Lettre à mes compatriotes fédéralistes...

La guerre des mots - 2

Pourquoi ne peut-on pas qualifier les auteurs de ces gestes par les mots qui décrivent le mieux leurs actions : fourbes, menteurs, tricheurs, fascistes et collaborateurs ?

Chronique de Louis Lapointe


Chers amis,
C’est avec beaucoup de respect que je vous écris ce matin. Hier, j’ai
commis un texte où je parlais de vos chefs comme étant des ennemis et des
adversaires, encourageant même mes compatriotes indépendantistes à leur
déclarer la guerre, celle des mots, pas n’importe lesquels, les gros ! Moi
qui ai été bien élevé et qui n’utilise jamais publiquement de gros mots,
ai-je bien fait de commettre ce texte séditieux et encourager une révolte
où il y aura risque d’effusion de mots... Mes détracteurs ont raison, nous
devons convaincre nos compatriotes québécois de la justesse de notre
position, j’en suis moi-même persuadé. Mais est-ce une raison pour
proscrire à tout jamais l’utilisation de tous les gros mots ?
***
On ne pourrait pas répondre à la violence des armes et de l’argent par la
violence verbale. Nous devrions nous taire, écouter, temporiser et
expliquer calmement notre point de vue, même s’il n’y aura aucun média pour
rapporter nos propos parce qu’ils défendent tous la même vision fédéraliste
du Canada. Après tout, nous ne sommes plus en pays colonisé ! N’est-ce pas
là une position angélique, lorsque tout notre discours vise justement à
changer l’ordre des choses, à faire l’indépendance ? Retirer volontairement
des mots de notre vocabulaire, n’est-ce pas faire aveu d’impuissance ?
Nous savons tous que les mots ont un pouvoir, chacun a ses effets comme
autant de sortilèges différents. Pourquoi, d’emblée, écarter les plus
virulents de notre registre alors qu’ils peuvent nous être si utiles dans
les situations les plus inextricables. Certains mots ont le pouvoir de
rallier et de changer l’ordre établi lorsque cela devient nécessaire, la
Marseillaise en est truffée !
Pendant que les médias contribuent jour après jour à transformer
l’Histoire de notre conquête en un conte de fées racontée par une gentille
gouverneure générale où nos conquérants nous ont sauvés du péril colonial
français, nous devons respecter ce point de vue parce que l’Histoire ne
serait pas constituée d’une suite de faits objectifs s’entrelaçant, mais
plutôt de multiples visions subjectivées par les observateurs qui
l’interprètent. Ceux qui changent l’Histoire et qui oblitèrent les crimes
et exactions ne seraient pas des barbares, ils seraient plutôt civilisés.
Nous ne devons pas les combattre, mais débattre avec eux de la justesse de
leur interprétation. Nous devons demeurer dans le cadre qu’ils ont déjà
défini et qu’ils nous imposent et surtout ne pas en sortir par des écarts
de langage de peur de devenir de vulgaires trouble-fête.
Ainsi, ceux qui ont organisé le coup de la Brink’s en 1970 n’étaient pas
fourbes, mais plutôt astucieux. Ceux qui ont convaincu les personnes âgées
qu’elles perdraient leurs pensions de vieillesse si elles votaient «oui» au
référendum de 1980 n’étaient pas des menteurs, mais d’habiles rhéteurs.
Ceux qui ont organisé le Love-in et rempli les urnes de votes illégaux lors
du référendum de 1995 n’étaient pas des tricheurs, mais des héros qui ont
sauvé le Canada de la menace séparatiste. Ceux qui ont organisé le scandale
des commandites n’étaient pas des fraudeurs, mais des stratèges. Ceux qui
ont fait adopter la loi sur la clarté n’étaient pas des fascistes, mais de
grands démocrates. Ceux qui font chaque jour l’apologie des stratégies
fédéralistes pour maintenir le Québec illégalement dans le Canada ne sont
pas des collaborateurs, mais des éditorialistes.
Pourquoi ne peut-on pas qualifier les auteurs de ces gestes par les mots
qui décrivent le mieux leurs actions : fourbes, menteurs, tricheurs,
fascistes et collaborateurs ? Les mots ont les pouvoirs qu’on leur prête.
Lorsqu’ils sont appropriés, ils deviennent des images fortes qui peuvent
inspirer les sentiments les plus nobles comme ceux de la liberté, de
l’égalité et de la fraternité. Ils peuvent décrire les pires penchants
humains comme la lâcheté, la trahison et la tricherie. Ne pas utiliser ces
mots, c’est faire honte à notre langue, celle des lumières, qui peut être à
la fois douce et belle, souvent humoristique et parfois cruelle lorsque
nécessaire, mais toujours française!
Nul besoin de s’autocensurer, encore moins de s’autoflageller sur la place
publique, juste utiliser des mots précis qui définissent bien la situation
ou les personnes que nous voulons décrire. Soyons pertinents !
Louis Lapointe

Brossard

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Louis Lapointe534 articles

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Autrefois avocat, chroniqueur, directeur de l'École du Barreau, cadre universitaire, administrateur d'un établissement du réseau de la santé et des services sociaux et administrateur de fondation.





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15 commentaires

  • Jacques Bergeron Répondre

    13 juillet 2008

    Cher Monsieur,Pourquoi a-t-on peur des mots,sinon parce que nous nous conduisons comme des colonisés et des esclaves, mots et maux qu'il ne faut surtout pas souligner,parce qu'ils peuvent nous ramener à une dure réalité.Cependant,on accepte sans sourciller, qu'on nous traite de tous les maux, avec tous les mots du dictionnaire «Fédéraliste».Pourtant,ces ennemis du Québec et des Canadiens-français y mettent toute la gamme de leurs mots et de leurs émotions «machiavélqiues» et «racistes» pour dénoncer et culpabiliser notre peuple afin de le garder prisonnier de ses maîtres «Anglo-Saxons» et de ses «chaînes».
    Dites-moi, chez quels peuples pouvons trouver autant de gens aussi avilis que les intellectuel-le-s et les «Politiques» du Québec,incapables de s'exprimer en dehors de leur rectitude
    «politique», imprégnée d'une forte dose d'esclavagisme?Tiens, encore des mots, et des maux, qu'il ne fallait pas souligner!

  • Archives de Vigile Répondre

    13 juillet 2008

    Si les indépendantistes pouvaient envisager que le P.Q. ne soit pas élu à la prochaine élection générale,que, peut-être, il ne le sera plus jamais,élu,que l'électorat s'est détourné du parti mais pas de l'option de la souveraineté ni de l'indépendance,un pas serait fait dans la bonne direction.
    Toute la stratégie actuelle du P.Q.,dont on ne dira jamais assez qu'elle est actuellement très risquée pour l'avenir de notre nation(la prochaine pourrait bien être l'élection historique la plus risquée en effet !),repose sur une victoire espérée.Sans cette victoire,c'est la nation elle-même qui serait offerte,sans défense,au parti libéral inféodé à l'électorat canadian du Québec, qui est le parti de la partie de l'électorat dédié à la capitulation tranquille.
    Les premiers,en tout premier lieu,en priorité,first,primo,écrivons-le comme il plaira ,les premiers grands perdants seraient les indépendantistes,dont le vote au P.Q. pourrait être nié par la suite, pour la première fois depuis 40 ans.Ce qui pourrait être lourd de conséquences.
    Est-il nécessaire de faire remarquer qu'il n'y a plus de fédéralistes "crédibles" au P.L.Q. pour s'opposer à la constitution de 1982 ?Que si ce parti est silencieux sur le sujet, pour l'heure,sa réélection pourrait lui donner le signal de tout autre chose. Et ce pourrait être notre gouvernement!
    Avec,en face,une opposition complice et grande gueule,(A.D.Q.),une autre, désarmée et satisfaite de l'être(P.Q.).Méchante alliance en perspective !
    Pour une fois,simplement,les indépendantistes pourraient et devraient voter"stratégique" : à tout hasard,comme çà,mine de rien, pour un parti tout simplement indépendantiste par exemple.Est-ce trop espérer ?
    Entre un vote indépendantiste que l'on craint de "perdre" au P.I.et un autre,au P.Q., qui sera "nié" par le P.L.Q.(si ce n'est renié par le P.Q. lui-même) après la prochaine élection,il y a toute la différence qu'il y a entre avoir le coeur tranquille et le coeur meutrie encore une fois !


  • Archives de Vigile Répondre

    12 juillet 2008

    Il y a de la friture sur la ligne. Comme un bruit de fond agaçant mais qui finira bien par disparaître. Cette friture est le produit du parasitisme du PQ, de l'ADQ et de QS. Des partis sans option forte, dont la pertinence est douteuse, voire insignifiante (si on exclu les enjeux immédiats). Des partis condamnés à l'opportunisme politique et à la seule préservation de leur statut. Des partis du passé et dépassés. La friture sur la ligne va s'éteindre et doit s'éteindre pour que les deux options pertinentes soient présentées à la population : l'indépendance ou l'assimilation. Le PI ne peut être un simple mouvement de pression car il représente les intérêts fondamentaux de la nation québécoise: l'indépendance. Sa pertinence politique ne peut être mise en doute. Si le temps et les circonstances le permettent, il présentera 125 candidats aux prochaines élections. Il luttera bec et ongles pour être du "débat des chefs" car, en démocratie, l'option indépendantiste ne peut être une option passée sous silence au Québec. À moins que l'on consente à ce que l'option indépendantiste soit marginale ou marginalisée...
    Les prochaines élections, si les indépendantistes agissent de façon concertée, en dépit de l'individualisme qui mine leur solidarité hélas et doublement hélas, seront l'occasion de remettre dans le colimateur, et pour de bon, l'option indépendantiste.
    L'indépendance suppose la disparition de la friture. Que les indépendantistes se retrouvent face aux libéraux, avec rien entre les deux, c'est ce que nous pouvons souhaiter de mieux si nous voulons que notre histoire quadri-centenaire aboutisse à notre émancipation plutôt qu'à notre disparition.
    Gilles Verrier

  • Archives de Vigile Répondre

    12 juillet 2008

    Les souverainistes, les indépendantistes, les progressistes, les socio-démocrates, les pacifistes, les écologistes tous réunis, sommes majoritaires dans cette société québécoise qui croit encore au partage de la richesse, au respect de l'environnement, à la paix et au pays québécois.
    Nous devons bloquer le retour à l'obscurantisme, à la vieille société canadienne-française repliée sur elle-même nationaleuse et à droite.
    Je parlerai ici de la nécessaire alliance PQ-PI-QS et Vert.
    Le PQ doit redevenir la grande coalition qu'il fut. Parizeau avait raison lorsqu'il craignait la création d'un nouveau parti à sa gauche. André Boisclair avait tort lorsqu'il disait qu'il n'était pas là pour fédérer les mécontents.
    Allez Pauline, sortez du coma, le temps presse! Vous devez favoriser le retour au bercail des gens de Québec-Solidaire et des Verts et aussi ceux du PI . Toutes ces formations renferment des gens de grande valeur et d'un très haut niveau intellectuel. Plusieurs militants et militantes sont en attente d'un signal fort de votre part. Ne nous décevez pas! L'heure est trop grave!

  • Archives de Vigile Répondre

    12 juillet 2008

    La grande région de Québec commence à m'inquiéter. En effet, cette région incluant Chaudière/Appalaches et Portneuf est sur le point de devenir le Bible Belt québécois.
    La révolution tranquille a sorti les religieux des écoles et de hôpitaux. Les années 80 et 90 ont complété la laïcisation de la société québécoise.
    La religion est à faire son retour sournois par la montée du mouvement évangéliste par la porte d'en arrière. J'ai reçu hier, dans ma boîte aux lettres un dépliant qui avait la forme et le fonds de ceux distribués par les born agains américains. Les temples mormons, adventistes, pentocôtistes et baptistes poussent dans notre région comme des champignons et cela m'inquiète hautement parce que cette mouvance véhiculent des valeurs qui ne sont pas des valeurs progressistes, bien au contraire.
    Ces gens véhiculent les valeurs mêmes qui ont portées Georges W.Bush au pouvoir au États-Unis.
    Le lobbye faciste voudra tôt ou tard influencer les politiques du gouvernement du Québec comme le retour de la peine de mort, la recriminalisation de l'avortement. Il voudra plus de privatisation afin de nous ramener à la charité chrétienne. Il fera à nouveau la guerre aux personnes gaies et lesbiennes. Il encouragera de nouvelles croisades militaires comme en Irak et en Afghanistan.
    Non, je vous le dis, cette dérive d'extrême droite nourrie par la nouvelle radio poubelle de Québec est très inquiétante pour la suite des choses et pour la démocratie.
    Lorsque j'ouvre mon téléviseur et que j'apperçois Mario Dumont, Stephen Harper, Régis Labeaume, Josée verner, Jacques Gourde, c'est loin de me rassurer!
    On va devoir réagir et le temps presse!

  • Archives de Vigile Répondre

    12 juillet 2008

    Je crois davantage à la force des arguments, des regroupements et des campagnes concertées qu'aux gros mots qui mènent à l'excès du genre ado. L'humour et le ridicule font mieux en faisant rire. Il faut cultiver le genre contre l'adversaire et non contre le PQ sinon on se met à militer contre le pays inconsciemment.
    Nous avons maintenant des tribunes nouvelles telles internet. Auparavant nous avions Gesca-Power- R-C, le Devoir et les journaux de Péladeau. Nous n'utilisons pas internet de façon assez efficace, nous pouvons décupler notre influence dans ce média encore.
    Ici une collaboration stratégique entre les nombreuses tribunes souverainistes et nationalistes autour d'une thématique, par exemple la liberté de presse¨, durant trois jours pourrait produire un effet de groupe. Cette première thématique pourrait faire l'étude et la critique de Gesca-Power avec R-Canada qui contrôlent l'opinion publique et lancer un groupe de surveillance de ce monopole de l'information. La publication sur internet de l'entente secrète, les agissements de journaux et télé qui annoncent en choeurs la fuite des capitaux avec la photo de la Brink's, annoncent le déménagement d'un million et demi de québécois en Ontario advenant l'indépendance ou encore qui affirment que 50 buildings sont menacés de bombes.
    Il faut utiliser internet en nous regroupant pour forcer la liberté de presse avec P. Bourgeois. Vérifier pourquoi R-C envoie en douce certains journalistes de l'information, pourquoi le proprio d'une chaîne de journaux fait des conférences affirmant l'orientation fédéraliste de la nouvelle et des tribunes dans ses 7 quotidiens. Pouvons -nous lancer une campagne positive pour supporter moralement les quotidiens neutres ou indépendants du capital. Une semaine de discussion sur internet de sujets comme ceux-là ferait plus de bien que certains textes pourfendeurs de Pauline Marois à répétition. Nous avons le don de viser les mauvaises cibles et de répondre aux événements seulement. Ainsi nous n'avons pas d'agenda collectif, nous suivons ceux qui nous attaquent plutôt et les gros mots répondront aux gros mots. De cette manière on peu nous en faire dire tant qu'on veut. Surtout des mots émotifs qui nous coulent dans le vote puis on rit de nous dans sa barbe.
    Un regroupement derrière un agenda de quelque sorte, un peu rusé même, avec humour et déculottage des télés qui n'invitent que des journalistes de Gesca, par exemple, feraient d'internet une tribune stratégique, intelligente sans limiter les autres sujets d'expression. Les résultats seraient bons si on se concentrait sur les questions importantes d'abord, solidairement. Unpeu plus de raison et d'organisation et un peu moins d'émotion. Sans la surveillance des journaux il sera difficile de gagner une élection. Je vois davantage le PI comme un mouvement d'action efficace qui n'a pas de compte à rendre aux électeurs et quei structure son action et ses tribunes que comme un parti politique sans avenir

  • Archives de Vigile Répondre

    11 juillet 2008

    La violence verbale ne marche pas dans les couples pour faciliter les séparations, ça ne marchera pas plus entre fédéralistes et souverainistes.(Gilles Bousquet)
    Un couple ?
    Il n'y a jamais eu de couple. Il est question d'un viol, d'une agression et non d'un mariage manqué !
    Ce que nous combattons est un barbare, un violeur, un criminel, un despote.
    Il doit être traité comme tel et dénonçé pour ce qu'il est.
    .Le contrôle des médias conduit inévitablement à la violence. C’est comme ça que Nelson Mandela s’est retrouvé derrière les barreaux, car toute manifestation pacifique était brutalement réprimée.(?)
    C'est lorsque Mandela fut libéré qu'il perdit sa bataille. Un média contrôlé renseigne plus que l'absence de média.
    Lorsque Nikita Khrushchev (Union Soviétique) se rendit pour la première fois aux USA, pour une visite officielle, il fit cette remarque à son hôte: "Durant ces quelques jours chez vous, j'ai regardé votre télévision et lu vos journeaux. J'aimerais bien connaître votre secret, car chez-nous nous devons mettre les gens en prison pour arriver à un tel contrôle de l'information".
    Une fois Mandela libéré, c'est lui qui devait négocier avec les maîtres de l'Afrique du Sud. N'ayant pas comprit les rouages économiques, il signa des ententes qui n'étaient conçues que pour la création d'une bourgeoisie "noire" dont lui-même serait le symbole vivant.
    L'appartheid existe toujours en Afrique du Sud.

  • Archives de Vigile Répondre

    11 juillet 2008

    Bonjour Monsieur Lapointe,
    La force que les mots peuvent transmettre est très importante selon le contexte et l’intérêt que peut porter la société impliquée dans le changement d’un état d’âme meurtrie par la discrimination, le pillage institutionnalisé, le racisme, l’arbitraireté des lois, l’ingratitude… L’on se souvient par exemple du réveil suscité par la phrase célèbre de Claude Péloquin, Vous êtes pas écœurés de mourir, bande de caves ? D’autre part, l’importance des mots se traduit chez le pamphletaire et radical Louis-Marie Cormenin (1786-1868), alias Timon d'Athènes, qui en utilisait pour indiquer une réalité qui, encore aujourd’hui, reste immuable : La civilisation a changé de courant, l’épée a cessé d’être la souveraine et l’unique dominatrice des empires; l’éloquence et la presse soumettent graduellement toutes les nations de l’Europe. Les orateurs et les écrivains sont les rois de l’intelligence, et celle-ci finira par dominer le monde.
    Ceci dit, avant qu’il ne soit trop tard, les souverainistes convaincus, aurons-nous la force et la ténacité de continuer cette bataille contre ceux qui veulent réussir à anéantir les Canadiens français à travers la perverse propagande des mass média profédéralistes, pour ainsi les faire disparaître? L’on a déjà dit --il faut le reconnaître avec une certaine prudence-- que les batailles se gagnent aux champs d’instruction et non aux champs de bataille.
    C’est ainsi qu’en politique ces « champs » d'instruction doivent être de pédagogie indépendantiste avant d‘aller aux champs de bataille, champs d’ínstruction devenus de plus en plus rares. De fait, le peu d’instructeurs qui emploient la pédagogie de l'action politique souverainiste se servant des mots avec l’intention de réveiller les consciences, sont mous en « barnouche ». Car en définitive, le court laps décroissant dont nous disposons pour réussir la reconquête de la pleine souveraineté du Québec --laps favorisant la force ethnopolitique contraire à l’indépendance--, joue hélas contre cet objectif national.
    JLP
    L'Indépendance et la vraie Liberté civique ne sont pas faites pour les lâches

  • Archives de Vigile Répondre

    11 juillet 2008

    Il y a quelques années, des voleurs se sont introduits dans mon appartement.
    Ce soir là, je rentrai du travail et filai directement à la cuisine pour préparer le souper, sans me rendre compte de l'effraction. Après le repas, en empruntant le corridor qui mène à ma chambre, j'ai ressenti comme une impression que quelque chose avait changé dans mon appartement, mais sans savoir quoi au juste. Je pris une douche en vitesse et me dirigeai vers le salon pour regarder les informations de 22:00. Je cherche la télécommande mais comme cela arrive souvent, elle n'est pas à sa place. Je tend le bras pour allumer le poste à la main, comme dans l'ancien temps,et ce n'est qu'a ce moment que je découvre le trou béant qui se tient là ou se trouvait quelques heures plus tôt mon téléviseur. Puis je constate qu'on m'a dépossédé de tout ce qui avait de la valeur pour moi: ordinateur, instruments de musique, caméras, sans parler de mes photos, pièces de musique, tentatives de roman avortées: toute ma vie reformatée par des voleurs sans scrupules qui m'ont non seulement enlevé mon gagne pain et mes souvenirs, mes également les modestes moyens d'expression que j'avais à ma disposition.
    C'est exactement la situation dans laquelle se trouve le Québec en ce moment. Après l'échec de 1995, la convergence médiatique et les agressions du fédéral ont menés à la situation que l'on connait aujourd'hui et dont on commence à peine à évaluer l'ampleur: éradication de l'identité Québécoise de l'espace médiatique québécois, campagnes de désinformations acharnées, ré-écriture de notre histoire, application systématique du "diviser pour regner" a la sauce Sun Tzu dont Machiavelle fut probablement un disciple.
    Nous avons été volés, dépossédés de nos moyens de communication. N'est-il pas étrange que chaque communauté culturelle possède ses bulletins d'information tandis que les Québécois doivent se contenter de médias commerciaux ou tout simplement hostiles - dont la mission principale est d'éradiquer l'identité Québécoise et de diviser pour regner? Promenez vous dans le Québec et écoutez la radio. En région, on a droit à une pléthore de radio-poubelle fachisantes controllées par Chorus Media Entertainment Group, afin de promouvoir le racisme, le néo-libéralisme et la haine des Montréalais, et ce dans l'unique but de favoriser la monté de l'ADQ et permettre une meilleure division du vote pour assurer la ré-élection du Quebec Liberal Party. A Montréal, c'est exactement le contraire. Du coté français, on fait la promotion de la gauche, de l'environnement, de toutes sorte de valeurs formidables sauf une: celle de l'émancipation de la culture Québécoise. Du coté anglophone, rien de tout cela. Un belle harmonie manichéenne s'occupe de faire comprendre aux immigrants que les Québécois sont racistes et arrierrés, et que leur seul salut est dans la canada anglais. Naturellement, la Canadian Broadcasting Corporation donne le ton et n'hésite pas à collaborer avec les médias les plus anti-québécois (a ce propos, connaissez vous la rumeur qui prétend que GESCA est une entreprise qui perd beaucoup d'argent?) Certains diront avec raison que nous avons Québecor qui n'est pas en guerre contre le Québec, mais c'est un média privé qui en aucun cas ne peux prétendre parler au nom de notre peuple.
    La démocratie, c'est plus qu'une croix sur un bout de papier à tous les quatres ans: en français, on ne parle pas seulement de votes mais aussi de voix: la voix du peuple en l'occurence. Or, on nous a volé cette voix. La communauté Italienne de Montréal possède sa voix, ainsi que l'haitienne, la libanaise, et toutes les autres sauf une: la notre. Résultat, Montréal est probablement le seul endroit au monde où Israeliens et Palestiniens se donnent la main en toute harmonie pour mépriser leur ennemi commun: nous!
    C'est triste à dire mais le Québec, contrairement au ROC, n'est plus une démocratie. Imaginons qu'une telle situation avait prévalu en 1976. Le PQ serait-il parvenu à prendre le pouvoir, avec à sa tête un alcoolique-batteur-de-femme comme l'aurait été René Lévesque à travers la lentille déformante de la désinformation systématique?
    Il faut de toute urgence mettre un terme a l'assimilation forcée de notre culture. Bien avant l'indépendance, il faut prendre la rue - sinon les armes - pour reprendre de force ce qui nous reviens de droit: un média de masse parlant en notre nom et controllé par nous, les citoyens du Québec.
    Les mots, pour avoir une force, doivent être entendus.

  • Archives de Vigile Répondre

    11 juillet 2008

    Félicitations à M. Julien Lothbinière pour avoir arrêté de frapper sur le chef du PQ même si ça n'a pas encore eut d'effet dans les derniers sondages. Si les autres souverainistes purs et durs font de même, ça devrait finir par aider LA cause.
    En attendant, on lâche un peu le stress constitutionnel pendant l'été jusqu'au milieu de septembre. C'est fête au Québec en général et à Québec en particulier. Le PQ devrait présenter de nouvelles idées et stratégies à ce moment là.
    Dans le commerce, on ne se fait pas une clientèle en passant son temps à critiquer ses compétiteurs mais en lui fournissant un meilleur service et en l'écoutant pour mieux saisir ses besoins. Le Québec pays doit devenir une chose facilement vendable. Si c'est pas dans le bleu, ça pourrait être dans le mauve...genre.

  • Archives de Vigile Répondre

    11 juillet 2008

    Le contrôle des médias conduit inévitablement à la violence. C'est comme ça que Nelson Mandela s'est retrouvé derrière les barreaux, car toute manifestation pacifique était brutalement réprimée. Souvenez-vous du piège à cons du Sommet de Québec, où on nous avait invité, avec le sourire, à aller exercer notre droit démocratique de protester. Mal nous en pris. Il y a le discours, hypocrite, et la réalité, déplaisante et criminelle.
    Il y a, au Québec, tous les ingrédients nécessaires à l'apparition de la violence. Cela signifierait notre perte car nous sommes minoritaires. Nous ne sommes pas Israël pour bénéficier d'un soutient inconditionel d'une grande puissance. Seule la réthorique et l'intelligence de nos stratèges sauront faire avancer notre cause. Toute autre approche, surtout violente, sera suicidaire. Nos adversaires n'attendent que ça. Entre temps, ils nous ont à l'usure.
    S'il est toujours vrai que la plume est plus puissante que l'épée..., A vos plumes!

  • Archives de Vigile Répondre

    11 juillet 2008

    Monsieur Bousquet nous dit qu'il ne faut pas répondre à l'insulte par l'insulte et pourtant, observez bien.
    Les fédéralistes sont de plus en plus méprisants et condescendants à l'égard des souverainistes. Ils n'ont jamais été aussi élevés dans les sondages. Monsieur Lapointe a raison de se questionner.
    Si vous portez attention, j'ai cessé de faire du PQ bashing et malgré cela, il continue de s'enliser dans l'inaction, la langue de bois et la rectitude politique. Sondages après sondage Marois fait du surplace. Moi, je ne sais plus quoi penser!

  • Archives de Vigile Répondre

    11 juillet 2008

    Je suis d'accord avec vous pour l'idée de donner de l'importance aux mots et de réfléchir un peu avant de dire ou d'écrire n'importe quoi principalement contre nos chefs souverainistes quand on est souverainiste. Ce ne sont pas des ennemis, ce sont des souverainistes qui tentent, avec beaucoup de difficultés, de fonder un pays avec le Québec pendant que plusieurs de leurs membres tentent de les poignarder à la place de s'acharner sur les adversaires connus.
    Même s'ils sont, comme vous l'écrivez : «fourbes, menteurs, tricheurs, fascistes et collaborateurs », ça donne quoi de s'arrêter sur les actions passées de nos adversaires ? On perd du temps. Par contre, je suis d'accord pour qualifier nos dirigeants actuels, Messieurs Harper, Dion, Charest et Mme Jean et compagnie d'adjectifs qu'ils peuvent mériter...parfait !
    Ça me semble plus important de développer un argumentaire souverainiste et de démystifier les options qui s'offrent aux Québécois autre que la fédération actuelle. Même les initiés des problèmes constitutionnels pour le Québec qui écrivent sur Vigile ne font pas encore la différence entre une confédération et une fédération, après mes multiples interventions et mon option, un peu collée au fond. Écrire que messieurs Lévesque et Parizeau ne voulaient que remanier la confédération est une aberration parce que le Canada n'a jamais été une confédération....jamais.
    La violence verbale ne marche pas dans les couples pour faciliter les séparations, ça ne marchera pas plus entre fédéralistes et souverainistes. Pour faire baisser la tension dans le but de pouvoir éventuellement entrer en négociation, il ne faut pas répondre à l'invective par l'invective, à l'insulte par l'insulte.
    L'art de l'insulte n'est jamais très payant pour arriver à ses fins.

  • Archives de Vigile Répondre

    11 juillet 2008

    100% avec vous !
    Nos mots, c'est non seulement ce qui nous reste mais ce qu'aussi nous défendons.
    Nous n'allons tout de même pas se trancher soi-même la gorge !
    Non plus que de servir des politesses à celui qui nous la serre de ses deux mains en nous crachant au visage !

  • Archives de Vigile Répondre

    11 juillet 2008

    La lutte politique n'est pas une lutte qui peut se confiner à la démonstration rationnelle de son bon droit. Le bon droit est du coté de celui qui influence le discours public, du coté de celui dont la perspective est acceptée, reconnue, largement partagée. Les fédéralistes le savent bien. C'est pourquoi leurs procédés ne se limitent jamais aux démonstrations académiques. En face, les indépendantistes, les péquistes en particulier, qui refusent de leur opposer un contre-discours font figure d'enfants d'école. En fait, ne pas leur livrer une lutte du tac au tac c'est en quelque sorte abdiquer et leur laisser le champ libre pour dominer le discours et l'opinion publique.
    La structure organisationnelle des indépendantistes devrait leur permettre de reproduire quotidiennement un discours crédible, fort, soutenu et dont le message est simple et clair, toujours le même, mais adapté aux faits de l'actualité et, sous ce dernier aspect, impérativement bien documenté. Les indépendantistes devraient rejoindre le parti qui porte ce nom, créer des organisations dans chaque circonscription, investir ses instances décisionnelles, conjuguer leurs forces pour agir de façon concertée. Le morcellement ne favorise pas l'élaboration d'un discours public unifié et reproduisible et, par conséquent, réduit l'influence potentielle du groupe porteur.
    Gilles Verrier