Le napperon de papier

Crise de leadership au PQ


André Boisclair promet une «équipe du tonnerre» comme celle du premier gouvernement du Parti québécois, sous René Lévesque en 1976. C'est un beau slogan, mais c'est aussi une grosse commande. Mais, surtout, c'est la mauvaise cible.
Rappelons d'abord l'erreur historique. L'«équipe du Tonnerre», c'est celle de Jean Lesage en 1960. Lévesque a eu une remarquable équipe en 1976, mais dans la plupart des cas, ce n'est qu'après leur élection qu'on a appris à les connaître.
Bien peu de gens savaient qui était cet avocat et professeur de l'Université Laval nommé Jean Garon, qui allait être élu dans Lévis. Encore moins de gens pouvaient se douter qu'il allait devenir un remarquable ministre de l'Agriculture. C'est une fois rendu au pouvoir qu'il allait se révéler. Comme les Yves Bérubé, Marc-André Bédard, Jacques Léonard, Guy Tardif et autres ministres qui ont marqué ce mandat et qui étaient pratiquement des inconnus le soir de leur élection.
Bien sûr, il y avait des vedettes déjà connues comme Jacques Parizeau ou Lise Payette dans l'équipe de René Lévesque, mais l'histoire des campagnes électorales démontre que ce n'est pas le nombre de vedettes au sein d'une équipe qui garantit la victoire. Si c'était le cas, Mario Dumont aurait gagné les dernières élections et serait aujourd'hui premier ministre!
En fait, si on veut trouver ce qui a le plus contribué à la victoire de René Lévesque en 1976, on ferait bien de chercher sur un simple napperon de papier.
Au lieu d'avoir un long programme - comme celui du PQ qui tient dans un petit livre - René Lévesque avait pris une série de six ou huit engagements bien ciblés: une nouvelle loi linguistique, le financement des partis politiques, le zonage agricole, la réforme de l'assurance-automobile, etc...
Toutes les grandes réformes qui ont marqué le premier mandat du PQ et qui tenaient sur un napperon de restaurant. Cela avait été le grand gadget de la campagne de 1976, le PQ avait acheté de la publicité sur les napperons de restaurants et sa plateforme électorale s'est retrouvée dans tous les snack bars du Québec.
Tout ça pour dire qu'il n'y a pas que l'équipe, fut-elle «du Tonnerre», qui permet de gagner une élection. Il faut aussi des engagements électoraux qui vont rejoindre les électeurs et les convaincre que leur vote à l'élection va changer quelque chose dans leur vie.
À voir M. Boisclair essayer d'expliquer ce qu'il proposait en matière de conciliation travail-famille, on voit qu'il est encore loin d'avoir une plateforme électorale suffisamment claire pour qu'on puisse la présenter aux électeurs sur un napperon de papier...


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