Donner un souffle nouveau au projet d’indépendance nationale

Tribune libre - 2007


Ce printemps, j’ai milité pour le parti Québec solidaire. J’y croyais en
ce parti. Mais en même temps que j’apposais des pancartes et participais à
des réunions des militants et des militantes, je me posais des questions.
La réponse des porte-parole au débat sans fin sur les accommodements
raisonnables m’avait profondément déçu. « Pourquoi la direction
n’avait-elle pas opté pour la laïcité, comme en France ou en Turquie? », me
demandais-je. Je me questionnais aussi sur le mode d’accession à la
souveraineté et la place qui était réservée à cette cause au sein du
parti.
La véritable rupture dans mon esprit s’est déroulée lors d’une rencontre
des militants et des candidats de l’Estrie au cours de la campagne.
J’avais alors affirmé qu’on devait faire du Québec un État véritablement
français. Un lourd silence s’en était suivi. Quelques mois après
l’élection, j’en étais venu à la conclusion que c’était fini : j’étais
incompatible avec Québec solidaire.
Il était hors de question pour moi de me tourner vers le Parti québécois,
qui est encore tombé dans l’affirmationisme, ou l’ADQ qui ne veut rien
savoir de la séparation. J’ai donc décidé que j’adhérerais au nouveau
parti indépendantiste, présentement en formation, lorsque celui-ci aura
pris vie. Je me reconnais dans le programme provisoire, seul programme
politique nationaliste et indépendantiste, de cette future organisation.
Le programme, accessible à l’adresse électronique
[www.partiindependantiste.org->www.partiindependantiste.org], nous indique entre autres que ce parti optera
pour la méthode Parizeau-Laplante comme voie pour accéder à l’indépendance
nationale. En matière linguistique, le parti propose entre autres de
renforcer la loi 101 – alors que l’actualité nous montre qu’on tente encore
de la diminuer par des moyens judiciaires –, de ne pas construire d’hôpital
universitaire anglophone à Montréal, d’imposer le cégep de langue française
à tous et à toutes, d’intervenir en ce qui a trait aux accommodements
raisonnables et au contrôle de l’immigration, etc.
En matière économique,
le nouveau parti souhaite le contrôle national de l’économie québécoise.
On parle de souveraineté alimentaire, de contrôle des ressources naturelles
et des investissements, etc. En matière d’éducation, le parti
indépendantiste souhaite le renforcement de l’enseignement du français et
la mise en œuvre d’un cours d’histoire nationale au primaire. De plus, on
souhaite augmenter le financement des réseaux collégial et universitaire
français, ce qui se défend tout à fait considérant que les réseaux
anglophones postsecondaires sont plus grassement financés par Québec.
Ainsi, bien que les anglophones ne représentent que 7,9% de la population,
leurs universités reçoivent 23,2% du financement de l’État québécois
(LACROIX, Frédéric, SABOURIN, Patrick. [Le financement des universités : le
non-dit->www.mef.qc.ca/financement_universites_non_dit_lacroix_sabourin.htm], 13 février 2005).
Bien sûr ce programme n’est pas parfait, mais il est de loin le meilleur
pour tout véritable indépendantiste québécois. Il ne faut pas oublier
qu’il ne s’agit que d’une version préliminaire. J’ose espérer que le vrai
programme sera beaucoup plus détaillé. Ainsi, le parti pourrait opter pour
la création d’une monnaie québécoise, pour l’adoption de la laïcité
républicaine française, pour rendre l’enseignement de l’anglais interdit au
primaire et facultatif au secondaire, pour faire de la connaissance de la
langue française une condition essentiel à l’adoption de la citoyenneté,
etc.
Le nouveau parti indépendantiste n’en est pas encore rendu à ses premiers
pas que déjà une longue marche l’attend. « Vive la liberté! Vive
l’indépendance! » comme a dit un jour feu Chevalier de Lorimier. Et par
conséquent, vive le nouveau parti indépendantiste!
Maxime Schinck

Étudiant en Études politiques appliquées
-- Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) --

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Maxime Schinck24 articles

  • 12 755

« Jeune homme dans la vingtaine, Maxime Schinck est finissant de
l'Université de Sherbrooke en Études politiques appliquées, profil «
Politiques publiques ». Il avait précédemment entrepris des études en
Éducation au secondaire, profil Univers social (1ère année effectuée).

Depuis plusieurs années, il fait paraître plusieurs articles dans divers
quotidiens, telles que Le Devoir et le journal sherbrookois La Tribune.
Ses études, entre autres, ont contribué à sa compréhension des systèmes
politique et partisan et à développer son indépendance d'esprit.

Son principal champ d'intérêt est l'étude des mouvements associés à la
droite de l'échiquier politique en Europe et en Amérique du Nord. De façon
globale, il s'intéresse aux problématiques sociologiques et politiques que
vivent les sociétés occidentales et à la place de ces sociétés, comme bloc
à la fois uni et diversifié, au sein de la communauté mondiale. »





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3 commentaires

  • Maxime Schinck Répondre

    3 septembre 2007

    Monsieur,
    Je me permets de vous citer : « Ce n’est pas avec un vocabulaire limité en français et EN BARAGOUINANT L'ANGLAIS qu’il réussira bien dans la vie au Québec. » Selon vous, il faut parler anglais pour vivre au Québec, État francophone à 80%? Je me permets de vous faire lire deux articles de la Charte de la langue française :
    « 45. Il est interdit à un employeur de congédier, de mettre à pied, de rétrograder ou de déplacer un membre de son personnel pour la seule raison que ce dernier ne parle que le français ou qu'il ne connaît pas suffisamment une langue donnée autre que la langue officielle ou parce qu'il a exigé le respect d'un droit découlant des dispositions du présent chapitre. [...] »
    « 46. Il est interdit à un employeur d'exiger pour l'accès à un emploi ou à un poste la connaissance ou un niveau de connaissance spécifique d'une langue autre que la langue officielle, à moins que l'accomplissement de la tâche ne nécessite une telle connaissance. [...] »
    Quant à Madame Marois et son parti, je voterai pour eux lorsqu'un vote pour le Parti québécois sera à nouveau un vote pour l'indépendance. D'ici là, comme disait Gaston Miron : « Qui ne fait pas l'indépendance la combat! »

  • Archives de Vigile Répondre

    3 septembre 2007

    Le souverainiste devrait commencer par vouloir améliorer le connaissance de la langue française au Québec et celle de l’anglais aussi à moins de vouloir se replier parce qu’il a trop peur de l’anglais.
    Je crois avoir oublié de signer mon commentaire qui commençait comme ci-haut.
    Gilles Bousquet

  • Archives de Vigile Répondre

    3 septembre 2007

    Le souverainiste devrait commencer par vouloir améliorer le connaissance de la langue française au Québec et celle de l'anglais aussi à moins de vouloir se replier parce qu'il a trop peur de l'anglais. Ce n'est pas avec un vocabulaire limité en français et en baragouinant l'anglais qu'il réussira bien dans la vie au Québec.
    M. Schinck est déjà rendu à l'adoption d'un monnaie québécoise après avoir quitté Québec Solidaire et avant que le PI voit le jour. Les souverainistes seraient mieux avisés de joindre Mme. Marois et le PQ qui semblent, selon les récents sondages, avoir le vent dans les voiles à la place de se diviser parce qu'ils pensent accéler la souveraineté du Québec, ce qui me semble contre-productif et de nature à réjouir les fédéralistes.