Immobilisme? Non, le Québec a tout simplement changé!

Rabaska


Bastrash*Yvan - Dans différents articles parus au cours des dernier mois, voire des dernières années, des analystes, observateurs de la scène économique, éditorialistes, anciens ministres et même un ex-premier ministre ont déploré vivement qu'une certaine «mécanique» paralysante frisant la «tyrannie», un certain «immobilisme» bloque différents projets économiques au Québec. Cette dynamique, négative selon eux, empêche le Québec tout entier de prospérer et est responsable de l'échec du Suroît, nuit à Rabaska et autres projets dit «sensés» et absolument «nécessaires».
Ces gens ne réalisent pas que le Québec a heureusement changé depuis l'ère Duplessis. En effet, son célèbre «Toé tais toé» est bel et bien mort et enterré. Il est fini le temps où on élisait un gouvernement tous les quatre ans en le laissant gouverner avec un chèque en blanc par la suite, et ce, sans mot dire. Terminée aussi l'époque où n'importe quel promoteur de tout acabit se présentait avec un projet enrobé de ruban rose à coup de millions de pub en se disant que les gens n'y verraient que du feu ou qu'avec des dollars on peut tout acheter, même les consciences. Non, le monde, voyez-vous, préfère y regarder à deux fois plutôt qu'une. Et c'est très sain ainsi.
Le peuple du Québec d'aujourd'hui, et c'est de plus en plus vrai aussi ailleurs dans le monde, a compris ce que représente sa force réelle et le rôle qu'elle peut jouer entre les élections ou encore dans l'activité économique surtout après avoir été échaudé par différentes magouilles entourant certains événements ou projets. Il suffit de penser à Expo 67, au Stade olympique, aux dernières années des Expos à Montréal, à Québec 84, à l'éléphant blanc de Mirabel, au référendum de 1995 en particulier où l'on a fait preuve du plus profond mépris des règles démocratiques et des lois qui ont été mentionnées d'ailleurs à la commission Gomery. Que dire maintenant de la vente du mont Orford à des gens un peu trop près du pouvoir en place ou encore de l'ex-maire Jean Garon qui avait avoué avoir écrit sa résolution pro-Rabaska en collaboration étroite avec le promoteur? Que dire, enfin, des tergiversations et tractations au goût douteux qui ont entouré le choix du lieu et les coûts d'implantation du nouveau CHUM à Montréal? Ces projets auraient-ils vu le jour ou à tout le moins de cette manière si les Québécois avait été aussi vigilants qu'ils le sont aujourd'hui?
Démocratie participative
Trop souvent, la population a gardé l'impression très forte, pour ne pas dire la certitude, qu'on ne lui disait pas toute la vérité, bref qu'elle se faisait carrément avoir. Elle ne veut plus être muselée par des promoteurs sans scrupules ou encore par des lois coercitives non clairement justifiées et expliquées. Elle désire encore moins être endormie par des promesses ronflantes de projets remplis de folies de grandeur pour le bénéfice de quelques actionnaires ou politiciens en mal de vedettariat. Pour ce faire, elle ne se gêne pas pour dire pacifiquement, haut et fort, son opposition à tout ce qui ne répond pas à ses valeurs et à ses besoins profonds. On appelle ça de la démocratie participative!
Les élus en particulier, parce que justement ils ont été élus, se croient trop souvent tout permis et c'est là une erreur magistrale. C'est un privilège et un honneur d'être choisi par ses concitoyennes et concitoyens mais cela ne donne pas le droit de faire ce que l'on veut, quand et comme on veut. Les politiciens doivent se rappeler qu'ils sont au service du peuple et non le contraire.
Quelle solution alors, me direz-vous?
Bien, c'est que dans une optique où le peuple est une force sur laquelle il faut dorénavant compter, les élus ont tout intérêt à mettre en place de vrais mécanismes de consultations et d'informations justes et équitables pour toutes et tous. Ils devront être libres de toutes interventions politiques (exemple d'erreur: l'intervention du ministre Béchard en faveur de Rabaska, et ce, avant même les audiences du BAPE, nomination des membres du BAPE par la majorité ministérielle et non par l'Assemblée nationale etc.), libres aussi de toutes pressions financières indues de quelconques lobbys.
Être écoutés
Les gens veulent que les choses se fassent autrement, ils veulent être écoutés et non juste entendus par les élus et autres décideurs de notre société. Et c'est très rafraîchissant que l'on en soit arrivé là.
Dés lors que des mécanismes transparents et efficaces sont établis, une meilleure communication s'installe, et un climat de confiance se noue qui font que gouvernés, gouvernants, agents sociaux économiques et autres se comprennent mieux. Il en découle inévitablement des décisions plus éclairées répondant mieux aux aspirations profondes et légitimes de la population.
Cette nouvelle prise de conscience populaire est une valeur ajoutée à la démocratie et au développement économique (par ricochet) mais non un frein à ce dernier.
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Yvan Bastrash, Association pour la protection de l'environnement de Lévis


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