Cesser de tourner en rond

Souveraineté et générations


Tant qu’on ne s’entendra pas sur le sens, la signification, la portée et la dynamique des termes employés, on ne pourra pas régler les affaires de l’État. C’est Confucius qui le dit.

Ce manque de rigueur est flagrant dans les discussions qui entourent les statuts reconnus et à reconnaître du Québec et d’Ottawa, car c’est ce dont il s’agit . Le Canada est un continent et il faut le voir
comme tel.

Certains termes employés n’ont aucun sens. Par exemple “séparatisme”, mot qui n’a aucune signification géopolitique, politique ou statutaire. Le terme séparatisme appartient à l’univers des morons, des
demi-instruits et de tous ceux et toutes celles qui ne veulent faire aucun effort pour savoir où nous voulons en venir finalement.

Autre terme: “rester dans le sein du Canada(sic)”. Une question statutaire n’a rien à voir avec l’obstétrique.

Autre terme: indépendance, associé au statut du Québec. L’indépendance est l’aptitude et la capacité de choisir ses dépendances et la source de leur satisfaction. On peut être “souverain”, ce qui veut dire en
possession de son propre État, mais ne pas être indépendant, ce qui n’est pas la même chose.

Dans les conditions actuelles, la question statutaire qui doit préoccuper tous les Québécois sans égard à aucune idéologie est: l’État du Québec reconnu de droit (de jure) comme de fait (de facto).

Tant et aussi longtemps qu’on n’en conviendra pas, nous allons continuer de tourner en rond.

Le “projet de pays” n’est pas statutaire parce que n’importe qui peut dire n’importe quoi à ce sujet. On le voit dans le palabre inutile, futile et dangereux qui entoure Madame Marois.

Mettre un projet de pays sur la table n’est pas statutaire non plus si on en ignore le contenu et le contenu ne peut signifier qu’une seule chose: Que le Québec quitte son non-statut de province d’empire inféodé
à un pouvoir centralisateur, arbitraire et unitaire et qu’il soit reconnu comme État. Le reste est du parler pour parler et non pour arriver quelque part.

Quant aux arguments employés pour justifier une reconnaissance de droit comme de fait du statut d’État au Québec, ils sont de deux sortes: les arguments statutaires, fondés sur notre investissement de
400 ans pour mettre en valeur un territoire qui est devenu notre foyer national (national homeland) déjà reconnu comme tel et dans lequel nous avons construit les assises de notre propre État.

Deuxième catégorie d’arguments: les arguments principes (il y en a 13 qui ont fait leurs preuves devant les instances internationales.

L’essentiel: le statut reconnu d’État qui fait suite au statut territorial de nation, lequel est déjà reconnu et que les Québécois ignorent pour demander ils ne savent pas quoi.

Voilà ce qu’il faut faire pour défendre notre cause.

Voir à ce sujet mon dernier livre: Défense territoriale pour la nation et l’État du Québec, aux Éditions du Québécois. Tout l’argumentaire nécessaire y est contenu.


JRMS


Featured 751d93ca198caacf4590a022022f5bc8

René Marcel Sauvé217 articles

  • 250 449

J. René Marcel Sauvé, géographe spécialisé en géopolitique et en polémologie, a fait ses études de base à l’institut de géographie de l’Université de Montréal. En même temps, il entreprit dans l’armée canadienne une carrière de 28 ans qui le conduisit en Europe, en Afrique occidentale et au Moyen-Orient. Poursuivant études et carrière, il s’inscrivit au département d’histoire de l’Université de Londres et fit des études au Collège Métropolitain de Saint-Albans. Il fréquenta aussi l’Université de Vienne et le Geschwitzer Scholl Institut Für Politische Wissenschaft à Munich. Il est l'auteur de [{Géopolitique et avenir du Québec et Québec, carrefour des empires}->http://www.quebeclibre.net/spip.php?article248].





Laissez un commentaire



2 commentaires

  • Daniel Roy C.A. Répondre

    12 janvier 2012

    Monsieur Sauvé,
    Je vous félicite et vous remercie pour votre livre. Le texte coule comme l'histoire. Je suis rendu au deux tiers du livre. Vous avez très bien illustré que la bataille des plaines d'Abraham ne fût pas une défaite pour quiconque. "C'est dans ce contexte qu'il faut comprendre que, cinq jours plus tard (après la bataille), les Anglais ont négocié avec Monsieur de Ramsay leur entrée dans la ville de Québec, moyennant paiements en bonne monnaie d'or." Plus tard, vous indiquez bien que le territoire a passé aux mains des Anglais suite à une décision prise ailleurs en 1763 lors du Traité de Paris. Je ferais un parallèle avec le moment où le Labrador nous fut enlevé et la Constitution nous fut imposée en 1982. Vous décrivez comment le Québec est un État défendable. Vous nous rappelez qu'"Aucun parti "fédéraliste" (sic) ne s'occupera de poursuivre en faveur du Québec les résultats de 400 ans de travaux continus. Ces partis oeuvrent pour l'inféodation définitive du Québec à un pouvoir centralisateur et unitaire à Ottawa." (...)Vous nous dites qu'il ne faut pas se plaindre du passé. Ce qu'on nous a fait peut constituer un "motif" pour l'indépendance, mais pas nécessairement une justification aux yeux du monde pour se faire reconnaître comme nation. Vous dites ce que nous devons faire: démontrer "que nous sommes un peuple, une nation et un État" de par nos investissements, démontrer aussi "que, indépendants, nous pourrons mieux concentrer nos efforts et atteindre nos objectifs avec une économie de moyens ..." Je continue la lecture.

  • Archives de Vigile Répondre

    12 janvier 2012

    Préparer avec l'aide des partenaires souverainistes un projet de loi transitoire sur la nation québécoise contenant des clauses de consolidation de l'État actuel, des droits concrets et emballants pour les citoyens et des clauses de rupture entrant en vigueur après un référendum gagnant, le tout suivi d'une constituante pour écrire une constitution du Québec souverain et indépendant, est-ce que c'est assez "statutaire" à votre goût?
    C'est pourtant ce que je propose depuis fort longtemps ici même sur Vigile.
    La journée où Pauline Marois que vous décrivez comme une cheffe d'État aura le courage élémentaire de mettre ce projet de loi sur la table et de le présenter à l'électorat, je voterai pour elle. Pas avant. Mais elle ne fera pas.
    Un simple petit projet de loi de nature statutaire (constitutionnelle)et transitoire devant nous conduire à une constituante pour rédiger une constitution permanente d'un Québec souverain et indépendant, me semble que c'est pas compliqué à comprendre et cela ne prend pas un doctorat en science politique pour le comprendre.
    Allez donc expliquer cela à Pauline. Peut-être venant de vous, elle va finir par comprendre quelque chose de statutaire.
    Mais je comprends que de ce temps-ci, elle a d'autres chats à fouetter, comme par exemple, essayer de se maintenir en poste au Parti Québécois, ce qui n'est pas facile, car l'étau se resserre de plus en plus sur elle.
    On aura beau avoir tout le langage statutaire qu'on veut, si on a une picouille pour faire la course électorale, on n'ira pas loin....
    Pierre Cloutier