Le confort et l'ignorance

Accommodements - Commission Bouchard-Taylor



La commission Bouchard-Taylor aurait tenu cette seule assemblée que ses travaux auraient été utiles. Dimanche, plus de 200 personnes, la très grande majorité des Québécois musulmans, sont venus donner leur point de vue sur le malaise des accommodements raisonnables. Quiconque était sur place s'est vite rendu compte combien cette communauté ne correspond pas aux stéréotypes qu'on a véhiculés à son sujet.


C'est surtout le cas des femmes. Les participantes, qu'elles soient voilées (une minorité) ou vêtues à l'occidentale, ont toutes dénoncé le préjugé selon lequel une musulmane se trouve nécessairement sous le joug de son conjoint. «Je ne suis pas la femme soumise qu'on veut faire de moi!» a lancé l'une. «Je suis ici aujourd'hui et c'est mon mari qui garde nos deux filles», a raconté une autre.
Ceux qui ont participé à ce forum ne comprennent tout simplement pas le tapage qu'on fait au sujet du voile. «Pour certains hommes, la barbe est un signe religieux, a rappelé une femme. Est-ce qu'on va les obliger à se raser? On va essayer de mettre tout le monde pareil, ça va être la nouvelle religion.»
Les musulmans qui étaient assemblés dimanche - l'élite de la communauté, sans doute - sont tous très attachés à leur religion. Mais ils ont également manifesté, avec passion, leur volonté de s'intégrer à la société québécoise: «Si nous avons choisi le Québec, c'est que nous aimons beaucoup de choses ici. Nous voulons nous intégrer! Mais cela doit se faire dans le respect des uns et des autres.» Le mot qui revenait le plus souvent était «liberté». «Je suis venu ici pour la liberté, a confié un participant. J'espère que la laïcité ne m'empêchera pas de pratiquer ma religion.»
«L'affaire des accommodements raisonnables me rappelle ce qui s'est passé en France dans les années 90, a renchéri un autre. J'ai quitté la France à cause de ça, parce que ma femme, voilée, ne pouvait pas trouver de travail, et que mes filles ne pouvaient aller à l'école si elles portaient le voile.»
Plusieurs de ceux qui ont pris la parole sont d'immigration récente. Tous s'exprimaient dans un français impeccable, à faire rougir de honte bien des intellectuels québécois de souche. Où est la crise linguistique, Mme Marois?
Le forum, organisé (très bien) par l'Institut du Nouveau Monde, de Michel Venne, s'est déroulé dans un climat de grande sérénité, de bonne humeur même. L'observateur pouvait seulement se réjouir de l'extraordinaire richesse qu'apportent au Québec ces immigrants à la fois francophones et porteurs d'autres cultures.
Malheureusement, il y avait fort peu de Québécois de souche dans la salle. Comme si, bien que cette communauté soit au coeur de la controverse, nous n'étions pas intéressés à en savoir davantage à son sujet. Les médias ont accordé à la journée beaucoup moins d'importance qu'au témoignage délirant des porte-parole de Hérouxville. Et on n'a pas vu là l'ombre d'un député...
«Il faut que la population apprenne à connaître les musulmans avant de réagir par peur et méconnaissance de l'Islam», disait en lever de rideau le professeur Patrice Brodeur, de l'Université de Montréal. Cela n'arrivera pas. Un trop grand nombre de Québécois, y compris parmi nos élus, semblent parfaitement satisfaits de leur ignorance.
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André Pratte876 articles

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[une chronique intitulée « Tout est pourri » (critique de Anne-Marie Gingras) ->http://books.google.fr/books?id=EZWguAMXAtsC&pg=PA27-IA27&lpg=PA27-IA27&dq=pratte+Tout+est+pourri&source=bl&ots=MUti9NTQuH&sig=h2zgJlLgOg844j5ejxnUl4zH2_s&hl=fr&sa=X&ei=73RrT8aQEqnh0QHuh4GyBg&ved=0CEEQ6AEwBQ#v=onepage&q=pratte%20Tout%20est%20pourri&f=false]

[Semaine après semaine, ce petit monsieur nous convie à la petitesse->http://www.pierrefalardeau.com/index.php?option=com_content&task=view&id=30&Itemid=2]. Notre statut de minoritaires braillards, il le célèbre, en fait la promotion, le porte comme un étendard avec des trémolos orwelliens : « La dépendance, c’est l’indépendance ». « La soumission, c’est la liberté ». « La provincialisation, c’est la vraie souveraineté ». « La petitesse, c’est la grandeur ». Pour lui, un demi-strapontin à l’Unesco est une immense victoire pour notre peuple. C’est la seule politique étrangère qu’il arrive à imaginer pour le peuple québécois. Mais cet intellectuel colonisé type n’est pas seul. Power Corp. et Radio-Cadenas en engagent à la poche.





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