François Legault offre des excuses aux Premières Nations au nom de l'État québécois

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Le premier ministre du Québec François Legault a offert ses excuses aux Premières Nations et aux Inuits, au nom de l’État québécois. 


«J'offre aux membres des Premières Nations et aux Inuits du Québec les excuses les plus sincères de l'ensemble de l'État québécois. L'État québécois a manqué à son devoir envers vous. Il vous demande aujourd'hui pardon», a dit M. Legault mercredi au Salon bleu de l’Assemblée nationale. 


«J'ai une pensée toute particulière pour les femmes autochtones qui ont vécu les tristes événements de Val-d'Or. Je tiens à saluer leur courage. Ces excuses sont nécessaires», a-t-il ajouté.  





Photo Simon Clark




Ces excuses sont offertes à la suite du rapport lapidaire de la commission Viens, qui a dénoncé la discrimination systémique que subissent les membres des nations autochtones dans les services publics québécois. 


«Les constats qui sont faits par les commissaires sont accablants pour l'État québécois. Le rapport évoque des situations troublantes où des membres des nations autochtones sont victimes de discrimination. Ce constat évoque des sentiments douloureux. Ce qui est en cause, ici, c'est la dignité humaine», a laissé tomber le premier ministre. 


La fin de l’innocence 


Les représentants autochtones qui étaient dans les gradins ont salué ces excuses, mais réclament des actions concrètes et rapides. «C’est facile de s’excuser, mais on a besoin d’engagements clairs, écrits et formels pour passer à l’action», a affirmé Viviane Michel, présidente de Femmes autochtones du Québec. 


Konrad Sioui, grand chef de Wendake, en veut plus également. «On ne sort pas d’ici en se disant: “Enfin, on a des excuses.” Des excuses, on en a entendu depuis tant d’années. Mais ce qu’on veut vraiment, c’est de l’action», a-t-il dit. 





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Selon M. Sioui, le rapport Viens a donné un électrochoc au Québec, qui s’est toujours comparé avantageusement aux autres provinces canadiennes concernant le traitement qu’il réserve aux Premières Nations et aux Inuits. «L’âge de l’innocence vient de se terminer aujourd’hui», a-t-il ajouté. 


«On ne peut plus se cacher. Il y a un échec à l’endroit de nos filles, nos femmes, nos mères, nos communautés, nos nations. On a au moins senti, aujourd’hui, un mouvement pour améliorer nos relations», a-t-il ajouté. 





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Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, déplore toutefois une maladresse du premier ministre. Celui-ci a offert ses excuses uniquement en français. «On avait des représentants qui ne comprenaient pas un mot de ce qui se disait», a-t-il regretté. Il souligne que le rapport Viens demande à l’État québécois d’offrir les services dans les langues que les communautés utilisent: il s’agit parfois de l’anglais. 





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De son côté, le premier ministre reconnaît que les excuses «ne sont pas suffisantes». Il promet d’analyser chacune des recommandations du rapport. «On doit comprendre les raisons qui ont mené à cette situation et, à partir de là, on doit changer les choses. On doit faire plus, on doit faire mieux, on doit le faire avec les membres des Premières Nations et les Inuits.»


Ce qu’ils ont dit: 


«En 2019, au Québec, il est tout à fait inconcevable de constater encore de telles inégalités sociales dans notre collectivité. L'État québécois a la responsabilité d'offrir les mêmes services ainsi que le même environnement à tous les Québécois.»  





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– Pierre Arcand, chef du Parti libéral du Québec 


«Au nom de Québec solidaire, je joins ma voix aux excuses formulées par le premier ministre du Québec et je veux assurer mes frères et sœurs autochtones qu'on va être à leurs côtés. On va être leurs yeux et leurs oreilles jusqu'à ce que les 142 appels à l'action de la commission Viens soient mis en œuvre.»  





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– Manon Massé, chef parlementaire de Québec solidaire 


«À l'unanimité, nous regrettons tout le tort qui a été causé aux peuples autochtones. Tous autant que nous sommes, nous avons pris connaissance du rapport Viens avec appréhension et consternation.»  





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– Pascal Bérubé, chef du Parti québécois 








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