaire, qui bien plus qu`il ne cherchait à en obtenir tel ou tel amendement textuel, réussit a imposer au pusillanime René dont il testait la solidité, de le RÉDUIRE au texte de ce qui devint la "Loi 101". Et on sait ce qu`il en est advenu depuis : ayant compris que leur pouvoir survivait, ils n`ont cessé de le rogner et continuent sans vergogne de le faire. Et de nous réduire de toutes les manières possibles : voir le jugement Henderson de cet été… J`avais à l`époque supplié un ministre de veiller au piège : il m`avait légèrement répondu par une pirouette…
C`est pourquoi je ne suis pas du tout d`accord avec [Josée Legault.->9864] À qui je signale que la confiance en soi se bâtit à coups d`affirmations répétées.

Madame Marois NE DOIT donc PAS reculer, ni permettre un tant soit peu de penser qu'elle recule. Ni s`excuser " à la René Lévesque " ("Je m`excuse, mais votre humble serviteur…"). Ni permettre à aucun de ses députés et cadres du PQ de le faire.
Il faut qu`on puisse continuer à dire "Enfin de la VOLONTÉ politique ! Enfin ce qui compte, c`est NOTRE opinion CHEZ NOUS et non celle des autres !"
Et dans notre parti avant tout s`il veut sérieusement exercer le leadership auquel il aspire !

Sur un autre plan, on nous sert des sornettes que nous laissons misérablement passer : "Tous les droits sont égaux", décrète-t-on sans vergogne. Ce qui signifierait que le "Droit à la vie" = un droit civique comme, par exemple, le droit de se porter candidat à une élection scolaire… Comme niaiserie… Mais pas du tout inconséquente puisqu'elle a pour effet de laisser une totale latitude au judiciaire, puisé dans les "gros bureaux" exclusivement... (Lucienne Robillard dixit… ), pour arbitrer fédéralistement sans la contrainte d`avoir à s`opposer à une opinion publique déjà formée !

Ou encore, et plus grave, on nous garoche dans les jambes du "Droit fondamental" à tort et à travers, mais non sans perversité: tout ce qui touche à l`adversaire est dit a priori "fondamental ".
Or un "Droit fondamental", c`est une liberté, légitimement définie par une autorité reconnue, non seulement opposable mais imposable à autrui du fait qu`il FONDE véritablement sa source : on est là dans le quasi sacré, ce n`est pas rien ! En laissant passer, on se trouve à abandonner naïvement à l`ennemi (sic: il ne veut pas seulement nous vaincre, il veut nous détruire, alors…) le choix du terrain où va se livrer la bataille.
Le "Projet de Loi Marois" veut limiter l`accès à certains droits civiques de représentation : or en quoi ces droits particuliers peuvent-ils être tenus pour FONDER la société québécoise dont ils émanent s`ils sont accordés par elle à des personnes incapables de communiquer directement au jour le jour avec la majorité de leurs commettants et de se tenir informés sans restriction ?
Dire "fondamentaux" de tels droits datifs et très relatifs, comme le hurlait presque avec férocité Dominique Poirier à Bernard Dainville, c`est une farce grossière. D`une perversité écœurante ou d`une ignorance crasse.

Et Bernard ? Mon Dieu que nous avons bien fait de nous débarrasser de ce non-chef, pusillanime invertébré toujours paniqué à la pensée de "ce que les journalistes (et tous les autres dans le Monde !) vont dire ", et qui nous neutralisait à tout coup avec sa "crainte révérencielle" qu`il persiste à prendre pour la vertu de prudence !
Après l`autre obsédé par son miroir…
Madame Marois a l`air "bien partie": prions pour qu`elle continue ! Et surtout, supportons-la!


Georges-Étienne Cartier
à Beaurepaire, le 26 octobre 2007


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6 commentaires

  • Raymond Poulin Répondre

    27 octobre 2007

    Comme on dit, il n'y a pas de quoi, monsieur Cartier. Tenez, un autre mot de Talleyrand qui nous retiendrait d'employer également le verbe "appuyer": «Appuyez-vous solidement sur vos principes: ils finiront bien par céder». Un personnage cynique, ce Talleyrand, mais quelle langue et quelle habileté diplomatique!
    Raymond Poulin

  • Georges-Étienne Cartier Répondre

    27 octobre 2007

    Merci Monsieur Poulin !
    Peut-être suis-je à mon insu trop imbu de l`esprit du "mot" de Talleyrand : "Un gouvernement que l`on soutien est un gouvernement qui tombe ...".
    Mais, dont acte : je me débarrasse illico de cette "censure" intime, c`est promis !
    Et au fait, le "mot " en question s`applique aujourd`hui bien mieux à l`actuel Gouvernement et au fédéralisme dont il est le stipendié, qu`a "Nous" ...

  • Jean Pierre Bouchard Répondre

    26 octobre 2007

    Par la référence de M.Cartier et la suggestion d'un répondant.
    Ceci est copie d'un courrier à Madame D.Poirier de SRC.
    1- Sur la question de l'identité québécoise, les opinions sont loin d'être unanimes contre considérant particulièrement le rôle politique partisan bien réel de Gesca-La Presse et ailleurs de l'ensemble des préjugés anti québécois de la presse canadienne.
    2- Votre entrevue hier avec B.Drainville semble prouver parmi bien d'autres exemples le parti pris canadien de Radio Canada en information. Vous avez parlé avec bien trop d'émotivité lorsque vous avez fait approximativement ce commentaire question:
    " avec ce projet,(identité québécoise) tout le Canada ne pensera t'il pas que les souverainistes sont intolérants".
    J'ai peut être tort de trop impliquer les journalistes qui comme hier B.Drainville doivent manoeuvrer avec la mission d'unité nationale valorisée par le réseau.
    Toutefois au delà de cet aspect précis sachant que l'objectivité est bien difficile à appliquer en information, vous devez savoir que trop d'émotion de votre part pendant votre animation et vos entrevues ne peut que créer des courriels polémiques ou parfois une plainte officielle. Vous êtes peut être une fédéraliste de conviction mais moi je ne veux pas le ressentir à la télévision compte tenu de votre rôle. Si vous pensez (?) que les souverainistes convaincus sont abrutis, ne vous méprenez pas sur l'intelligence de plusieurs qui développent leurs arguments à travers ce courant d'opinion qui n'est qu'égal (selon l'utopie de l'objectivité à R.C) à celui du fédéralisme.

    3- Un mot sur mon appréciation de l'émission, des invités non réguliers dans la tranche de 19.30 permettrait une meilleure représentation des idées et des réactions à l'actualité au Québec. Parce que voyez vous Bernard Lord ne me rejoint
    en aucune façon.

  • Ouhgo (Hugues) St-Pierre Répondre

    26 octobre 2007

    M. Poulin,
    Grâce à vous, je change mon nom de "Support" pour "Soutien"
    Vous apportez une correction majeure! Je me souviens toujours de ceux qui me font d'aussi beaux cadeaux que de m'enlever un vice de la langue. Un prof m'avait corrigé vis-à-vis quelque chose pour VIS-À-VIS DE... que peu de gens utilisent.
    Alors merci, c'est enregistré.

  • Raymond Poulin Répondre

    26 octobre 2007

    En effet, soutenons madame Marois et même appuyons-la, mais, de grâce, cessons de confondre ces termes avec l'anglicisme et faux-ami "supporter". Sans malice, Raymond Poulin

  • Ouhgo (Hugues) St-Pierre Répondre

    26 octobre 2007

    Oui, supportons-la en masse!
    Par quel moyen? En remplissant de courriels les ordi des messagers pervers et timorés du pouvoir fédéral: Michel C., Patrice Roy, Benoît Aubin, Patrick Lagacé, Pratte et ses sbires en particulier et tous ceux que nous voyons s'évertuer à se tailler un statut protégé "du bon bord" si le grand étrangleur d'Ottawa venait à gagner tous les pouvoirs de nous canadianiser.