Les communications en anglais entre l'État et les entreprises du Québec

Il faut que cela cesse, dit le CSLF

De même, les immigrants avec qui Québec communique en anglais devraient être servis en français après un certain temps

Christine St-Pierre - la marionnette d'un gouvernement qui ne respecte pas la loi 101

Québec -- Le Conseil supérieur de la langue française (CSLF) juge que le gouvernement Charest doit prendre rapidement des mesures afin que l'administration publique échange en français avec les entreprises du Québec et que les communications en anglais ne leur soient plus offertes.
Réunis hier à Montréal, les membres du CSLF ont discuté de la pratique de l'administration publique de communiquer en anglais avec les entreprises établies au Québec, une pratique qui viole la Charte de la langue française, comme l'a révélé Le Devoir jeudi. «À l'unanimité, les membres du Conseil supérieur de la langue française pensent que les rapports entre l'administration publique québécoise et les entreprises doivent se passer en français», a indiqué le président du CSLF, Conrad Ouellon. «Il faut prendre des mesures pour redresser la situation au plus tôt.»
L'État a «un rôle exemplaire» à jouer «si on veut manifester le fait que le Québec fonctionne en français», a fait valoir M. Ouellon. En juin, le CSLF doit remettre à la ministre responsable de la Charte de la langue française, Christine St-Pierre, un avis qui fera le point sur la situation de la langue française au Québec, un exercice que s'était refusé à faire la présidente de l'Office québécois de la langue française (OQLF), France Boucher. Le CSLF se penchera également sur la francisation de base des immigrants ainsi que sur l'intégration et la francisation des immigrants en milieu de travail, en particulier dans les petites et moyennes entreprises comptant 50 employés ou moins. Ces PME ne sont pas obligées de se franciser car elles ne sont pas soumises à la Charte de la langue française, contrairement aux entreprises de 50 employés et plus.
En outre, le CSLF dispose de données sur la langue dans laquelle l'administration accueille les immigrants, données qui seront rendues publiques en juin et qui vont dans le sens des révélations du Devoir de la semaine dernière. «Dans le cas des nouveaux immigrants, ceux qui ont le choix d'utiliser le français ou l'anglais, ceux qui ne sont pas branchés, si on ne leur donne pas un message clair de passer au français, ils ne passeront pas au français compte tenu du poids de la société», a signalé M. Ouellon. Mardi de la semaine dernière, Le Devoir affirmait que ministères et organismes désignaient comme anglophones une majorité d'immigrants allophones, un statut qui leur permet d'être servis en anglais leur vie durant.
«Il faut casser ça», juge Conrad Ouellon. On pourrait, après un certain nombre d'années, faire en sorte que les immigrants reçoivent les documents de l'État québécois en français, a-t-il avancé. «Il faut que l'image et le fonctionnement de l'État [affirment] que [le Québec], c'est une société qui fonctionne en français. À partir du moment où il y a ambiguïté, c'est sûr qu'on va avoir des problèmes.»
En ce sens, il faut éviter «de mettre sur le dos des immigrants» le problème du français à Montréal, a fait valoir M. Ouellon.
Par ailleurs, le Mouvement Montréal français (MMF) a lancé hier une campagne contre le bilinguisme institutionnel des services publics québécois. Le président du MMF, Mario Beaulieu, note que la ministre St-Pierre préconise des mesures incitatives pour faire en sorte que les entreprises utilisent le français comme langue commune «alors que le gouvernement et ses organismes ne le font pas eux-mêmes».


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