Justice pour Yves Michaud

Affaire Michaud 2000-2011

Lettres: Montréal, le 23 décembre 2002
Quelle pitié! Quelle misère! Quel spectacle déprimant que ces députés du Parti québécois qui refusent toujours, sous des prétextes spécieux, de corriger l'injustice commise envers le citoyen Michaud, ce qui aurait pourtant dû être fait depuis belle lurette. Lorsque, un certain 14 décembre 2000, il s'est agi d'adopter une motion de blâme contre celui-ci, sans même connaître les propos qu'on lui attribuait, tous se sont empressés de se lever pour signifier leur docile approbation, au seul signal d'un chef dont la motivation était loin d'être noble.
Mais maintenant qu'ils savent qu'Yves Michaud a été blâmé injustement (et sans avoir été entendu par ses accusateurs), ces mêmes députés ont l'impudence de soutenir qu'il est «prématuré et malvenu» de procéder aujourd'hui à la réparation (Le Devoir, 20 décembre 2002, page A 3) et refusent d'entériner un texte présenté par le premier ministre, pourtant bien anodin au regard de la gravité de l'offense. On y déclare en effet essentiellement que le groupe parlementaire du Parti québécois s'engage à ne pas s'associer désormais à une motion de blâme dirigée contre une «personne qui n'est pas élue, sauf si cette personne porte atteinte aux droits et privilèges de l'Assemblée ou à un de ses membres». Auquel cas, l'accusé devrait être convoqué «par la Commission de l'Assemblée nationale», avant l'adoption «d'une éventuelle motion de blâme à son endroit». Il n'y est donc pas question d'excuses ou de palinodie, le seul but poursuivi étant que l'injustice ne se répète pas à l'avenir, comme d'ailleurs le souhaite M. Michaud, avec dignité et modération.
MM. et Mmes les députés, lorsqu'on a commis une erreur, on doit réparer celle-ci, quel que soit le prix que cette réparation impose à son amour-propre. Or vous refusez d'accomplir ce devoir de justice et, ce faisant, vous ajoutez l'injure à l'injustice initiale : c'est pourquoi vous vous exposez à ne plus être dignes, un jour ou l'autre, de représenter ceux, nombreux parmi les Québécois, qui ont gardé le sens de l'honneur, réprouvent l'injustice et méprisent la lâcheté.
Un péquiste de la première heure...
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Un autre tabou pour Yves Michaud et nous tous
À Monsieur Bernard Descôteaux
_ Directeur
_ Le Devoir
Voici que l'on s'en prend de nouveau à Yves Michaud (Bill Clennett, Le Devoir, 4-5 janvier, p. B 4), cette fois parce qu'il a osé répondre à l'attitude et aux propos injurieux de monsieur Facal. Désormais, si l'on en croit monsieur Clennett, lorsque l'on est attaqué par un néo-Québécois, surtout si celui-ci est ministre je suppose, il serait interdit de répondre; ce nouveau tabou s'ajouterait à tous les autres que nous aimons cultiver et que je ne dois même pas nommer, sous peine de graves accusations, auxquelles je n'aurais ni le goût ni le temps de répondre. Monsieur Facal (peu me chaut son origine ethnique) est un citoyen comme les autres, c'est-à-dire qu'il peut être l'objet de critiques et d'éloges, selon qu'il mérite les unes ou les autres. C'est ce qu'implique, je pense, la notion de nationalisme civique, dont on parle tant sans trop savoir à quoi elle engage, et sur laquelle monsieur Clennett, tout comme monsieur Facal d'ailleurs, devrait faire porter sa réflexion de redresseur de torts.
Gaston Laurion
_ «Pure-laine» civique TL 5.1.2003
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Faisons un rêve...
11 novembre 1630 - La « Journée des dupes »
Marie de Médicis déteste Richelieu, elle est déterminée à le perdre. Au palais du Luxembourg, elle fait mander son fils Louis XIII et lui demande la disgrâce du cardinal. Celui-ci apparaît, elle l'injurie. Bouleversé, le roi se retire sans un regard pour son ministre. Richelieu se croit perdu. Les grands se pressent vers la reine, convaincus qu'elle vient de l'emporter. Le lendemain, le roi convoque le cardinal dans son pavillon de chasse de Versailles. Le cardinal se jette aux pieds du roi, qui le relève et le prie de rester. C'est à la reine que le roi ordonne de prendre le chemin de l'exil au château de Compiègne. Avant que sa mère ne parte, le roi lui dit à propos de Richelieu : « C'est le plus grand serviteur que jamais la France ait eu».
18 décembre 2002 : La «Soirée des dupes »
Sylvain Simard et Joseph Facal détestent Yves Michaud. Le 18 décembre 2002, à la réunion du groupe parlementaire du Parti québécois, ils affrontent le Premier ministre, l'humilient en maintenant le militant péquiste dans la disgrâce. Bouleversé, le chef du gouvernement prend quelques jours de réflexion au Mexique. Entre-temps, des députés courtisans se pressent autour d'un quarteron de ministres félons, convaincus que le pouvoir est entre leurs mains. À son retour, le Premier ministre convoque les deux ministres et leur ordonne de prendre le chemin de l'exil vers les banquettes arrières de la députation ministérielle. Avant que les ministres partent, le chef du gouvernement dit à propos d'Yves Michaud: « C'est l'un des plus grands serviteurs que jamais le Québec et la cause souverainiste ont eus».

Gaston Laurion
_ Professeur émérite
_ Université Concordia




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