La CAQ en perte de vitesse

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La jeunesse vote libéral car elle est issue de l'immigration


Le coussin est soudainement moins confortable : la Coalition avenir Québec (CAQ), qui détenait une avance de 11 points de pourcentage dans les intentions de vote à la fin janvier, ne devance plus les libéraux que par cinq points, révèle un coup de sonde mené par la firme Léger pour le réseau LCN.


À moins de six mois des élections, la CAQ est ainsi créditée de 34 % des intentions de vote. C’est une baisse de trois points depuis le précédent sondage, publié il y a un mois par Le Devoir et Le Journal de Montréal.


Ces points sont entièrement grappillés par les libéraux, qui remontent de 26 % (un plancher touché en mars) à 29 %. La réception généralement positive au dernier budget Leitão a pu contribuer à cette progression.


Le Parti québécois (PQ) continue pour sa part de stagner et récolte aujourd’hui 21 % d’appuis. Même absence de mouvement à Québec solidaire, qui aurait remporté 9 % des votes si une élection avait eu lieu cette semaine.


Avec quelques pas de recul, on note que la CAQ a gagné 12 points depuis un an (mars 2017). À l’inverse, les libéraux, les péquistes et les solidaires ont tous vu leurs appuis reculer de 5 points durant la même période.


La poussée de la CAQ fait en sorte que 36 % des répondants pensent aujourd’hui que la formation va gagner les prochaines élections. Un peu plus d’un répondant sur quatre (27 %) voit plutôt les libéraux se maintenir au pouvoir.


Le (névralgique) vote des francophones favorise toujours la CAQ (41 %), devant le PQ (25 %) et les libéraux (16 %). Ces derniers doivent plutôt leur remontée générale à l’appui des non-francophones, qui est passé de 66 % à 75 % en un mois.


Philippe Couillard a posé deux gestes dans les derniers mois pour raffermir les liens avec l’électorat anglophone : la création d’un secrétariat consacré aux Relations avec les communautés anglophones, et son financement à hauteur de 24,5 millions pour les six prochaines années.


Un autre segment de la population semble avoir repris confiance envers les libéraux : les jeunes de 18-34 ans. Le sondage montre qu’ils sont 35 % à appuyer le PLQ, une hausse de 12 points en un mois (à noter que la marge d’erreur théorique est plus grande avec les échantillons des sous-groupes). Inversement, les appuis de la CAQ auprès de ces jeunes sont passés de 25 % à 19 % depuis mars.


Selon Jean-Marc Léger, président de la firme de sondage, « ce sont les jeunes qui créent les tendances — on l’a vu avec Jack Layton et Justin Trudeau. Les jeunes ne vont peut-être pas voter, mais ils créent le mouvement. Et c’est ce qui est un peu inquiétant pour la CAQ. »


Legault devant les autres


Il n’empêche que plusieurs indicateurs montrent que la CAQ a de bonnes chances de former le prochain gouvernement — mais il serait minoritaire, selon M. Léger.


D’une part, François Legault est toujours perçu comme le « meilleur premier ministre », avec 28 % d’appuis. Philippe Couillard (16 %), Jean-François Lisée (11 %) et Manon Massé (5 %) sont loin derrière.


M. Legault est perçu comme le meilleur premier ministre par 84 % des sympathisants caquistes. Les libéraux sont plus réservés à l’égard de Philippe Couillard (57 %), tout comme les péquistes envers M. Lisée (58 %).


D’autre part, aux yeux des répondants, la CAQ est le parti qui représente le plus le changement (31 %), devant Québec solidaire (15 %). On trouve 10 % de répondants pour dire que les libéraux, au pouvoir presque sans discontinuité depuis 2003, incarnent le mieux le changement… et même chose pour le PQ.


Immigration


Le sondage mené pour LCN a aussi mesuré la perception des répondants par rapport à l’immigration au Québec.


Les résultats montrent une division importante à cet égard. Un peu plus de la moitié (53 %) des Québécois seraient d’accord pour « maintenir l’immigration » (38 %), ou l’augmenter un peu (10 %) ou beaucoup (5 %).


Par contre, 30 % voudraient « diminuer l’immigration », alors que 14 % ont choisi l’option « arrêter totalement l’immigration ». La question posée n’indiquait pas quels sont les seuils actuels d’immigration (51 000 personnes pour 2018).


À noter parmi les autres éléments du sondage :


Priorités. Dans une liste de dix sujets ne comprenant pas d’enjeux identitaires, 22 % des répondants ont dit que la question de la baisse des taxes et des impôts sera leur priorité, devant la question des soins pour les aînés (15 %) et deux enjeux liés au système de santé (11 %).


Information. Quelle sera la principale source d’information des répondants pour se tenir informé de la campagne électorale ? La télévision (52 %) dominera vraisemblablement, devant les médias sociaux (19 %), les journaux (17 %) et la radio (12 %).


> La suite sur Le Devoir.