Départs et arrivées

Pauline Marois quitte le PQ



On ne pourra pas reprocher à André Boisclair de manquer de transparence. Commentant le retrait de la vie politique de sa collègue Pauline Marois, le chef du Parti québécois a indiqué lundi qu'il y aurait bientôt d'autres départs au sein de sa députation. Le moment était peut-être mal choisi pour faire une telle prédiction, mais la réalité est bien celle-là. Le départ de Mme Marois et celui, annoncé, de Nicole Léger seront bientôt suivis de quelques autres. Parmi les députés qui pourraient aussi partir, il y a Louise Harel et Jean-Pierre Charbonneau.
Ces départs seront tous la conséquence du congrès au leadership tenu l'automne dernier. Certains seront volontaires. Quelques députés, comme Mme Marois, n'ont plus le cœur à la politique. D'autres partiront à l'invitation d'André Boisclair pour faire place à de nouveaux venus. Le tout permettra au chef péquiste d'amorcer le renouvellement de son aile parlementaire en prévision du prochain rendez-vous électoral.
Ce congrès a marqué un tournant. Le membership du parti s'est largement renouvelé et rajeuni, à l'image du nouveau chef que le PQ s'est donné. Après s'être attaqué à revoir la composition des équipes d'organisation au cours des derniers mois, celui-ci en est rendu à planifier la sélection des candidats qui constitueront pour les électeurs l'image nouvelle du Parti québécois.
Les départs précipités de députés comme ceux de Mmes Marois et Léger forceront M. Boisclair à accélérer ce travail car il fera inévitablement face à une série d'élections partielles l'automne prochain. Ayant lieu dans des circonscriptions historiquement acquises au Parti québécois, celles-ci pourront être assez facilement remportées. Ce qu'il faudra toutefois observer avec attention sera le choix des candidats qu'il fera. Voudra-t-il s'entourer de candidats qui lui ressemblent pour se constituer une garde rapprochée comme il l'a fait en revoyant les structures internes du parti ? Ce serait manifestement une erreur car ce dont le parti a d'abord besoin, ce sont des gens qui, une fois élus, apporteront de la profondeur à l'action du parti à l'Assemblée nationale.
Contrairement à ce que certains peuvent penser, le Parti québécois n'est pas ce parti de têtes grises que l'on prétend. Au contraire, l'aile parlementaire compte plusieurs jeunes députés depuis les dernières élections. Tout prometteurs soient-ils, il leur manque cependant l'expérience qui leur permettrait d'occuper les banquettes avant de l'opposition, qui se dégarnissent dangereusement. Ce ne sont pas d'autres Nicolas Girard ou Elsie Lefebvre qu'il doit recruter mais plutôt des François Legault et des Camil Bouchard. La jeunesse du nouveau chef ne saurait être un atout électoral s'il ne s'entoure pas de gens dont la maturité inspirera confiance aux électeurs. Plus que les départs, ce sont les arrivées qui seront à surveiller au cours des prochains mois dans ce parti.


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