Des élections provinciales? Pourquoi pas?

Élection Québec - 8 décembre 2008



Jean Charest n'a pas écarté l'hypothèse d'élections provinciales avant les Fêtes. Selon notre collègue Denis Lessard, certains stratèges et élus libéraux sont impatients de repartir en campagne électorale pour profiter de la popularité actuelle du gouvernement. "Il y a un mois, la possibilité d'élections provinciales en 2008 était de 10%; elle est probablement à 40% aujourd'hui", lui a-t-on confié.
Depuis la fin de semaine, des commentateurs se sont élevés contre un tel scénario. En déclenchant des élections moins de deux ans après le dernier scrutin, M. Charest ferait preuve d'opportunisme.
Bien sûr que ce serait de l'opportunisme! L'opportunisme est la plus grande qualité des politiciens efficaces. Le Petit Robert le définit ainsi: "Politique qui consiste à tirer parti des circonstances, à les utiliser au mieux, en transigeant, au besoin, avec les principes." Si la deuxième partie de la définition indique un comportement condamnable, ce n'est pas le cas de la première. Le politicien qui n'utilise pas les circonstances au mieux n'aura pas une longue carrière. "Il ne suffit pas d'être un grand homme, il faut l'être au bon moment", a dit Georges Pompidou.
Dans le cas présent, on voit mal avec quel principe transigerait le premier ministre en déclenchant des élections. Il veut battre le fer pendant qu'il a des chances de remporter une majorité? Évidemment. De la même façon que le jour où les partis de l'opposition sentiraient la victoire à leur portée, ils ne se gêneraient pas pour battre le gouvernement à l'Assemblée nationale. Péquistes et adéquistes sont d'ailleurs passés à un cheveu de le faire quelques mois après les élections de 2007, alors qu'ils menaçaient de battre le budget présenté par la ministre des Finances.
On entend dire aussi qu'après une campagne fédérale, les électeurs québécois seront fatigués. Fatigués de quoi? La plupart des gens auront l'honnêteté d'admettre qu'ils ne s'éreintent pas pendant une campagne électorale. Prennent-ils la peine de lire les programmes des partis? Assistent-ils à des assemblées dans leur circonscription?
Certes, la population en a marre d'entendre les politiciens. Mais campagne électorale ou pas, elle les entendra. Et puis, si les élections leur répugnaient à ce point, les gens éliraient des gouvernements majoritaires. Or, ces années-ci au Canada, la mode est plutôt aux gouvernements minoritaires. La multiplication des appels aux urnes est la conséquence inévitable de ce choix.
Si Jean Charest décide de la tenue d'élections avant les Fêtes, l'électorat québécois aura le loisir de lui faire part de son mécontentement en votant pour un autre parti. Cependant, l'enjeu principal devrait être le même qu'à chaque scrutin: quel parti est le plus apte à gouverner le Québec au cours des prochaines années.

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André Pratte878 articles

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[une chronique intitulée « Tout est pourri » (critique de Anne-Marie Gingras) ->http://books.google.fr/books?id=EZWguAMXAtsC&pg=PA27-IA27&lpg=PA27-IA27&dq=pratte+Tout+est+pourri&source=bl&ots=MUti9NTQuH&sig=h2zgJlLgOg844j5ejxnUl4zH2_s&hl=fr&sa=X&ei=73RrT8aQEqnh0QHuh4GyBg&ved=0CEEQ6AEwBQ#v=onepage&q=pratte%20Tout%20est%20pourri&f=false]

[Semaine après semaine, ce petit monsieur nous convie à la petitesse->http://www.pierrefalardeau.com/index.php?option=com_content&task=view&id=30&Itemid=2]. Notre statut de minoritaires braillards, il le célèbre, en fait la promotion, le porte comme un étendard avec des trémolos orwelliens : « La dépendance, c’est l’indépendance ». « La soumission, c’est la liberté ». « La provincialisation, c’est la vraie souveraineté ». « La petitesse, c’est la grandeur ». Pour lui, un demi-strapontin à l’Unesco est une immense victoire pour notre peuple. C’est la seule politique étrangère qu’il arrive à imaginer pour le peuple québécois. Mais cet intellectuel colonisé type n’est pas seul. Power Corp. et Radio-Cadenas en engagent à la poche.





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