La réussite snobée: mythe ou réalité?

Le «modèle québécois»


Un mythe est en train de naître au pays du Québec, mythe presque toujours véhiculé par des gens peu soucieux de la méthode avec laquelle ils ont réussi, à faire des sous il va sans dire. Ainsi, on peut lire dans un journal d'aujourd'hui, ou on fait dire à M. Cousineau, que les Québécois n'aiment pas ceux qui ont du succès.

Relisons les mots utilisés par ce monsieur de la rigolade: «Et puis au Québec, nous avons une culture bizarre qui fait que la réussite n'est pas admirée. Elle est plutôt montrée du doigt. C'est dommage. Ce faisant, nous freinons notre croissance. Et quand on freine, généralement, on se fait dépasser.» Fin de la citation!
En lisant ces lignes, on a l'impression de relire Lucien Bouchard et ses malheureux lucides, qui n'ont pu convaincre les Montréalais et les Québécois de la justesse de leurs projets.
Voyons donc, M. Cousineau, connaissez-vous quelqu'un qui ne soit pas heureux de la réussite de Céline Dion ou de celle du Cirque du Soleil? Ou encore de celle de Bombardier?
Nommez-nous les personnes qui n'étaient pas heureuses des succès de Sol, un monsieur capable de nous faire rire et de nous faire apprécier ses jeux de mots, sa philosophie et sa culture.
Vous en connaissez combien qui ne sont pas heureux des succès de Plamondon et de ses chanteurs?
Qui n'était pas content des succès de Félix à Paris, ou de ceux de Deschamps, ou encore de Charlebois, sans oublier tous les autres que nous savons apprécier?
Et quelles sont les personnes qui ne sont pas contentes des succès de tous nos festivals, celui de Juste pour rire entre autres, qui souvent ne nous fait pas rire?
En vous lisant, nous avons la vague impression que vous utilisez vos concitoyens afin de faire avancer vos affaires et celles de ceux qui ont la critique facile devant leurs concitoyens.
Avez-vous déjà entendu René Angélil se plaindre de la jalousie de ses concitoyens envers les succès de Céline Dion? Au contraire, tout comme Luc Plamondon, il a plutôt oeuvré au développement de la gent technique et artistique du Québec, que ce soit ici ou ailleurs dans le monde, plutôt que de se plaindre du comportement de ses frères.
Avec toute la délicatesse que j'ose utiliser, vous me permettrez de vous dire que vous êtes de la même graine de «défaitiste», j'allais dire de «colonisé», que les supposés lucides et tous ceux qui sont incapables de se défaire de leur comportement d'esclave. Ces gens sont toujours prêts à accuser les autres de tous leurs défauts. Bien sûr, il y a des succès qui sont inacceptables, et vous ne m'en voudrez pas d'en citer quelques-uns.
Ici, je pense à tous ces Pierre Elliott Trudeau, Jean Chrétien et autres Stéphane Dion qui ont bâti leurs succès en mangeant du Canadien français québécois et en le trichant tout au long de leur carrière politique.
Vous ne voudriez certainement pas que nous admirions tous ces gens que la commission Gomery a épinglés à cause de leur implication dans le scandale des commandites et qui ont coûté un pays à votre peuple en 1995! À moins que vous ne soyez pas de ce peuple?
Quant à votre humble serviteur, même à 74 années bien comptées il peut vous indiquer -- ce que des millions de Canadiens français québécois, au contraire de vos prétentions malheureuses et de mauvais aloi, peuvent aussi vous indiquer -- qu'il est très «fier» et très «orgueilleux» des succès de ses concitoyens, dans quelque domaine que ce soit.
Vous me permettrez donc de vous inviter à éviter de dire des bêtises à la Lucien Bouchard lorsque vous aurez l'occasion de vous adresser aux journalistes lors de prochaines occasions, sinon vous risquez que nous regrettions de vous aimer et d'aimer ceux qui, parmi nos concitoyens, réussissent dans leurs différentes carrières et dans leurs différentes entreprises.
S'il y a des gens qui méritent votre défaitisme et votre hargne vis-à-vis du manque de financement de vos entreprises culturelles, (votre festival peut-il être considéré comme une entreprise culturelle), c'est à ceux-là que vous devez vous adresser, mais surtout à ceux qui veulent s'emparer des succès de nos festivals, les gens de Toronto par exemple.
Je terminerai ce petit propos en vous indiquant que ce n'est pas en détruisant son nid qu'un oiseau peut se loger et réussir à bâtir une famille.
Avec des millions de Québécois, je souhaite que nos gouvernements comprennent le message que vous leur avez envoyé et que vous compreniez celui que vous recevez par la présente afin que votre prochain propos soit plus près de la réalité que du mythe.


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