INDÉPENDANCE DU QUÉBEC 311

Le deuxième Canada (11/29)

Londres n’aperçoit pas l’issue du conflit au 3e degré

Chronique de Bruno Deshaies

« Même si Londres voulait libéraliser…

elle entendait bien avoir le dernier mot à dire dans la colonie… »

« Londres penche du côté des Canadiens-Français…

et […] était en train de créer virtuellement

une République canadienne-française… »

***
Le climat général en Angleterre est orienté vers des réformes majeures de la société britannique. Vers 1830, le long règne tory tire à sa fin. Il aura duré presque 44 ans. Des dissensions apparaissent au sein du parti Tory. Des hommes politiques comme George Canning et William Huskisson donnent une impulsion nouvelle au mouvement de changement. Ils sont des libéraux au milieu du camp Tory. Malgré tout, ils poseront les bases du Second Empire britannique qui visera à intégrer les colonies dans un système impérial plus ouvert où les intérêts britanniques ne font qu’un, où les colonies ne sont pas que des fournisseurs pour la métropole, où l’émigration peut être utile aux colonies ainsi que l’aide financière aux coloniaux, où il est souhaitable d’avoir un système colonial préférentiel pour les colonies dans le fonctionnement du système tarifaire commercial sur les pays étrangers et où il est possible de prendre soin des colonies comme de ses propres affaires.
En dépit de ces belles idées, le gouvernement de Londres doit faire face au problème de race au Canada. Il n’entend pas abandonner la direction générale de ses colonies. Le cap est maintenu sur l’empire comme un tout. Sauf que les Canadiens-français qui sont des sujets britanniques loyaux n’ont pas que des griefs contre l’administration de la colonie. Ils veulent diriger la colonie du Bas-Canada selon leur désir. Les 92 résolutions constituent une protestation contre le gouvernement local qui ne tient pas compte des droits et des pouvoirs de l’Assemblée législative. De ce fait, la 93e résolution consiste dans la grève parlementaire où l’Assemblée refuse de voter les subsides. Les Canadiens-Français veulent rester maîtres dans le Bas-Canada. C’est la nature même de la crise au 3e degré. Qui gouverne ? (Cf. paragraphe no 18 ci-dessous.)
Cette question, les Québécois se la posent encore aujourd’hui. À ce jour, toutes les politiques autonomistes du Québec n’ont rien changé à la dynamique de la politique canadienne depuis 1791. Nous vivons sensiblement toujours les mêmes problèmes. C’est devenu un atavisme collectif. On pense que les choses vont changer uniquement par des discours dans le système. Impossible ! Le combat porte SUR le système.

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Bruno Deshaies209 articles

  • 268 179

BRUNO DESHAIES est né à Montréal. Il est marié et père de trois enfants. Il a demeuré à Québec de nombreuses années, puis il est revenu à Montréal en 2002. Il continue à publier sa chronique sur le site Internet Vigile.net. Il est un spécialiste de la pensée de Maurice Séguin. Vous trouverez son cours sur Les Normes (1961-1962) à l’adresse Internet qui suit : http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-1-20 (N. B. Exceptionnellement, la numéro 5 est à l’adresse suivante : http://www.vigile.net/Les-Normes-en-histoire, la16 à l’adresse qui suit : http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-15-20,18580 ) et les quatre chroniques supplémentaires : 21 : http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-Chronique 22 : http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-Chronique,19364 23 : http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-Chronique,19509 24 et fin http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-Chronique,19636 ainsi que son Histoire des deux Canadas (1961-62) : Le PREMIER CANADA http://www.vigile.net/Le-premier-Canada-1-5 et le DEUXIÈME CANADA : http://www.vigile.net/Le-deuxieme-Canada-1-29 et un supplément http://www.vigile.net/Le-Canada-actuel-30

REM. : Pour toutes les chroniques numérotées mentionnées supra ainsi : 1-20, 1-5 et 1-29, il suffit de modifier le chiffre 1 par un autre chiffre, par ex. 2, 3, 4, pour qu’elles deviennent 2-20 ou 3-5 ou 4-29, etc. selon le nombre de chroniques jusqu’à la limite de chaque série. Il est obligatoire d’effectuer le changement directement sur l’adresse qui se trouve dans la fenêtre où l’hyperlien apparaît dans l’Internet. Par exemple : http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-1-20 Vous devez vous rendre d’abord à la première adresse dans l’Internet (1-20). Ensuite, dans la fenêtre d’adresse Internet, vous modifier directement le chiffre pour accéder à une autre chronique, ainsi http://www.vigile.net/Le-deuxieme-Canada-10-29 La chronique devient (10-29).

Vous pouvez aussi consulter une série de chroniques consacrée à l’enseignement de l’histoire au Québec. Il suffit de se rendre à l’INDEX 1999 à 2004 : http://www.archives.vigile.net/ds-deshaies/index2.html Voir dans liste les chroniques numérotées 90, 128, 130, 155, 158, 160, 176 à 188, 191, 192 et « Le passé devient notre présent » sur la page d’appel de l’INDEX des chroniques de Bruno Deshaies (col. de gauche).

Finalement, il y a une série intitulée « POSITION ». Voir les chroniques numérotées 101, 104, 108 À 111, 119, 132 à 135, 152, 154, 159, 161, 163, 166 et 167.





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2 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    3 février 2008

    Un internaute me fait part de ce commentaire :
    « Une simple remarque au sujet de la chronique parue cette semaine. Personnellement, je mettrais le mot race entre guillemets (cf. 2e paragraphe, 2e ligne ) . D'accord, on l'employait ainsi au XIXe siècle et jusque vers les années 1950, mais c'était sous l'influence de l'anglais. Lord Durham, je crois, l'emploie en ce sens. Il s'agit plutôt de peuple ou de nationalité, qui a pris ce sens après 1848 et l'a conservé depuis. Il serait peut-être bon d'expliquer le pourquoi des guillemets. »
    Bruno Deshaies

    Réponse :

    Le texte original : « En dépit de ces belles idées, le gouvernement de Londres doit faire face au problème de race au Canada. »
    À la suite de votre commentaire, je pourrais écrire : « En dépit de ces belles idées, le gouvernement de Londres doit faire face au problème de nationalité au Canada. »

  • Jean Berthiaume Répondre

    2 février 2008

    La dualité québécoise : réalité historique maintenant oubliée….

    À travers nos batailles linguistiques et notre combat nationaliste, une évidence a fini par être oublié : La coexistence de la communauté anglophone à nos côtés…
    Les avancées récentes du Québec et son affirmation internationale ont rendu le caractère français du Québec incontournable. Avec ceci en mémoire peut-être est-il le temps de réviser et d’analyser notre politique linguistique…
    Les anglophones du Québec sont nos compatriotes depuis 400 ans. Ils ne sont pas arrivés la semaine dernière. Ils ont participé de façon marquante à l’éclosion de la société que nous formons.
    Les années 80 ont marqué pour eux un tournant difficile à accepter : On leur a interdit d’afficher dans leur langue sur leur territoire. Se pourrait-il que sans mauvaises intentions, nous sommes allés trop loin? Aurait-il été possible d’afficher notre existence sans nier l’existence d’une communauté qui nous côtoie depuis si longtemps? Une loi obligeant l’affichage en français sur toutes les affiches par respect pour les francophones aurait sans doute été suffisante, laissant ainsi à toutes les autres communautés une chance de nous imprégner de leurs couleurs…
    L’interdiction de la langue anglaise a malheureusement transformé un problème démographique en un problème politique. Et c’est pourquoi encore aujourd’hui alors que le reste de la planète est à débattre d’enjeux sérieux, nous en sommes encore à dénoncer que les anglophones…parlent anglais….
    Il est maintenant plus que temps de remercier notre communauté anglophone pour le soutien à notre existence à travers les époques ou nos institutions ont peiné à le faire, les anglophones du Québec étant des québécois à part entière…
    L’heure est à la réconciliation plus qu’à l’affrontement (tant désiré par les nationalistes…).Nous devons maintenant travailler à un nouveau contrat social avec les anglophones du Québec.
    Nous devons de bonne foi leur reconnaître leur droit d’exister .Nous devons de même leur demander de nous respecter. Et ensuite nous devons leur demander de participer activement avec nous à l’éclosion d’une société juste et prospère.