Et la réflexion ?

Comment cette réflexion pourra-t-elle avoir lieu si les députés péquistes choisissent leur camp avant qu'une seule idée n'ait été mise de l'avant?

PQ - état des lieux et refondation

Il est assez curieux de voir des députés du Parti québécois commencer à se ranger derrière Gilles Duceppe ou Pauline Marois avant même que l'un ou l'autre ait énoncé quelque idée que ce soit sur les orientations qu'il compte donner à la formation.
Or, c'est l'un des enseignements du passage d'André Boisclair à la tête du PQ : il vaut mieux choisir un chef sur la base de ses convictions et de ses projets que sur un coup de tête.
En 2005, M. Boisclair a été élu sous de fausses représentations, jurant fidélité à un programme auquel il ne croyait pas. Pendant la campagne électorale, il a fait la promotion d'une stratégie référendaire qu'il savait suicidaire. Sur plusieurs questions, ni les Québécois ni les péquistes n'ont su où logeait exactement André Boisclair.
Élus et militants seraient mieux avisés, cette fois-ci, d'attendre des différents candidats qu'ils exposent clairement leurs orientations fondamentales plutôt que de choisir en se fondant sur l'image et sur des perceptions. Quelle approche prônent les candidats en matière de santé, d'éducation, de fiscalité, d'accommodements raisonnables? Souhaitent-ils que le programme du parti reste de centre-gauche ou se déplace vers la droite? Que pensent-ils de l'engagement de tenir un référendum le plus tôt possible dans un premier mandat? Quelle place devrait occuper la souveraineté lors de la prochaine campagne péquiste?
En 2004, Pauline Marois avait publié un «plan de match» pour l'atteinte de la souveraineté. Elle y écrivait : «L'élection du Parti québécois doit lui donner le mandat de travailler de façon transparente à l'élaboration d'un projet de pays.» Mme Marois proposait que dès ses premiers jours, un gouvernement du PQ forme une «assemblée constituante» chargée de rédiger un projet de constitution pour un Québec indépendant. De plus, le gouvernement créerait un «ministère de l'Accession à la souveraineté». «Tout en assumant ses responsabilités envers la population, le gouvernement du Parti québécois fera à chaque jour, de façon continue, les gestes de souveraineté nécessaires pour construire les assises de notre pays», expliquait Mme Marois.
Les événements des derniers mois ont-ils fait évoluer sa pensée à ce sujet? Croit-elle toujours que l'accession à la souveraineté entraînera cinq ans de «turbulence», propos qui lui avaient été vivement reprochés par ses adversaires au cours de la course à la direction du PQ?
Pour ce qui est de M. Duceppe, comme il s'est officiellement tenu à l'écart des interminables débats qui ont eu lieu au sein du PQ sur ces questions, on ne sait pas vraiment ce qu'il en pense. Comment tant de péquistes peuvent-ils rejeter sa candidature sans même savoir ce qu'il leur propose?
«Il y a une réflexion plus large à faire que sur la chefferie, disait cette semaine Mme Marois avec la sagesse qui la caractérise. Il y a une réflexion à faire sur le parti, sur son enracinement, sur sa capacité d'écoute.»
Comment cette réflexion pourra-t-elle avoir lieu si les députés péquistes choisissent leur camp avant qu'une seule idée n'ait été mise de l'avant? Étrange attitude dans une formation politique qui s'est toujours targuée d'être un parti d'idées...
apratte@lapresse.ca

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André Pratte877 articles

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[une chronique intitulée « Tout est pourri » (critique de Anne-Marie Gingras) ->http://books.google.fr/books?id=EZWguAMXAtsC&pg=PA27-IA27&lpg=PA27-IA27&dq=pratte+Tout+est+pourri&source=bl&ots=MUti9NTQuH&sig=h2zgJlLgOg844j5ejxnUl4zH2_s&hl=fr&sa=X&ei=73RrT8aQEqnh0QHuh4GyBg&ved=0CEEQ6AEwBQ#v=onepage&q=pratte%20Tout%20est%20pourri&f=false]

[Semaine après semaine, ce petit monsieur nous convie à la petitesse->http://www.pierrefalardeau.com/index.php?option=com_content&task=view&id=30&Itemid=2]. Notre statut de minoritaires braillards, il le célèbre, en fait la promotion, le porte comme un étendard avec des trémolos orwelliens : « La dépendance, c’est l’indépendance ». « La soumission, c’est la liberté ». « La provincialisation, c’est la vraie souveraineté ». « La petitesse, c’est la grandeur ». Pour lui, un demi-strapontin à l’Unesco est une immense victoire pour notre peuple. C’est la seule politique étrangère qu’il arrive à imaginer pour le peuple québécois. Mais cet intellectuel colonisé type n’est pas seul. Power Corp. et Radio-Cadenas en engagent à la poche.





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