Le nouvel ennemi

Le Québec a déjà en main tous les outils nécessaires à l'intégration des immigrants. Il lui suffit d'y investir davantage de volonté et de ressources.

Le "Nous" - l'expérience québécoise


Après Gilles Duceppe, voici que le porte-parole du Parti québécois en matière d'immigration, [Martin Lemay->9288], s'en prend au multiculturalisme canadien et le rend responsable des difficultés qu'aurait le Québec à intégrer certaines minorités religieuses.


«Le multiculturalisme canadien n'intègre pas les populations immigrantes, il exacerbe les différences, dont les différences religieuses. Les diverses politiques fédérales, les chartes des droits et les différentes cours de justice en font souvent la preuve», écrit M. Lemay dans un texte qu'il nous a fait parvenir et que nous reproduisons ci-contre.
Dans un ouvrage récent (L'embarras des langues, Québec-Amérique), le professeur Jean-Claude Corbeil renchérit: «La conséquence du multiculturalisme est le repli communautaire militant, l'illusion qu'en venant au Canada, les immigrants ont le droit de continuer à vivre exactement comme s'ils n'avaient pas changé de pays. Toutes les dérives sont possibles (...), comme le droit d'être polygame, d'avoir recours à des tribunaux religieux pour vivre selon la loi islamique, de traiter les femmes selon leurs coutumes et non selon le principe de l'égalité des hommes et des femmes, d'avoir droit à des locaux de prière dans les immeubles publics.»
Ces affirmations sont caricaturales à l'extrême. Comment M. Lemay peut-il soutenir que le multiculturalisme canadien n'intègre pas les populations immigrantes? Qu'a-t-il contre «les chartes des droits» (dont une est québécoise)? M. Corbeil, de son côté, s'inquiète de «dérives» qu'il semble croire omniprésentes. Or, on a bien du mal à en trouver la trace, sinon dans quelques rapports rapidement jetés aux oubliettes.
Le multiculturalisme n'a jamais visé à promouvoir les cultures d'origine des immigrants au détriment de leur intégration. Il cherchait plutôt à préserver ces cultures au sein de communautés d'origine européenne déjà intégrées. Les politiques d'intégration remplaçaient les politiques d'assimilation.
Lorsque des nouvelles vagues d'immigration sont arrivées au Canada, en particulier de communautés dont la culture est plus distante de la nôtre, des voix se sont élevées au Canada anglais contre les effets pervers d'une telle philosophie. Celle-ci a été ajustée en conséquence. Le réputé philosophe Will Kymlicka explique: «Le modèle libéral de multiculturalisme repose sur le principe que tous les individus doivent être libres de choisir eux-mêmes si et comment ils expriment leur identité religieuse et ethnique ainsi que sur le principe que tous les groupes doivent respecter les valeurs libérales de base de droits de l'homme et de démocratie.» Le document de consultation de la commission Bouchard-Taylor souligne d'ailleurs, au sujet des modèles canadien (multiculturalisme) et québécois (interculturalisme): «Avec le temps, on peut dire qu'ils ont évolué de façon convergente; leur différence s'est donc atténuée.»
Le multiculturalisme canadien a au moins aussi bien réussi à intégrer les immigrants que les politiques des autres pays (pensons seulement au modèle français). La philosophie québécoise est distincte de la canadienne, compte tenu de sa situation particulière. Mais il n'y a pas contradiction flagrante entre les deux approches. Chose certaine, le multiculturalisme promu par le gouvernement fédéral n'est en rien à l'origine de la «crise» des accommodements raisonnables.
Le Québec a déjà en main tous les outils nécessaires à l'intégration des immigrants. Il lui suffit d'y investir davantage de volonté et de ressources.
Source

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André Pratte876 articles

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[une chronique intitulée « Tout est pourri » (critique de Anne-Marie Gingras) ->http://books.google.fr/books?id=EZWguAMXAtsC&pg=PA27-IA27&lpg=PA27-IA27&dq=pratte+Tout+est+pourri&source=bl&ots=MUti9NTQuH&sig=h2zgJlLgOg844j5ejxnUl4zH2_s&hl=fr&sa=X&ei=73RrT8aQEqnh0QHuh4GyBg&ved=0CEEQ6AEwBQ#v=onepage&q=pratte%20Tout%20est%20pourri&f=false]

[Semaine après semaine, ce petit monsieur nous convie à la petitesse->http://www.pierrefalardeau.com/index.php?option=com_content&task=view&id=30&Itemid=2]. Notre statut de minoritaires braillards, il le célèbre, en fait la promotion, le porte comme un étendard avec des trémolos orwelliens : « La dépendance, c’est l’indépendance ». « La soumission, c’est la liberté ». « La provincialisation, c’est la vraie souveraineté ». « La petitesse, c’est la grandeur ». Pour lui, un demi-strapontin à l’Unesco est une immense victoire pour notre peuple. C’est la seule politique étrangère qu’il arrive à imaginer pour le peuple québécois. Mais cet intellectuel colonisé type n’est pas seul. Power Corp. et Radio-Cadenas en engagent à la poche.





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