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L’anglicisation subliminale des petits Québécois par l’utilisation de titres anglais.

Langue française — la « dynamique du déclin »


Pulsart, Peppa Pig, Berenstain, 6Teen, Kid Paddle, Duck Dodgers, Acceleracers, RatZ, Totally Spies, Billy&Mandy, South Park, Atomic Betty et Yakkity Yak.
Des titres d’émissions anglophones? Pas du tout: quelques titres seulement d’émissions francophones pour les enfants sur Télétoon.
L’anglicisation subliminale des petits Québécois par l’utilisation de titres anglais. Alors que le Ministère de l’Éducation et l’Office de la langue française déploient tant d’efforts pour promouvoir les mots en français. Je suis estomaquée de constater que le Parti Québécois, qui, à mon avis, devrait d’abord s’occuper de ces détails, passe à côté de sa mission. C’est par les petits détails que se gagnent les grandes causes.
J’ai réfléchi à ce terrible concept : l’anglais prend beaucoup plus de place qu’avant chez nos jeunes. De l’apprentissage d’une autre langue – ce serait mieux qu’on leur apprenne le mandarin ou l’espagnol – on est vite passés à l’américanisation de nos descendants.
Par monts et par vaux canadiens, j’ai, depuis longtemps, compris que la seule province bilingue est le Québec. Même nos frères acadiens qui hantent les petits coins des contrées de l’Est – je ne parle pas du Nouveau-Brunswick, bien sûr - n’arrivent plus à se faire comprendre tant leur français est un concept éthéré. Ni à Victoria pas plus qu’à Halifax ne peut-on rencontrer des petits commerces où l’on parle français.
Dans mon coin de pays des Deux-Montagnes, les anglophones sont assez rares, mais ceux qui y vivent sont nombreux à n’avoir jamais appris le français (surtout les irréductibles Mohawks de Kanesatake). Une de mes amies, une francophone née au Manitoba, est mariée depuis 48 ans à un Écossais qui n’a jamais parlé un mot de notre langue. Bien sûr, il a réussi à fréquenter l’école, l’église, le collège et l’université et s’est dégoté un boulot chez Bombardier sans jamais avoir parlé le français. Alors quoi.
On peut vivre unilingue anglophone au Québec. On ne peut pas vivre unilingue francophone au Canada. Voilà l’horrible réalité.
Alors, Télétoon, avec tous ces titres anglais devrait être forcée de se franciser. On ne peut certes pas compter sur les vendus de la CRTC pour en faire un règlement puisque l’américanisation du Canada doit se faire lentement, subtilement et avec une patience infinie.
Quand on est capable de faire voter autant d’immigrants reçus avec l’urgence du désespoir (référendum 1995), on est paradoxalement capables d’une longue patience.
Réagissons avant que les Acceleracers nous atteignent!


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2 commentaires

  • Rodrigue Larose Répondre

    24 novembre 2009

    Plusieurs pour qui le français n'est pas une valeur vous diront qu'il faut accepter cette rèalité; si non, il n'y en aura pas de dessins animés pour enfants. Jamais les protestations individuelles ne suffiront; seule une réglementation étatique s'appuyant sur le respect de l'identité québécoise freinera ces forces occultes... qui savent ce qu'elles font. Un Québec indépendant aura-t-il cette volonté d'imposer notre spécificité surtout à l'âge où ça compte, et pourquoi pas sans distinction d'âge?
    Pour ajouter a votre tableau, madame Allard, pensons aux chansons non traduites de certaines émissions ainsi qu'à l'anglais par défaut au début et la fin des cassettes vidéo pour enfants. Ces lâchetés subies font aussi leur ravage identitaire dans l'imaginaire des enfants. Comme oeuvres d'acculturation, elles ne sont pas présentées innocemment. Une conséquence directe de cela: quand ils baptisent des personnages dans leur travaux scolaires, très souvent les élèves, en l'absence de mises en garde précises de la part du professeur - ce qui est souvent le cas - leur donnent un nom anglais ou à consonance anglaise, comme les héros fréquentés.
    Chez les grands, pour couronner le tout, l'émission Tout le monde en parle assaisonne de plus en plus ses débuts et fins de pause avec des pièces de langue anglaise même si l'invité n'a aucun rapport. Ça, ce sont des nôtres qui imposent hypocritement cette perversion identitaire.
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    Par analogie, plusieurs dont l'argent est la valeur suprême conditionnent les badauds à accepter et à répéter que les revenus personnels ou primes de départ de 400 000 $, 700 000 $ ou 5 millions sont normaux et essentiels; si non, il n'y aura plus de dirigeants d'entreprises, donc plus de travail. Si le monde survit, pour la consommation de tous, il ne va rester que la télévision et autres médias de plus en plus anglicisants. Sommes toujours piégés.
    Rodrigue Larose

  • Archives de Vigile Répondre

    24 novembre 2009

    You're rignt! Et si cela n'était le fait que des teletoons! Il y a aussi ces "Bonhommes/bonnefemmes" bilinguisant à Radio-Can à tout le moins le samedi ou dimanche matin, j'oublie le moment : Dora et son vis à vis masculin qui "enseignent" généreusement l'anglais à nos petits et, j'en ai fait l'expérience, les "Bonhommes" qui se poursuivent au Réseau anglais alors qu'il n'y en a plus au Réseau français - même stratégie que pour le Hockey ou les autres émissions qui attirent! Subtilité, patience et acharnement... Le Rapport Durham n'a jamais été tabletté!
    Et que dire de ces écoles qui, depuis le début de ces cours d'anglais au primaire, valorisent, pour certaines - je ne suis pas en mesure de dire plusieurs mais quelques-unes seraient déjà trop - outrageusement cette langue seconde et la mettent en évidence de façon surprenante - achat de matériel, spectacles - J'en ai des exemples mais je crois qu'il faudrait en faire un survol. "Les enfants aiment bien cela" paraît-il! Et que dire des parents, qui semblent - pour plusieurs - y voir une voie vers le dépassement de soi! - entendre de "nous", pauvres de "nous". L'école, surtout primaire, n'est-elle pas un lieu qui devrait veiller sur l'estime de soi, la fierté et la conscience plutôt que sur l'asservissement et le reniement de soi?
    Il y a lieu d'être très inquiets! N'en déplaise à Pratte, Dubuc et tous leurs maïtres à penser!
    Nicole Hébert