De Lise à Camilla

Tribune libre - 2007

La somptuosité dépensière débridée ayant manifestement marqué le règne de l’ex-Lieutenant-gouverneur Lise Thibault fait à nouveau rejaillir dans l’actualité les remises en question très légitimes de beaucoup de Québécois au sujet de la pertinence des institutions monarchiques canadiennes. Personne au sein de la minorité québécoise du Canada ne saurait pourtant avoir le moindre doute quant à la victoire indubitable du statu quo, en cette matière aussi. Sur ce front, les adéquistes se font d’ailleurs si discrets qu’on sent chez eux la prudence de ceux qui savent trop bien que, tôt ou tard, le frêle esquif néo-autonomiste fera naufrage sur les tout premiers récifs de la real politik fédérale-provinciale.
Profitons-en tout de même pour souligner le fait que l’accession du Québec à la souveraineté nous vaudrait l’économie de tous ces stériles débats, et d’autres des plus insoupçonnés. En effet, notre ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes, Benoît Pelletier, s’est récemment révélé un expert en mariages royaux morganatiques. Tandis que les juridictions du Québec étaient – et sont toujours – allègrement piétinées, il avait trouvé le temps de faire valoir sa science en publiant, dans le numéro d’avril 2005 de la « Revue de droit » de l’Université McGill, un papier sur l’union du prince Charles avec la roturière Camilla Parker-Boyles, et ses effets sur la succession au trône. Advenant le trépas de l’actuelle reine du Canada, il serait sûrement intéressant de prendre connaissance de la contribution de l’éminent constitutionnaliste lors du débat sur le remplacement du gracieux faciès d’Élizabeth II sur la monnaie canadienne.
Loin de nous l’intention de gâcher le plaisir de Me Pelletier. Osons néanmoins espérer que l’absence de toute échéance référendaire dans le futur programme du Parti Québécois de Pauline Marois ne nous privera pas d’un « Grand Soir » antérieur au règne de leurs Majestés Charles III et Camilla 1ière.

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Christian Gagnon138 articles

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CHRISTIAN GAGNON, ing.
_ L’auteur a été président régional du Parti Québécois de Montréal-Centre d’octobre 2002 à décembre 2005





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