La bataille des couleurs de Québec

Le spectacle de clôture du 400e face au Manège militaire aura confirmé à quel point le rouge Canada a gagné la bataille des couleurs nationales du début à la fin des festivités

Tribune libre 2009


Le spectacle de clôture du 400e face au Manège militaire aura confirmé à
quel point le rouge Canada a gagné la bataille des couleurs nationales du
début à la fin des festivités. Au beau milieu de la place George V, au bout
d’un mât vertigineux éclairé par de puissants projecteurs, flotte un
démesuré drapeau du Canada. Aucun des 25 000 spectateurs présents n’a pu le
manquer. Mais pourquoi Daniel Gélinas, Régis Labeaume et Jean Charest
n’ont-ils pas de concert réclamé qu’y flottent aussi en cette rare occasion
et pour une première fois le drapeau de la ville de Québec et celui du
Québec ? Parce qu’ils ne le voulaient pas, tout simplement : ces trois
personnages ont abdiqué tout désir que les couleurs nationales du Québec se
perpétuent. Voilà pourquoi, en désespoir de cause, je formule les deux
recommandations suivantes aux principaux concernés.
Repartir à zéro
Lettre au maire de Québec, Monsieur Régis Labeaume
Comme l’a démontré de manière éloquente l’absence du drapeau de votre
ville durant toute l’année des célébrations du 400e et compte tenu de votre
indifférence à cet égard, permettez-moi de formuler une proposition
concrète.
Considérant que la Société du 400e a adopté les couleurs orange
et rose fuchsia comme signes distinctifs des festivités; considérant que ce
choix ne semble pas avoir indigné ni ému outre mesure l’opinion publique de
la capitale;
considérant enfin que cela indique que l’identité québécoise
ayant comme caractéristiques visibles la langue et la culture françaises
sont caducs,
et considérant que la conception qui semble avoir triomphé en
2008 est celle de la mosaïque multiculturelle et multicolore à la
canadienne qui noie et banalise l’identité québécoise;
je suggère le
remplacement des symboles et des couleurs traditionnelles représentant la
ville de Québec depuis 400 ans, soit le bateau or sur fond bleu et blanc,
par un oriflamme orange et rose fuchsia.
***
Lettre à Monsieur Jean Charest, premier ministre du Québec
Considérant que le drapeau de la province (du latin -vincia, « qui a été
vaincu » et pro-, « en avant ») que vous représentez s’est avéré tout aussi
inutile et superflu que celui de la ville de Québec lors des célébrations
du 400e;
considérant que même vous n’avez pas jugé bon de corriger cet état
de fait;
considérant que cela indique qui l’identité même que symbolise ce
drapeau, soit la langue et la culture françaises, n’est en conséquence plus
d’aucune utilité,
je suggère le remplacement des fleurs de lys du drapeau
du Québec par quatre feuilles d'érable rouge vif sur fond blanc non
séparées par une croix catholique, symboles de notre appartenance
indéfectible à la nation canadienne multiculturelle.
Nos symboles nationaux enfin disparus, souverainistes et autonomistes
verront enterré tout espoir de statut particulier pour le Québec, et le
fédéralisme centralisateur pourra se déployer dans toute sa force partout
au Québec.
(...)

Jean-François Vallée

Québec

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Jean-François Vallée90 articles

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Jean-François Vallée est professeur de littérature québécoise et française au niveau collégial depuis 1995. Son ambition de pédagogue consiste à rendre les étudiants non seulement informés mais objectivement fiers de la culture dans laquelle ils vivent. Il souhaite aussi contribuer à les libérer de la relation aliénante d'amour-haine envers leur propre culture dont ils ont hérité de leurs ancêtres Canadiens français. Il a écrit dans le journal Le Québécois, est porte-parole du Mouvement Quiébec français dans le Bas-Saint-Laurent et milite organise, avec la Société d'action nationale de Rivière-du-Loup, les activités de la Journée nationale des patriotes et du Jour du drapeau.





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5 commentaires

  • Éric Savard Répondre

    12 janvier 2009

    Excellente question que tu poses là!
    Je crois que la réponse tient en plusieurs éléments dont ceux-ci:
    1- La situation en Palestine est critique et les postes de nouvelles en continu (CNN, RDI, etc.) nous relaient en boucle les quelques images d'horreur auxquels ils ont accès malgré le blocus d'information imposé par Israël. Ce qui, en soi, est un grave problème mais démontre que tous les gouvernements conservateurs et idéologiques au monde essaient de tout contrôler. Et comme ces images sont insupportables, les gens ne peuvent rester insensibles.
    2- Certains sont en mesure de faire une comparaison entre les Palestiniens et les Québécois, bien que la situation sur le terrain y soit fondamentalement différente de la nôtre. On cherche toujours des points en commun pour comprendre ce qui se passe. Le Québec est colonisé et maintenu dans cette situation par le Canada de même que la Palestine est colonisée et maintenue dans cette situation par l'État d'Israël. La comparaison s'arrête là.
    3- Il est plus facile de chialer dans une situation où le conflit est situé loin géographiquement de notre territoire. D'abord, ça tranquillise la conscience de beaucoup qui se sentent impuissants et puis ça ne demande que quelques heures d'efforts. Enfin, ça ne comporte pas beaucoup de risques. Remarquez que je ne dis pas que ça ne doit pas être fait, au contraire. Mais, faut-il s'arrêter là? Est-ce donc tout ce dont nous sommes capables?
    S'engager au Québec activement dans notre lutte pour l'indépendance est beaucoup plus exigeant et plus risqué. Car alors, on est vus de nos voisins et amis qui n'ont pas les mêmes idées que nous à ce sujet. Et puis ça fait jaser nos collègues de travail... Et, si on s'implique suffisamment, c'est un billet assuré pour être fiché par la GRC et le SCRS, le risque d'être menacé, de se faire suivre, intimider, ridiculiser, perdre son emploi, etc. Certains pensent que j'exagère? Impliquez-vous activement! Vous m'en reparlerez...
    Vous savez ce qu'on dit: Nul n'est prophète en son pays.
    Qui donc est assez fou pour faire ça?

  • Jean-François-le-Québécois Répondre

    11 janvier 2009

    Mais, quelqu'un pourrait-il m'expliquer une chose, s'il vous plaît?
    Comment se fait-il que la plupart des Québécois ont encaissé ce véritable vol du 400e de Québec, comme le vol du référendum de 1995 par Jean Chrétien... mais qu'à Montréal, on peut voir nombre de Québécois manifester pour la Palestine?
    Bien sûr, je trouve terribles les événements des derniers jours, dans la bande de Gaza... mais pourquoi les gens d'ici, font si facilement preuve de compassion, et rêvent de justice et de paix, pour un peuple vivant loin d'ici, et avec qui nous n'avons que relativement peu de choses en commun, pour encaisser sans trop faire de bruit, les injustices à notre égard du Rest of Canada?

  • Gaston Boivin Répondre

    9 janvier 2009

    Je ne crois pas les Québécois innocents et masochistes. Ils sont au contraire de plus en plus instruits et de plus en plus portés vers les plaisirs de la vie. Mais je les crois de plus en plus atteints, pour certains, par la propagande fédéraliste qui, depuis plus d'une vingtaine d'année, s'est attaquée de façon pernicieuse à leur conscience idenditaire en cherchant à l'avilir à leurs propres yeux en lui prêtant des caractères et des intentions détestables(qui évidemment n'étaientt pas les siennes) ainsi qu'en cherchant à substituer à son histoire celles de tous les autres peuples de manière à les rendre ainsi sans histoire et au surplus sans identité véritable. Avec le temps, ils sont donc devenus, pour certains, de plus en plus ignorants tant de ce qu'ils sont vraiment que de leur histoire, de sorte qu'ils sont de plus en plus, à ce chapitre, manipulables par ces mêmes fédéralistes qui détiennent et contrôlent tous ou presque tous les médias. Ajouté à cela, une nouvelle religion, celle d'un prétendu humour, aussi dominante et dirigiste que la précédente, dont l'esprit est de tout banaliser avec une seule véritable prière, celle du "Il n'y a rien là!"
    Et vous savez, cela n'en prend pas tant que cela, pour arriver au résultat des dernières élections(qu'en passant nous avons presque gagnées, Q.S. en moins), considérant que les anglophones et ceux qui, parmis une partie majoritaire des Québécois issus de l'immigration qui se sont intégrés à cette communauté, votent pour le Parti Libéral, tant au provincial qu'au fédéral, souvent dans des proportions astronomiques, frisant parfois les 90%, alors que les Québécois francophones, toutes origines confondues, votent en éparpilant de façon moins drastique leurs votes, notamment avec un 20% en faveur du Parti Libéral, presqu'assidu, provenant des fédéralistes et environ un 3 à 4% en faveur du même parti, sans cesse en croissance, issu de la perte identitaire et du "Je m'en foutisme", précédemment décrit, le tout sans compter la division du vote nationaliste, issue elle-même, des turbulences povoquées par ce qui est précédemment décrit.
    Et vous avez là, l'existence du miracle Charest qui continue à subsister jusqu'à date malgré le fait qu'il soit si néfaste au Québec et à sa nation.

  • Archives de Vigile Répondre

    9 janvier 2009

    Et les québécois ont voté pour ce gouvernement traîte. C'est à n'y rien comprendre. Ils sont innocents ou ils sont masochistes les québécois?

  • Jean-François-le-Québécois Répondre

    8 janvier 2009

    Charest ne s'est même pas donné la peine de se présenter à la cérémonie à La Rochelle, au printemps dernier (il a envoyé l'ex-ministre Couillard à sa place)...
    Ça montre assez éloquemment, le sérieux avec lequel il prend ses responsabilités. Et son attachement au Québec.