Du meilleur et du pire

Débat des chefs - Québec 2008



L'impression était très largement partagée hier soir: la nouvelle formule du débat des chefs a trop souvent dégénéré en cacophonie, malgré les habiles efforts du modérateur Stéphan Bureau pour imposer un semblant d'ordre. Il faudra retenir la leçon: nos chefs politiques sont trop indisciplinés, les enjeux sont trop grands pour pouvoir tenir un tel débat sans des règles beaucoup plus strictes. Ce que l'exercice perdra en spontanéité, il le gagnera en intelligibilité.
Cela dit, il y a quand même eu des moments où chaque chef est parvenu à exprimer ses projets et ses convictions de façon claire et passionnée. Des commentateurs ont tout de suite reproché au chef libéral, Jean Charest, d'avoir été trop agressif. En 2007, les mêmes déploraient sa passivité. La réalité, c'est qu'il est pratiquement impossible pour un premier ministre de sortir gagnant d'un tel affrontement.
M. Charest a été convaincant quand il a parlé de ses plans pour faire face à la crise économique et de son projet, à plus long terme, d'ouvrir un nouvel espace économique pour le Québec. Il l'a été beaucoup moins lorsqu'il a répondu aux accusations de ses adversaires au sujet de la Caisse de dépôt. Sur le fond, le premier ministre a raison, mais il n'a pas su exposer clairement pourquoi il serait néfaste que la Caisse dévoile dès aujourd'hui ses résultats.
Au sujet de la santé, le chef libéral a fini par agacer en mettant constamment le blâme sur Mme Marois et l'ancien gouvernement péquiste. Les libéraux doivent tout de même répondre du fait qu'ils ont pris, en 2003, des engagements qu'ils n'ont pas su tenir.
Le chef de l'ADQ a livré une performance très solide. Il a été le plus calme des trois et a passé la plus grande partie du temps à exposer ses propositions les plus originales. On a retrouvé hier soir le Mario Dumont qui, pendant quelques années, avait séduit bon nombre de Québécois. Malheureusement, il n'a pu éviter quelques dérapages démagogiques. Ainsi, il a soutenu que, selon des informations parues à Toronto, «les pensions des Québécois sont menacées», une déformation grossière desdites informations.
La chef du Parti québécois, Pauline Marois, a montré - qui en doutait? - qu'elle pouvait à la fois attaquer et se défendre dans un débat politique particulièrement dur. Elle s'est montrée sincère et passionnée lorsqu'elle parlait d'aider les familles et d'améliorer la situation dans les écoles. Toutefois, a-t-elle convaincu beaucoup d'électeurs? Pourquoi parviendrait-elle à régler les problèmes en santé et en éducation auxquels elle s'est déjà attaquée en vain, il y a quelques années?
Hier soir, elle a confirmé qu'elle pourrait tenir un référendum si Ottawa refuse d'amender la constitution pour donner au Québec tous les pouvoirs et tous les budgets en matière de culture. Combien de Québécois ont envie d'une nouvelle bataille Québec-Ottawa? D'une nouvelle campagne référendaire?
Les trois chefs auront survécu à cette épreuve, M. Charest en sortant - comme c'était prévisible - un peu plus mal en point que ses rivaux. Il n'est pas certain que le débat ait permis aux Québécois de se faire une meilleure idée de la capacité de l'un ou de l'autre de gérer le Québec en temps de crise économique. Ce qui est sûr, c'est que l'image de la classe politique n'est pas sortie améliorée de l'exercice.
apratte@lapresse.ca

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André Pratte878 articles

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[une chronique intitulée « Tout est pourri » (critique de Anne-Marie Gingras) ->http://books.google.fr/books?id=EZWguAMXAtsC&pg=PA27-IA27&lpg=PA27-IA27&dq=pratte+Tout+est+pourri&source=bl&ots=MUti9NTQuH&sig=h2zgJlLgOg844j5ejxnUl4zH2_s&hl=fr&sa=X&ei=73RrT8aQEqnh0QHuh4GyBg&ved=0CEEQ6AEwBQ#v=onepage&q=pratte%20Tout%20est%20pourri&f=false]

[Semaine après semaine, ce petit monsieur nous convie à la petitesse->http://www.pierrefalardeau.com/index.php?option=com_content&task=view&id=30&Itemid=2]. Notre statut de minoritaires braillards, il le célèbre, en fait la promotion, le porte comme un étendard avec des trémolos orwelliens : « La dépendance, c’est l’indépendance ». « La soumission, c’est la liberté ». « La provincialisation, c’est la vraie souveraineté ». « La petitesse, c’est la grandeur ». Pour lui, un demi-strapontin à l’Unesco est une immense victoire pour notre peuple. C’est la seule politique étrangère qu’il arrive à imaginer pour le peuple québécois. Mais cet intellectuel colonisé type n’est pas seul. Power Corp. et Radio-Cadenas en engagent à la poche.





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