La souveraineté est une option politique, pas un droit

Le professeur Paul Bélanger se dissocie du guide pédagogique Parlons de souveraineté à l'école

Parlons de souveraineté à l’école


Si la souveraineté est légitime, elle n'est toutefois qu'une option et non un droit fondamental, rappelle le professeur Paul Bélanger de l'UQAM, seul membre de la commission de l'éducation du Conseil de la souveraineté du Québec à s'être dissocié du guide pédagogique lancé mercredi.

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Le président du Conseil de la souveraineté, Gérald Larose. _ Le professeur Paul Bélanger affirme l'avoir alerté que le guide Parlons souveraineté à l'école, «par les foudres qu'il suscitera avec raison, risquera gravement de ternir le projet large de débat et d'esprit démocratique qui caractérise jusqu'à aujourd'hui le Conseil de la souveraineté du Québec».
_ Jacques Nadeau (photo)
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Dans [une lettre publiée dans Le Devoir (voir page A 9)->671], M. Bélanger explique pourquoi il a quitté la commission en soulignant entre autres que les enseignants n'ont pas à inculquer un choix politique aux jeunes enfants; leur rôle est plutôt de les amener à développer une pensée critique. «Il faut arrêter cette opération non seulement ambiguë mais dangereuse», écrit Paul Bélanger.
«Ce n'est pas parce qu'ailleurs au Canada, et même au Québec, on aurait utilisé l'école pour faire de la propagande pour une autre option politique [...] qu'il faut tomber dans ce piège tragique de la propagande et de l'antipropagande car, alors, tout deviendrait permis à l'école. Tous les courants politiques et même toutes les idéologies en mal de trouver des adhérents revendiqueraient alors leur droit d'intervenir dans l'école», estime M. Bélanger.
Ce dernier a alerté le président du Conseil de la souveraineté, Gérald Larose, ainsi que Robert Cadotte, qui a piloté le projet dès l'automne dernier. Il leur prédisait que le «projet, par les foudres qu'il suscitera avec raison, risquera gravement de ternir le projet large de débat et d'esprit démocratique qui caractérise jusqu'à aujourd'hui le Conseil de la souveraineté du Québec».
Joint par téléphone, M. Bélanger a réitéré que ce guide pédagogique discrédite l'organisme. «Gérald [Larose] s'est trompé. C'est une erreur politique et éducative profonde», a-t-il affirmé.
M. Bélanger n'est pas le seul à le croire. Mercredi, les élus du Parti québécois se sont réunis et n'encensaient pas du tout Gérald Larose et son équipe. «Dans un conflit, quand on imite l'adversaire, on devient comme l'adversaire», a résumé le dissident.
Une motion de dénonciation
À l'Assemblée nationale, le ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes, Benoît Pelletier, est revenu à la charge hier en présentant sa motion qui dénonçait «vigoureusement» le Conseil de la souveraineté pour son guide visant la promotion de l'indépendance du Québec dans les écoles. Comme elle l'avait fait mercredi, l'opposition officielle a refusé d'en débattre, mais sa leader parlementaire, Diane Lemieux, a présenté sur le champ une motion qui reprenait la conclusion de la motion présentée par M. Pelletier. On pouvait y lire : «que l'Assemblée nationale réitère le principe fondamental que le milieu scolaire ne soit pas utilisé à des fins de propagande politique ou de démarche partisane». Cette motion a été adoptée sans débat.
Avec la collaboration de Robert Dutrisac


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