Charest doit-il, ou peut-il, rester?

2006 textes seuls


9 avril 2006

Ce serait le comble, pour Jean Charest, d'être chassé du pouvoir par ses alliés fédéralistes plutôt que par les souverainistes. C'est pourtant ce qui le menace dans les prochains mois. Tant à Ottawa que dans les milieux d'affaires, on se montre en effet de plus en plus impatient - comme au printemps de 1998 les mêmes gens l'étaient à l'égard de Daniel Johnson.

Et comme à cette époque-là, certains pensent avoir déjà trouvé un autre ‘Messie'. Il ne s'appelle pas Philippe Couillard, mais plutôt Martin Cauchon !

À Ottawa d'abord, on ne rit plus. La dernière chose que souhaite le nouveau premier ministre, Stephen Harper, c'est que son «fédéralisme d'ouverture» conduise à l'élection d'un gouvernement du Parti québécois. Quelle gifle pour lui, et pour les fédéralistes, alors que les ouvertures du gouvernement conservateur à l'égard du Québec passent de plus en plus mal dans le reste du pays et font l'objet de critiques ouvertes de la part des libéraux fédéraux.

Dans les milieux d'affaires, on se félicitait de la longue période de stabilité politique que garantissait la présence des conservateurs à Ottawa et d'un gouvernement fédéraliste à Québec. Tout cela est maintenant compromis.

Que reproche-t-on à Jean Charest au juste ?

De se faire trop d'ennemis : d'anciens ministres comme Pierre Paradis, Thomas Mulcair, Marc Bellemare, et un leader de la communauté anglophone comme Russel Copeman : cela commence à faire beaucoup d'ennemis. Et des ennemis d'autant plus dangereux que ces quatre personnes sont aussi d'ardents fédéralistes...

On reproche aussi au premier ministre libéral de se retrancher dans ses gaffes et ses erreurs, le plus souvent sans les admettre. Dans certains cabinets de ministres à Ottawa, on trouve de plus en plus difficile de travailler avec le cabinet de Jean Charest souvent imprévisible, rarement prêt au compromis, et à l'humeur changeante.

Alors la question se pose : Jean Charest doit-il rester en poste à Québec ? Le peut-il seulement ?

La réponse deviendra d'autant plus évidente qu'un successeur sera prêt à prendre sa place. Les convictions fédéralistes de Martin Cauchon sont bien connues. Ministre du développement économique à Ottawa, il s'est fait remarquer dans toutes les régions du Québec. Et il a beaucoup de protecteurs dans le monde des affaires, chez les Desmarais en particulier pour qui il a travaillé quand il était étudiant.

Cauchon m'a dit un jour : « J'ai deux possibilités de devenir premier ministre, l'une à Ottawa, l'autre à Québec... » Il a renoncé à se lancer dans la course à la succession de Paul Martin. Alors...


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