HÔPITAUX UNIVERSITAIRES

Couillard promet des PPP «à la québécoise»

2006 textes seuls


Le ministre de la Santé, Philippe Couillard, a dû convaincre le reste du gouvernement pour que les partenariats public-privé (PPP), la formule choisie pour les deux hôpitaux universitaires, se limitent à la construction des édifices.
«Ce sera le plus grand projet d'infrastructure en santé entrepris au Canada», a affirmé hier M. Couillard à l'Assemblée nationale.
L'équipement sophistiqué des deux établissements et la gestion des édifices resteront toutefois du ressort des conseils d'administration des deux institutions, a appris La Presse.
Dès le printemps 2004, lors d'entrevues, le premier ministre Charest s'était dit ouvert aux PPP pour ces projets, non seulement pour la construction des bâtiments, mais aussi «pour la gestion». Par la suite, le ministre Couillard avait précisé qu'il ne pouvait s'agir de la gestion des services cliniques, une orientation qui aurait contrevenu à la Loi canadienne sur la santé.
M. Couillard et la présidente du Conseil du Trésor, Monique Jérôme-Forget, ainsi que le mandataire du gouvernement, Clermont Gignac, confirmeront aujourd'hui l'intention de Québec de proposer en PPP la construction du CHUM et du CSUM, deux projets qui sont passés en un an de 2,2 à 3,1 milliards. Le projet du CHUM compte 20 % de «rénovations», qui seront faites en mode conventionnel.
Des sources fiables ont indiqué à La Presse que Québec s'orientait, jusqu'au début de mars, vers une formule passablement large de PPP. Dans l'entourage de M. Charest et de Mme Jérôme-Forget, on poussait pour que le partenariat public-privé dépasse la construction de la «coquille» des immobilisations. On souhaitait que ces PPP soient le plus larges possible, ce qui aurait inclus les équipements.
«Il y a eu des discussions», s'est contenté hier de répondre M. Couillard à La Presse. Relancée hier, Mme Jérôme-Forget a soutenu qu'elle avait toujours parlé de «l'infrastructure et du maintien du patrimoine», mais pas de la gestion des édifices.
Quant aux échéanciers, les deux élus ont suggéré d'attendre leur annonce de ce matin. En coulisses, on prédit que les élus resteront passablement vagues, parlant de 2010 ou 2011, grosso modo l'horizon envisagé lors de l'annonce de l'an dernier. Pour stimuler les deux organisations, on confirmera que des travaux pourront débuter plus rapidement avec l'achat de l'édifice Vidéotron par le CHUM et le début de la construction, en mode conventionnel, du Children's Hospital.
Hier, M. Couillard a souligné que le gouvernement avait opté pour une formule de PPP «à saveur québécoise», et qu'il n'était pas question d'inclure les équipements dans le contrat envisagé avec le secteur public. Ailleurs dans le monde, bien des hôpitaux construits en PPP incluent les équipements, les appareils médicaux et leur entretien.
Selon M. Couillard, jamais le gouvernement n'aura été plus transparent qu'aujourd'hui au lancement d'un projet. Une foule de «contingences», toujours liées à ces chantiers, étaient tout simplement balayées sous le tapis pour rendre le tout plus acceptable politiquement; ce ne sera pas le cas cette fois, promet le ministre.
Ce matin, «il va y avoir une démonstration de la façon nouvelle dont les grands projets vont maintenant être gérés au Québec... Une façon correcte et prudente de décrire les modes de réalisation», a soutenu le ministre.
Encore des estimations
Dans les coulisses, dans le réseau de la Santé, on explique que le projet coûtera 885 millions pour la «construction» en tant que telle. Il faut ajouter 250 millions d'immobilisations et d'équipements et 95 millions pour l'informatique.
Il s'agit toutefois, insiste-t-on, de nouvelles estimations. Plus précises que celles rendues publiques l'an dernier, elles devront être suivies d'un «plan d'affaires» que l'Agence des partenariats public-privé établira dans les six prochains mois. Par la suite, l'Agence- dont le conseil d'administration comprend des représentants des grands consortiums de construction- lancera un appel d'intérêts, une étape préalable à l'appel de soumission, pour sonder les groupes intéressés à construire ces hôpitaux.


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